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Criminalisation de LFI : Nuñez a fait fuiter des fausses informations sur Rima Hassan

Thu, 17 Sep 2026 21:14:09 CEST

Révolution Permanente

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Le 2 avril dernier, Rima Hassan avait été placée en garde-à-vue après la publication d'un tweet pour « apologie du terrorisme ». Complément d'enquête a révélé ce 16 septembre le rôle joué par Laurent Nuñez dans la diffusion de fausses informations, illustrant la responsabilité de l'État dans l'offensive médiatique qui a suivi.

Le jeudi 2 avril, Rima Hassan était placée en garde-à-vue après la publication d'un tweet sur un militant pro-palestinien pour « apologie du terrorisme ». Le Canard enchaîné avait révélé à l'époque, que Sacha Straub-Kahn, porte-parole du ministère de la Justice, aurait échangé avec des journalistes sur le « contenu de la garde-à-vue » de Rima Hassan. Cette violation du secret de l'instruction avait alimenté une campagne de désinformation d'ampleur ciblant l'eurodéputée insoumise.

Mais Complément d'enquête a révélé ce mercredi 16 septembre que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez lui-même a alimenté l'offensive médiatique contre Rima Hassan, en confirmant auprès de journalistes des informations fallacieuses sur une enquête alors encore confidentielle.

Selon leurs informations, le 2 avril au soir, lors d'un trajet en train, dans une discussion « informelle » sans micros ou caméras, des journalistes demandent au ministre si de la drogue a bien été retrouvée dans le sac de l'eurodéputée. Selon les propos rapportés par Complément d'enquête, Nuñez leur répond : « il se peut que ce soit exact », avant de préciser qu'il s'agirait d'un « truc » de synthèse et que le deuxième produit serait un dérivé de la cocaïne, tout en ajoutant qu'il « ne s'y connaît pas trop ». Il a depuis été établi qu'aucun stupéfiant, de synthèse ou dérivé de la cocaïne, ne se trouvait dans le sac de l'eurodéputée. Un autre journaliste témoigne : « Sur le coup, je me dis : "mais il ne se rend pas compte qu'il est en train de nous donner des informations totalement confidentielles (...) et que peut-être qu'un ministre de l'Intérieur ne devrait pas dire ce genre de choses à côté de son Premier ministre, au milieu d'un wagon-bar." »

En réaction, le ministre de l'Intérieur a cherché à nier ces révélations. Il se défend : « Je rencontre des journalistes dans un train, au retour, de manière totalement informelle. Et ils sont au courant de tout. Ils ont toutes les informations concernant la garde à vue de Madame Rima Hassan, concernant les imputations qui lui sont prêtées d'être en possession de drogue, et ils m'interrogent. Ce n'est pas le ministre de l'Intérieur qui prend la parole et qui dévoile des informations. »

S'il n'a effectivement pas convoqué de conférence de presse pour répandre ces calomnies, c'est bien le ministre de l'Intérieur lui-même qui, lors d'un échange informel avec des journalistes, a été interrogé sur des informations – fausses – au cœur d'une campagne médiatique calomnieuse et virulente. Laurent Nuñez a ainsi alimenté cette campagne de désinformation contre Rima Hassan, qui s'inscrit dans la continuité des offensives contre La France insoumise et de la politique menée par le gouvernement depuis le début du génocide en Palestine : criminaliser les voix pro-palestiniennes pour les intimider et tenter de les faire taire.

C'est dans ce cadre que Rima Hassan fait face à deux nouvelles procédures judiciaires. Après son procès pour « apologie publique de crime ou délit » le 16 septembre, face à Némésis, elle comparaîtra les 19 et 20 octobre dans une autre affaire d'« apologie du terrorisme » pour son soutien à la Palestine. Face à la répression d'État et aux procès-bâillons qui visent les militant·es qui dénoncent le génocide du peuple palestinien, il est plus que jamais indispensable de continuer à organiser un large front en solidarité avec les réprimé·es et contre le génocide en cours.

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