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Revalorisation des retraites en 2027 : Lecornu veut attaquer les pensions dès 1260€

Sat, 19 Sep 2026 18:49:18 CEST

Révolution Permanente

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Le gouvernement vient de proposer de désindexer complètement les pensions au dessus de 2034 euros mensuels, et de sous-indexer par rapport à l'inflation celles entre 2034 et 1260 euros. La ligne est claire : Lecornu veut saigner les retraités pour financer l'austérité.

Désindexation de toutes les pensions de retraite au dessus de 2034 euros, sous-indexation de celles entre ce seuil et 1260 euros... Le gouvernement a fini par dévoiler ce qu'il entend exactement par « mettre à contribution les retraites les plus aisés seulement » et sans surprise, cela concerne en réalité l'immense majorité des travailleurs à la retraite. D'après les informations révélées par Le Monde, « aisés » pour Lecornu signifie recevoir une pension en-dessous du seuil de pauvreté [1]. En couplant cette mesure à la baisse de l'abattement fiscal pour les retraités - qui devrait a elle seule rapporter 1,4 milliards d'euros, Lecornu et sa clique comptent bien faire les poches des travailleurs à la retraite, et faire peser sur les plus fragiles le coût de la crise.

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement tâte le terrain sur la question de la désindexation des retraites dans le cadre du budget 2027. Alors que Lecornu a annoncé vouloir mettre à contribution les retraités les plus aisés, la question de la désindexation des pensions reste particulièrement sensible politiquement. En effet, c'est cette mesure phare qui avait provoqué la chute du gouvernement Barnier il y a deux ans, avant de faire vaciller Bayrou et Lecornu, qui n'ont pas pu l'imposer davantage. Dans l'avant-projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) transmis par le gouvernement au Conseil d'État, la revalorisation des pensions serait différenciée selon leur montant : gel de la pension de base au-dessus de 2 034 euros et sous-indexation entre 1 260 et 2 034 euros, avec un coefficient inférieur à l'inflation « fixé par décret » et donc par le gouvernement après le passage de la loi. Cette mesure doit permettre d'atteindre l'objectif de 6 milliards d'euros d'économies sur les retraités. En mesure complémentaire pour atteindre ce seuil, Lecornu et le ministre des Comptes publics, David Amiel, proposent d'abaisser le plafond de l'abattement fiscal pour les retraités payant l'impôt sur le revenu de 4 439 euros à 3 000 euros.

L'ensemble de ces propositions visent clairement à faire payer l'austérité et le réarmement aux plus fragiles et à notre camp social, alors que l'inflation, cristallisée par des prix à la pompe records, repart de plus belle et met en danger les conditions de vie de millions de personnes. Contre la cure d'austérité que prépare le gouvernement, il faut construire une riposte d'ensemble de notre camp. En commençant par s'appuyer sur la journée de grève dans la fonction publique du 29 septembre et sur l'appel à se mobiliser le 17 octobre prochain contre la hausse vertigineuse du prix de l'essence, il faut construire un véritable rapport de force face au gouvernement, seule manière de faire reculer ses attaques qui risquent de jeter des millions de personnes dans la précarité et la pauvreté.


[1] 1 288 euros pour une personne seule, selon l'Insee.

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