66 % favorables au retour des Gilets jaunes : la colère monte face à la hausse des prix du carburant
Thu, 17 Sep 2026 20:28:24 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalSelon un sondage Elabe, publié ce 16 septembre, 66% de la population serait favorable à un retour des Gilets jaunes. Entre augmentation du prix du carburant et explosion du coût de la vie, la colère sociale s'exprime de façon de plus en plus marquée, et pourrait se cristalliser dans une mobilisation large.

66% de la population serait favorable à un retour des Gilets jaunes, d'après un sondage Elabe pour BFM-TV, publié le 16 septembre 2026. À un mois du 17 octobre, date pour laquelle les appels à la mobilisation fleurissent sur les réseaux sociaux, ce chiffre illustre la colère croissante de la population face à la hausse des prix de l'énergie, et le soutien grandissant autour de cette perspective de mobilisation.
Une grande partie de la population subit la hausse du carburant de plein fouet, comme en témoigne le sondage : 42 % des répondants a déjà renoncé ces derniers mois à partir en vacances ; 40 % s'est interdit d'acheter certains produits alimentaires, soit 10 % de plus qu'en janvier 2026 ; 26 % est contrainte de ne pas chauffer convenablement son logement ; 26 % encore limite l'utilisation de sa voiture, contre 15 % en janvier 2026… Si 20 % des personnes interrogées disent n'avoir renoncé à rien ces derniers mois, ce chiffre lui-même a baissé de 7 % depuis janvier 2026. Une illustration que la crise économique s'étend progressivement à l'ensemble de la population.
La hausse des prix du carburant est au cœur des préoccupations des personnes interrogées. 85 % d'entre elles estiment qu'elle a un impact direct sur leur budget, dont 46 % qui parlent d'un impact particulièrement important. Pour 62 % d'entre elles et eux, c'est l'État qui est responsable de cette situation, et les compagnies pétrolières pour 52%. TotalEnergies vient justement d'engranger 11,2 milliards de dollars de bénéfices en six mois, et de voir son résultat net bondir de 72 %.
L'appel à une mobilisation large du 17 octobre, contre le prix du carburant mais aussi l'ensemble de la vie chère, montre que les questions sociales pourraient s'imposer de force dans la campagne, et qu'elles pourraient s'exprimer au-delà du cadre institutionnel, dans la rue.
Il s'agit maintenant de se doter d'un plan de bataille à la hauteur, avec un programme capable d'unifier les travailleur·euses face à la crise sociale. Un programme qui devrait notamment articuler des revendications sur la baisse et le blocage immédiat des prix du carburant avec l'augmentation générale des salaires et leur indexation sur l'inflation, mais aussi avec la nécessité d'une confrontation directe avec le grand patronat. Pour faire face à la crise en cours, il faut s'attaquer aux intérêts de ceux qui en vivent, et exiger l'expropriation sans indemnité ni rachat des profiteurs de guerre.