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Communiqué du Poing Levé. Face au racisme et à la répression à Ceuta, solidarité avec les exilés !

Thu, 17 Sep 2026 14:28:33 CEST

Révolution Permanente

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L'afflux de jeunes et de travailleurs marocains à Ceuta a donné lieu à une offensive politique et médiatique raciste d'ampleur, alimenté par la droite, et la politique de répression du gouvernement de Sánchez. Le Poing Levé apporte toute sa solidarité aux personnes agressées par l'extrême droite et à l'ensemble des exilés persécutés par les États impérialistes.

Depuis plusieurs semaines, Ceuta, originellement appelée Sabta en arabe, enclave coloniale espagnole héritée de la colonisation, est le théâtre d'une crise humanitaire et politique majeure. À la fin du mois de juillet, des dizaines de milliers de jeunes et de travailleurs marocains et originaires d'Afrique subsaharienne ont franchi, à la nage, la frontière entre le Maroc et l'enclave espagnole, tentant de fuir désespérément leurs pays pillés par l'impérialisme. Cette situation a entraîné l'effondrement des maigres dispositifs d'accueil : l'énorme majorité des personnes qui avaient traversé la mer ont été réprimées et expulsées et des pogroms menés par des groupes fascistes ont visé les campements des réfugiés qui étaient parvenus à demeurer à Ceuta. Un incendie volontaire a brûlé 40 échoppes et abris aux Naves del Tarajal.

Cette crise a été instrumentalisée par l'extrême droite. L'afflux massif de personnes dans l'enclave a donné lieu à une offensive politique et médiatique raciste alors que l'extrême droite et la droite se sont déchaînées sur les plateaux télé contre les personnes migrantes qui veulent échapper à la pauvreté, aux guerres et au pillage impérialiste. En présentant les damnés de Ceuta comme une « menace » pour la sécurité de l'État espagnol et de l'Europe, elles réclament le renforcement de la présence militaire, le durcissement des frontières coloniales et davantage d'expulsions.

L'extrême droite et la droite n'en sont pas restées aux discours : le 2 septembre, des manifestations, appelées par le PP (droite espagnole) et Vox (extrême droite), ont eu lieu dans plusieurs villes espagnoles, « en solidarité avec Ceuta » et pour la défense de la province-colonie. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé et scandé des slogans racistes et islamophobes : « Expulsion des envahisseurs », « une Espagne chrétienne et non musulmane » ou encore « Sánchez, traître, tu iras en prison ». Décomplexée, l'extrême droite est allée jusqu'à agresser des personnes racisées à Ceuta.

Il faut dénoncer fermement l'instrumentalisation sécuritaire de la crise migratoire faite par la droite et l'extrême droite mais aussi la répression violente des étrangers par le gouvernement.

Si le gouvernement Sánchez a été mis sur la défensive par l'offensive de la droite, il a en effet de son propre chef mené une politique répressive qui ne diffère pas de celle que la droite réclame depuis des années et que d'autres gouvernements du continent, comme celui de Meloni en Italie, mettent en œuvre. L'État espagnol reste un État impérialiste : il contrôle, trie, expulse et participe à la construction de l'Europe forteresse. Il faut dénoncer la politique migratoire du gouvernement et de l'impérialisme espagnol, organisée main dans la main avec la monarchie réactionnaire marocaine. La lutte contre l'extrême droite ne peut pas être déléguée à ceux qui administrent eux-mêmes les frontières et les politiques migratoires. En France, la droite et l'extrême droite se sont également saisis de la crise pour alimenter leur discours nationaliste et attaquer la gauche espagnole.

Depuis le Poing Levé, nous envoyons toute notre solidarité aux personnes agressées par l'extrême droite et à l'ensemble des migrants persécutés par les États impérialistes. Nous saluons les manifestations antiracistes organisées, notamment par Contra-corriente, organisation sœur du Poing Levé dans l'État espagnol. Des milliers de personnes se sont mobilisées pour opposer aux discours nationalistes et racistes une autre perspective : celle de la solidarité entre travailleur·euses, quelle que soit leur origine. En France, la lutte contre l'extrême droite passe par le combat contre la réforme « Bienvenue en France » qui applique la préférence nationale sur les universités en augmentant les frais d'inscriptions pour les étudiants étrangers extra-communautaires, mais aussi par la lutte pour l'ouverture des frontières, la liberté de circulation et d'installation pour toutes et tous ! Solidarité internationaliste !

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