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« Bienvenue en France » : après un 15 septembre encourageant, renforçons les comités pour massifier le 29

Thu, 17 Sep 2026 22:39:46 CEST

Révolution Permanente

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Mardi 15 septembre, des milliers de jeunes ont manifesté à Paris, Rennes, ou encore Marseille contre « Bienvenue en France » et la menace de suppression des APL pour 200 000 étudiants. Un point d'appui pour préparer la date de mobilisation du 29 septembre, qui doit s'appuyer sur des comités d'action dans le plus d'universités possible.

Ce 15 septembre avait lieu une journée de mobilisation à l'appel des organisations étudiantes et du personnel, contre la casse de l'université et la menace de suppression des APL pour des centaines de milliers étudiants. En effet, un rapport ministériel publié cet été propose de prendre en compte le revenu des parents dans l'attribution des APL, pour réduire les allocations de 310 000 étudiants, et les supprimer pour 200 000 d'entre eux. Plus largement, les organisations de jeunesse et de personnels appelaient à se mobiliser contre le décret raciste « Bienvenue en France » promulgué cet été.

Dès le matin, des actions ont eu lieu dans plusieurs villes. À l'Université Toulouse Capitole, où un premier comité d'action s'était réuni la semaine dernière, les étudiants ont déployé des banderoles à l'entrée du hall principal de l'Arsenal. Inès, militante au Poing Levé et étudiante en droit, expliquait : « on pense que c'est primordial de se mobiliser dès maintenant contre « Bienvenue en France ». Le gouvernement s'attaque aux étudiants étrangers pour ensuite élargir la mesure à tout le monde. Ça s'est passé comme ça avec les APL ».

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À Marseille, un cortège composé d'étudiants et de personnels a défilé avec une banderole « Pas de rentrée sans étudiants étrangers » au départ de Saint-Charles. À Rennes, la manifestation a réuni 2000 étudiants qui chantaient des slogans contre l'extrême droite et le tri raciste à l'université.

Même chose à Paris, où la manifestation s'est élancée depuis Jussieu à 12h. Mouss, étudiant et membre du Collectif des Étudiants Étrangers de Paris 8, a interpellé la foule : « On doit amplifier la mobilisation. À Paris 8, des centaines d'étudiants sont sans issue. Si on ne se bat pas maintenant, l'université ne sera réservée qu'aux riches ». Irène, militante au Poing Levé, explique : « Ils veulent virer un étudiant sur 9 avec « Bienvenue en France ». On nous dit que les étrangers sont ceux qui profitent. Mais c'est l'impérialisme français et les patrons qui se gavent sur notre dos. On doit refuser que nos camarades payent 1€ de plus que nous ! Si on ne se mobilise pas, les prochains c'est nous. »

Au-delà des manifestations, des rassemblements et des actions ont eu lieu dans différentes universités. À Lyon, une centaine d'étudiants s'est rassemblée devant le rectorat pour dénoncer la hausse des frais d'inscription, avant de déambuler dans l'Université Lyon 2, qui a décidé d'appliquer « Bienvenue en France » cette année, pour réclamer l'exonération de tous les étudiants concernés. Au Mirail et à Paris 8, en parallèle des actions menées sur d'autres campus et des manifestations, des banderoles ont été déployées par les étudiant·es à l'entrée des campus pour appeler à s'organiser en comités d'action pour préparer la date du 29 septembre.

La mobilisation de ce 15 septembre montre qu'il existe une colère importante du côté de la jeunesse, des enseignants et des personnels de l'université. Ils ne sont pas prêts à laisser passer des attaques contre l'université publique sans mobilisation.

L'opposition à « Bienvenue en France » se construit depuis la rentrée

La mobilisation contre « Bienvenue en France » et les attaques racistes et austéritaires du gouvernement se construit depuis la rentrée. Dans plusieurs universités à Lyon, Toulouse, Bordeaux, Paris, Montpellier, Strasbourg et ailleurs, des assemblées générales et des comités d'action lancés à l'initiative du Poing Levé ont eu lieu, pour organiser les étudiant·es, concerné·es ou non par les frais racistes, et avertir largement de la généralisation des frais différenciés.

Par exemple, l'intervention de Irène, militante au Poing Levé à Paris, face au ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot, a permis de confronter directement la responsabilité de l'État français, qui pille des territoires en Afrique et ferme les portes de l'université aux jeunes qui espèrent venir trouver un avenir en France : « la diplomatie de votre gouvernement c'est d'appliquer le décret Bienvenue en France pour faire payer 4000€ le master aux étudiants étrangers et les exclure de nos universités, c'est de nous faire croire que les responsables du déficit budgétaire ce serait nos camarades de classe algériens, marocains, sénégalais et burkinabés qui viennent chercher en France les perspectives d'avenir que l'impérialisme français leur a volé dans leur pays ». La vidéo de l'intervention d'Irène a fait plus d'un million de vues sur Instagram, près de 600 000 sur TikTok et a été relayée par des médias internationaux comme Al-Jazeera.

