Rima Hassan, Elias d'Imzalène : les procès des soutiens de la Palestine continuent
Wed, 16 Sep 2026 20:36:15 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalRima Hassan, eurodéputée pour la France Insoumise, ainsi que d'Elias d'Imzalène, militant propalestinien, étaient tous les deux en procès ce mercredi 16 septembre. Un symbole des offensives judiciaires qui continuent pour faire taire les voix qui s'opposent au génocide en Palestine.

Ce mercredi 16 septembre, Rima Hassan était jugée pour « provocation publique et directe non suivie d'effet à commettre un crime ou un délit ». C'est loin d'être la première fois que l'eurodéputée subit la répression et les intimidations judiciaires pour son soutien à la Palestine. En 2024, elle avait été interrogée pendant des heures pour « apologie du terrorisme ». Dans le cadre de cette enquête pour apologie du terrorisme la police géolocalise son téléphone et des fuites sur le contenu de la garde-à-vue provenant du ministère de la Justice contribuent à propager des fausses informations. Depuis le début du génocide, elle a été la cible de près de 20 procédures judiciaires, la plupart déjà classées sans suite.
Le procès d'aujourd'hui concernait le repartage en mars 2025 d'une publication sur Instagram de plusieurs photos. Sur l'une d'elle apparaît un tag où il est écrit « Dissoudre Némésis à l'acide », visant à dénoncer l'existence du collectif ultraréactionnaire et fémonationaliste Némésis et sa présence à la marche pour les droits des femmes du 8 mars. Alice Cordier, présidente du collectif d'extrême-droite, avait alors réagi sur X : « C'est ni plus ni moins de l'appel au meurtre ». Dans la foulée, les plateaux télé et les éditorialistes réactionnaires reprennent cette rhétorique et accuse Rima Hassan de relayer des menaces de mort contre le collectif Némésis.
Une rhétorique qui se sera donc frayée un chemin jusqu'au tribunal. Rappelons tout de même qui est Némésis : un groupuscule réactionnaire spécialiste de l'instrumentalisation des violences patriarcales à des fins racistes. Le groupuscule d'extrême droite s'est illustré à de maintes reprises par ses faits d'armes islamophobes : cérémonie de « dévoilement » lors d'une marche anti-migrants à Londre, participation à une attaque contre une manifestation féministe en 2021, entouré d'un service d'ordre cagoulé et armé de barres de fer et de gazeuses qui s'en était pris à des manifestantes afghanes, ou bien encore participation à des actions avec Génération Identitaire pour demander davantage d'expulsion d'étrangers.
Un groupuscule derrière lequel l'Etat n'a donc aucun mal à s'aligner pour poursuivre l'acharnement judiciaire contre l'eurodéputée insoumise. En parallèle, Rima Hassan était également jugée ce jour pour « apologie publique de crime ou délit », pour une réaction à un article consacré à la collaboration de groupes armés dans la bande de Gaza avec l'armée israélienne.
De son côté, Elias d'Imzalène, passait aujourd'hui en appel pour son procès en 2024 pour lequel le chef d'inculpation retenu est « provocation publique à la haine ou la violence à raison de l'origine, la nation, la race ou la religion ». Il risque l'emprisonnement pour une prise de parole lors d'un rassemblement contre le génocide en Palestine en septembre 2024, appelé par Urgence Palestine et le Collectif pour une paix juste et durable, dans lequel il avait évoqué la nécessité d'un soulèvement en soutien à Gaza. Une procédure qui s'accompagne d'un harcèlement administratif. En janvier dernier, le ministère de l'Intérieur et le ministère de l'Économie publiaient une seconde fois un arrêté actant le blocage de ses comptes bancaires et de ses ressources économiques.
Ces procès s'inscrivent dans la continuité de la criminalisation des voix propalestiniennes et plus largement de toutes les voix pro-Palestine par l'Etat, dans la continuité des procès qui ont ciblé Anasse Kazib, Olivia Zemor, Nicolas Shahshahani, Omar Alsoumi ou encore Pierre Stambul, parmi tant d'autres. Dans bon nombre de ces procès, l'Etat se fait le relai des groupes d'extrêmes droites qui se constituent partie civile pour essaie de faire taire la dénonciation du génocide ou la lutte contre l'extrême droite. C'est par exemple la stratégie de la Jeunesse française juive qui s'était constitué partie civile dans le procès d'Anasse Kazib,
Face à cette répression grave, nous appelons à la relaxe de tous les soutiens de la Palestine et nous nous opposons aux attaques calomnieuses de l'extrême droite et des soutiens du génocide. Nous devons continuer à affirmer haut et fort que « soutenir la Palestine n'est pas un crime » !