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Attaque anti-démocratique : le gouvernement veut modifier les règles du vote et pénaliser les petits candidats

Fri, 18 Sep 2026 20:10:10 CEST

Révolution Permanente

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Professions de foi plus courtes, délai plus long pour faire une procuration, absence de bulletins dans les enveloppes... À huit mois des présidentielles, le gouvernement veut changer les règles du scrutin, le rendant encore moins démocratique, au prétexte de faire des économies.

Ce vendredi, les organisations politiques qui se présentent aux présidentielles étaient convoquées par le ministère de l'Intérieur où elles ont été informées de la volonté du ministre de procéder à des changements dans les modalités d'organisation du scrutin présidentielle. Des propositions anti-démocratiques, soumises aux différentes organisations, qui profiteraient le plus aux listes des partis les plus institutionnalisés si elles venaient à entrer en vigueur.

La principale proposition concerne l'enveloppe électorale envoyée à tous les électeurs une semaine avant le vote. En invoquant des prétextes économiques et environnementaux, le gouvernement veut raboter ce courrier, en supprimant d'abord les bulletins de vote présents dans ces enveloppes. Pourtant, un nombre important d'électeurs se déplace au bureau de vote avec son bulletin. En effet, à chaque scrutin, de nombreux bureaux ne mettent pas à disposition le bulletin de certains candidats. La présence du bulletin dans l'enveloppe permet ainsi aux électeurs de s'assurer en amont de pouvoir voter pour le candidat qu'ils ont choisi. Pour une économie annoncée de 14 millions d'euros, certaines personnes seront empêchées de voter pour leur candidat.

Plus grave encore : le gouvernement veut réduire la taille des professions de foi. À la précédente élection, ces professions de foi faisaient la taille d'une page A3 recto verso, soit quatre pages A4. Un format qui permettait aux candidats de présenter – dans un espace relatif – les principaux éléments de leur programme. Pour l'élection qui vient, le gouvernement veut les réduire de moitié, à une simple feuille A4 recto verso.

Derrière l'argument économique et financier, une telle réforme profiterait avant tout aux grands candidats : depuis 2016, l'égalité du temps de parole n'est de mise que pour les deux dernières semaines de campagne et non plus dès la déclaration des candidats. Pendant que les grands candidats vont de plateau en plateau, les petits candidats comptent notamment sur cet espace d'expression pour envoyer à tous les électeurs leur programme. Face à cela, le cabinet du ministre a avancé, sans aucun chiffre à l'appui, que de plus en plus d'électeurs consultent les professions de foi en ligne pour justifier sa proposition.

Le ministère a également avancé une autre proposition tout aussi anti-démocratique : reculer la date limite pour faire sa procuration du samedi minuit la veille du scrutin au jeudi minuit, deux jours avant le scrutin. Considérant que l'ancienne date limite posait des difficultés aux administrations pour traiter les procurations, le ministère veut empêcher les personnes qui ne peuvent se déplacer que le samedi de faire cette démarche. Cette mesure pénaliserait notamment la jeunesse, la frange de la population qui a le plus recourru au vote par procuration lors des élections de 2022. Comme le note l'INSEE, « 10 % des électeurs âgés de 18 à 29 ans ont donné mandat à un autre électeur pour voter à leur place, alors que cette proportion varie de 5 % à 7 % entre 40 et 80 ans. » Quant à l'argumentaire du gouvernement, il est totalement hypocrite alors que les budgets d'austérité des gouvernements successifs ont frappé de plein fouet les collectivités locales, rendant de moins en moins possible l'ouverture des mairies tous les jours de la semaine. Si la possibilité de faire une procuration en ligne existe déjà, la fracture numérique persistante complique par ailleurs la démarche pour les personnes les plus âgées.

Avec ces trois propositions, le gouvernement veut faire d'une pierre deux coups : en récupérant quelques millions d'euros, d'un côté, pour satisfaire son agenda austéritaire, le ministère de l'Intérieur aspire à s'attaquer aux moyens d'expression à disposition des plus petits candidats et à mettre en place des mesures qui limiteraient la possibilité pour les électeurs de voter pour le candidat de leur choix et tout particulièrement la jeunesse. Ces propositions viennent renforcer le caractère profondément anti-démocratique de l'élection présidentielle sous la Ve République. De la barrière des parrainages aux possibilités de s'exprimer dans les médias, le régime est prêt à tout pour barrer la route à toute candidature qui remette sérieusement en question ses intérêts et ceux de ses parrains, le grand patronat.

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