D'autres actions de ce type ont permis, à une autre échelle, de dénoncer les présidences d'université qui appliquent « Bienvenue en France » en se faisant le relai du gouvernement. L'intervention de Zoé, étudiante et militante du Poing Levé à l'Unistra, a été particulièrement remarquée. Alors qu'elle confrontait la direction sur la situation des étudiant·es étranger·es précarisé·es par les frais d'inscription racistes, elle s'est faite taire par la sécurité.

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Des centaines d'étudiants organisés en comités d'action

Les comités d'action lancés à l'initiative du Poing Levé ont également été à l'avant-garde de la préparation concrète des actions de ce 15 septembre : confection de banderoles, distribution de tracts, collage d'affiches ou préparation de dossiers collectifs d'exonération ont été réalisés. Cette préparation montre concrètement comment l'organisation à la base permet de résoudre les nombreux problèmes qui se posent pour construire une mobilisation. Si les comités d'action ont permis l'expression de la créativité et de l'originalité de chacun, avec des propositions de réalisation de films-documentaires, de contenus sur les réseaux sociaux ou d'affiches, ils sont aussi un cadre propice pour organiser la défense des étudiant·es concerné·es en premier lieu par « Bienvenue en France ».

Alors que les demandes individuelles d'exonération ou de remboursement découragent souvent par la paperasse ou par la confrontation à l'administration, les demandes collectives répondent à une autre logique, celle d'un rapport de force collectif. Elles permettent de ne pas se sentir seul face à l'administration et de ne pas délier les demandes d'exonération de la revendication de suppression des frais différenciés. À l'opposé de la division raciste que cherche à imposer le gouvernement, les comités d'action permettent de poser les bases de l'unité de tous les étudiants, laquelle est nécessaire pour faire reculer le programme d'ensemble visant à augmenter les frais d'inscription pour toutes et tous.

Après ces premières réussites, le 29 septembre doit permettre de franchir un cap. Gagner face au gouvernement suppose de construire un véritable rapport de force, dans un mouvement de jeunesse indépendant, pour faire reculer le gouvernement : indépendant des présidences d'université, qui se font le relais des politiques d'austérité et de tri social du gouvernement, et indépendant de l'État et de son calendrier. Ce n'est pas un décret publié en douce en mai, ni les prochaines annonces gouvernementales, qui doivent dicter le rythme de la mobilisation, mais le rapport de force que les étudiant·es eux-mêmes construisent sur le terrain.

Construire la date du 29 septembre depuis les comités d'action et assemblées générales

« Bienvenue en France » concentre plusieurs dimensions de la politique du gouvernement : précarisation, marchandisation de l'université et politique raciste visant spécifiquement les étudiant·es étranger·es. Surtout, elle permet de poser une question qui concerne l'ensemble du monde étudiant : qui pourra demain accéder à l'université si les frais d'inscription continuent d'augmenter ? C'est en partant de cette bataille, et en la menant nous-mêmes plutôt qu'en la déléguant, que nous pouvons construire l'unité de tous les étudiant·es.

C'est précisément pour cela qu'avec le Poing Levé, nous défendons les comités d'action. Ils permettent de prendre en charge les tâches concrètes qui font vivre une mobilisation : informer les étudiant·es, convaincre, construire des actions, organiser les campus, défendre collectivement les étudiant·es concerné·es par les frais différenciés et préparer les prochaines échéances, en dehors et au besoin contre la volonté des présidences d'université qui appliquent Bienvenue en France.

Pour faire reculer le gouvernement, le mouvement étudiant devra chercher les jonctions avec la colère qui existe dans le monde du travail. Les attaques contre l'université et les conditions d'études s'inscrivent dans une politique plus générale d'austérité et de remise en cause des services publics, qui touche autant les salarié·es que les étudiant·es. Un mouvement étudiant qui resterait isolé sur ses campus, aussi combatif soit-il, se heurtera vite à ses limites. Mais les appels à se mobiliser le 17 octobre contre la hausse des prix des carburants qui ont émergé montrent déjà qu'il sera possible de faire joindre les revendications étudiantes à celles du monde du travail.

En 2006, un mouvement étudiant auto-organisé et lié au monde du travail a fait reculer le gouvernement De Villepin sur le Contrat Première Embauche (CPE). Cette expérience concrète montre qu'il est possible pour le mouvement étudiant de faire reculer un gouvernement sur une attaque raciste et anti-sociale. Si le 15 septembre a montré que les premiers foyers de résistance existent, le 29 septembre doit permettre de les élargir. Le Poing Levé mettra toutes ses forces dans la construction des comités d'action et appelle l'ensemble des organisations du mouvement étudiant à faire de même.

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