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Restriction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : la Commission européenne passe à l'offensive

Wed, 16 Sep 2026 20:29:49 CEST

Révolution Permanente

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Ce mercredi 16 septembre Ursula Von Der Leyen a annoncé sa volonté d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans à l'échelle de toute l'Union européenne. Une offensive au service de l'agenda militariste de l'UE qui vise à discipliner la jeunesse.

Ce mercredi 16 septembre, lors de son « discours sur l'état de l'Union », Ursula von der Leyen a annoncé l'examen du « Kids Act », qui prévoit d'interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 13 ans et de limiter celui des 13-15 ans. Dans un discours d'une rare hypocrisie, Ursula Von Der Leyen annonce à la fois cette interdiction, sous couvert de protection de la jeunesse, mais aussi des avancées significatives dans l'agenda militariste de l'Union européenne et de nouvelles offensives aux frontières de l'Europe, autant d'attaques qui toucheront sans aucun doute la jeunesse.

Cette annonce intervient alors que la question de l'interdiction des réseaux sociaux est au coeur des débats sur la jeunesse depuis de nombreuses semaines, après plusieurs cas de suicides sur fond de harcèlement et de dépressions alimentées par des algorithmes morbides. Sous couvert de protection des jeunes face au danger des réseaux sociaux, les classes dominantes cherchent en réalité à masquer leur responsabilité dans la dégradation croissante de la santé mentale des jeunes.

C'est dans cette logique que le gouvernement a fait adopter le 21 juillet dernier une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, après avoir interdit les téléphones portables dans les collèges et lycées pour cette rentrée. Cette interdiction française a cependant été censurée par le Conseil constitutionnel qui, tout en validant le principe d'une interdiction, considérait toutefois que sans davantage de « garanties » elle portait atteinte à la liberté de communication. Une barrière toute relative puisque seulement un mois après, Macron écrivait à Ursula Von Der Leyen, présidente de la Commission européenne, pour exiger une telle interdiction à l'échelle de toute l'Union européenne.

La violence sur les réseaux sociaux est indéniable, mais il est impossible de l'expliquer indépendamment des rapports sociaux qui traversent l'ensemble de la société. Les réseaux sociaux cristallisent des violences déjà existantes - sexistes, racistes, validistes, … - mais les États et institutions européennes, loin de lutter contre, les entretiennent par leurs politiques austéritaires, xénophobes et militaristes. Rien d'étonnant donc à ce que, face à celles-ci, il choisisse de réprimer la jeunesse en s'attaquant à l'un de ses principaux vecteurs de socialisation et de mobilisation, comme l'ont montré les divers épisodes de révoltes de la Gen Z à travers le monde.

Les racines de la détresse de la jeunesse ne se trouvent pas dans les réseaux sociaux, mais dans le système au sein duquel ils se déploient. Face à ce constat, l'urgence n'est pas à la prohibition, mais à la formulation de revendications qui s'attaquent aux causes structurelles de la mise en danger des mineurs. Cela implique de s'opposer frontalement aux budgets d'austérité imposés par le gouvernement, d'exiger des embauches massives de personnels médico-sociaux, d'enseignant·es, d'AED et d'AESH dans les établissements scolaires, ainsi que des mesures matérielles d'urgence pour les familles : logement digne, salaires décents pour toutes et tous, afin d'offrir des conditions de vie permettant réellement aux jeunes de se construire et de se protéger contre les violences, qu'elles s'exercent dans l'espace physique ou en ligne.

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