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Toulouse Le Mirail : un premier comité d'action réussi contre « Bienvenue en France »

Sat, 19 Sep 2026 15:01:09 CEST

Révolution Permanente

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Jeudi 17 septembre, plus d'une centaine d'étudiants se sont réunis à l'université Toulouse 2 Jean Jaurès dans le cadre du comité d'action pour lutter contre le décret « Bienvenue en France » qui prévoit l'augmentation des frais d'inscription des étudiants extra-communautaires à 2 900 € pour une année de licence et 3 800 € pour celle de master.

Ce jeudi 17 septembre à 18h30, les étudiants du Mirail se sont réunis en comité d'action à l'Université du Mirail à l'appel des organisations étudiantes pour s'organiser contre le décret cyniquement nommé « Bienvenue en France ». Ce décret, imposé par le gouvernement, prévoit l'augmentation des frais d'inscription pour les étudiants hors Union européenne à 2 900 € pour une année de licence et 3 800 € pour celle de master.

Cette première réunion a été une réussite : plus de 100 étudiants présents, de nombreuses discussions et une réelle volonté de construire la mobilisation. Mais un constat s'est rapidement imposé : ce n'est qu'un début. Pour lutter contre cette mesure raciste de préférence nationale, les étudiants ont rapidement soulevé la problématique de la massification de la mobilisation : comment faire en sorte que la mobilisation touche concrètement l'ensemble des étudiants et permette au plus grand nombre de s'en saisir ?

Une revendication s'est largement dégagée : l'opposition aux frais d'inscription différenciés dès cette année et pour l'avenir à Toulouse 2 Jean Jaurès. Si les frais d'inscription ne sont pas appliqués cette année sur l'université du Mirail, la présidence est bien décidée à les mettre en place à compter de l'année prochaine. Il est donc nécessaire de construire dès maintenant le rapport de force pour empêcher leur mise en place l'année prochaine. Les étudiants ont pointé l'importance de se battre également en soutien aux étudiants des autres campus toulousains pour exiger leur exonération. Car, si le Mirail n'applique pas (encore) les frais différenciés, le décret « Bienvenue en France » est appliqué par la présidence de l'université Toulouse Capitole depuis sa mise en place en 2019, et à l'université Paul Sabatier depuis le 1er septembre de cette année.

Les discussions ont également porté sur l'individualisme et sur les moyens de convaincre de l'importance de l'action collective. Une tension importante est apparue : comment partir des préoccupations individuelles et concrètes des étudiants pour construire une mobilisation collective ? L'occasion pour plusieurs intervenants de rappeler que l'offensive gouvernementale contre les étudiants étrangers n'est qu'une première offensive contre la quasi-gratuité de l'enseignement supérieur. Car en réalité l'Etat cherche d'abord à normaliser des frais d'inscription délirants en se centrant sur les étudiants étrangers, mais son objectif est bel et bien à plus long terme leur généralisation à l'ensemble des étudiants. C'est tout l'objet d'un rapport du Sénat publié récemment et qui recommande de faire grimper les frais de licence à 900€ et les frais de master à 1200.

Face à cette situation, les échanges ont fait émerger une grande diversité d'idées d'action : réalisation de pancartes, diffusion d'un discours permettant de convaincre et de mobiliser, interventions auprès des étudiants faisant la queue au RU, mais aussi réflexion sur la manière de toucher celles et ceux qui ne peuvent pas être présents quotidiennement à la fac.

Enfin, le comité a appelé publiquement à la manifestation du dimanche 20 septembre contre le permis de tuer pour la police. Dans le contexte du Mirail, quartier émaillé ces dernières années par plusieurs morts des suites d'interventions policières, la mobilisation large des étudiants de l'université est particulièrement importante.

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Ce comité d'action marque donc un bon début pour la campagne contre « Bienvenue en France ». Mais, pour gagner, il faudra désormais transformer cette première réussite en une mobilisation toujours plus large. Il est donc nécessaire que toutes les organisations étudiantes, politiques et syndicales, rejoignent les comités d'action et fronts unitaires pour faire reculer le gouvernement et exiger l'abrogation totale de « Bienvenue en France » et de toutes les mesures de sélection sociale et raciste à l'université. Il est également nécessaire de s'organiser lors des journées de mobilisation nationales du 20 septembre, contre le permis de tuer, et du 29 septembre, de la fonction publique, et d'en faire des porte voix pour exiger l'exonération de l'ensemble des étudiants étrangers.

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