La CGT Total appelle à la grève le 8 octobre : organisons la colère contre le prix du carburant !
Thu, 17 Sep 2026 15:46:37 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAlors que plusieurs secteurs commencent à se mobiliser contre la hausse vertigineuse des prix à la pompe, la CGT Total appelle à faire grève le 8 octobre pour les salaires et les conditions de travail. Le mouvement ouvrier a intérêt à unir les secteurs qui expriment cette colère.

Ce mardi 15 septembre, la CGT Total a lancé un appel à la grève pour le 8 octobre. Cette grève concernera tous les sites du groupe, mais aussi les filiales comme Hutchison, fabricant de caoutchouc, Argedis, réseau de stations-service, ou encore Saft, constructeur de batteries. Alors que les prix à la pompe atteignent des records, les raffineurs et travailleurs employés par Total viennent se joindre aux multiples autres secteurs en grève dans les semaines qui viennent, des fonctionnaires aux pompiers.
Dans son communiqué, la CGT dénonce le choix du gouvernement de faire payer cette hausse des prix aux travailleurs : « Depuis des mois, les salariés paient la facture de la crise entamée du fait de la guerre déclenchée par les États Unis et Israël au Moyen Orient. » Certaines entreprises ont profité de la situation : « Cette crise a été aggravée par la spéculation sur les matières premières et notamment le pétrole. » Total a été au premier rang de ces spéculateurs : la multinationale a engrangé plus de 11 milliards de dollars sur six mois. Pendant ce temps, les plus précaires subissaient de plein fouet les conséquences de l'inflation. Comme le résume la CGT : « Les prix continuent d'augmenter dans les rayons et sur les factures, le carburant atteint des prix records et les salaires, eux, restent bloqués. »
Les raffineurs eux-mêmes deviennent de plus en plus précaires : la CGT dénonce notamment une aggravation des conditions de travail et des effectifs « sous tension ». La grève appelée pour le 8 octobre ne revendiquera pas seulement des augmentations de salaire, mais aussi « l'embauche en CDI de tous les intérimaires ». Total a en effet grandement augmenté l'embauche de travailleurs avec des contrats précaires, que ce soient des intérims ou des CDD, ce qui augmente les risques d'accident, explique le coordinateur CGT Eric Sellini.
Pour ces mêmes raisons, les travailleurs de Total ainsi que d'Argedis avaient déjà fait grève en avril dernier. D'une part, pour dénoncer les profits de guerre monstrueux de l'entreprise et réclamer le plafonnement des prix du carburant à 1,50€ ; d'autre part, pour dénoncer la dégradation brutale des conditions de vie des travailleurs, dont certains n'avaient plus les moyens de faire le plein pour aller travailler.
Alors que la situation a depuis empiré, cette nouvelle initiative n'est cette fois pas isolée : depuis le 14 septembre, les pêcheurs de Sète, Fos-sur-Mer et d'autres ports multiplient les blocages de dépôts pétroliers pour protester contre les prix du carburant. Dans le même temps, des appels à manifester le 17 octobre se multiplient, revendiquant l'héritage des Gilets Jaunes.
On connaît la force de frappe que peuvent avoir les raffineurs, comme lors de la grève de 2022 pour les salaires, ou au cours de la bataille des retraites de 2023. Ils ont tout intérêt à s'unir aux différents secteurs mobilisés par une même colère, avec un plan de bataille clair contre les profiteurs de guerre et le budget que prépare Lecornu, ainsi que des revendications communes : baisse et plafonnement immédiat des prix de l'essence ; augmentation générale et indexation des salaires sur l'inflation ; et expropriation sans indemnités ni rachat de Total, sous contrôle des travailleurs et de la population.