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Censure : Macklemore exclu de la tournée d'Ed Sheeran pour son soutien à la Palestine

Wed, 16 Sep 2026 20:39:28 CEST

Révolution Permanente

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Sous pression de grands patrons du divertissement, Ed Sheeran a exclu Macklemore de sa tournée pour son soutien à la Palestine. Alors que plusieurs artistes se sont retirés de la tournée en soutien, il faut dénoncer avec force la censure des voix qui s'élèvent contre le génocide en Palestine !

Après avoir assuré deux premières parties aux concerts de la tournée d'Ed Sheeran, dont une date au MetLife Stadium de New York devant 90 000 personnes, le rappeur Macklemore a annoncé dans un communiqué publié sur instagram ce lundi avoir été retiré du reste de la tournée par l'équipe d'Ed Sheeran, en raison des messages de soutien à la Palestine qu'il portait dans ses premières parties.

Il évoque dans son post, liké plus de 7 millions de fois, les conséquences de sa dénonciation du génocide en Palestine : perte de revenus, exclusions de festival et opportunités de carrière. Il explique cependant ne pas pouvoir garder une position de neutralité entre l'oppresseur et l'opprimé et dénonce l'instrumentalisation de la lutte contre l'antisémitisme utilisé comme un « bouclier contre la critique de l'État Israélien ».

Cette exclusion a été motivée par le promoteur de la tournée en raison des menaces d'annulation de la part des salles de concert et des stades dans lesquels les deux artistes allaient se produire. Au centre de cette offensive se situe le propriétaire du Gillette Stadium de Boston, Robert Kraft, qui a assumé avoir fait pression sur l'équipe d'Ed Sheeran, le menaçant de faire annuler sa tournée si Macklemore continuait à faire ses premières parties. Ce patron est à la tête du conglomérat Kraft, qui en plus de ses activités dans le show-business et le sport, détient de nombreux investissements en Israël. Des liens étroits avec Israel qui motivent son soutien à la criminalisation du soutien à la Palestine, maquillé derrière un pseudo combat contre les discours de haine et l'antisémitisme.

Le rappeur a reçu énormément de soutien de la part d'artistes et de militants de la cause palestinienne, critiquant la décision d'Ed Sheeran d'avoir abandonné son collègue. En solidarité avec le rappeur, les artistes qui assuraient la première partie de Ed Sheeran (Aaron Rowe, Finneas et Lukas Graham) ainsi que le groupe irlandais Boega avec qui il partageait la scène ont tous annulé leur participation à la tournée. Finneas, le frère de Billie Eilish et chanteur, a déclaré sur Instagram : « Les artistes ne doivent pas être censurés quand ils élèvent leur voix pour les opprimés [...] je me tiens du côté de la Palestine et de son peuple »

Macklemore, mondialement connu pour ses collaborations avec Ryan Lewis sur l'album The Heist en 2013, est un rappeur engagé depuis ses débuts, dénonçant le racisme systémique et les violences policières dans les sons White supremacy I et II, ou encore le capitalisme et le système médical américain ayant pris la vie de son petit frère dans Kevin. Depuis 2024, il a écrit plusieurs musiques dénonçant le génocide en Palestine et la complicité des états impérialistes par le soutien militaire ou la criminalisation des manifestations de solidarité comme dans Hind's Hall, en soutien aux manifestation sur les campus de Columbia. Il avait participé au mouvement de boycott « No music for genocide » aux côtés de 2000 artistes, dénonçant la présence d'Israël à l'Eurovision, ainsi que la complicité avec le génocide de géants de la musique comme Spotify.

Les patrons d'entreprises du divertissement n'en sont pas à leur coup d'essai en matière de censure des soutiens de la Palestine, à l'image de l'acteur Mark Ruffalo, accusé d'antisémitisme pour avoir dénoncé le rachat de la Warner par la Paramount->https://www.revolutionpermanente.fr/Palestine-l-acteur-Mark-Ruffalo-denonce-la-complicite-de-Paramount-avec-le-genocide], proche de Donald Trump. En France aussi, l'État et ses relais médiatiques empêchent toute critique de l'État israélien, à l'image de la censure d'Adèle Haenel dans l'émission La grande librairie sur France 5 qui, dans une carte blanche, dénonçait le génocide et la complicité de la France.

Cette nouvelle offensive culturelle et médiatique témoigne de la tentative de recomposition de la réaction étasunienne qui fait face au désaveu massif de sa politique de soutien au génocide, puisque 60% des sondés expriment en 2026 leur défiance vis à vis d'Israël. Malgré le recul de la mobilisation pour la Palestine, la solidarité avec le peuple palestinien est massive et trouve une expression dans la culture et les arts, ce qui déplait aux grands patrons de l'industrie culturelle.

Dans le même temps, Israel repasse à l'offensive, notamment au Liban ou l'armée génocidaire a dynamité vendredi dernier la crête d'Ali al-Taher, provoquant une secousse de magnitude 4,1 ressentie dans tout le Sud-Liban, et ses soutiens impérialistes tentent de sauver la face en annonçant des sanctions économiques contre l'État colonial. Cet écran de fumée ne trompe personne, et l'effort que déploient les classes dominantes pour museler tout soutien à la Palestine est à la hauteur la puissance de ce mouvement anti-impérialiste, et dans celui-ci l'écho considérable de l'expression des artistes.

Mais au delà des scènes et des festivals, où il reste important de dénoncer l'horreur de l'impérialisme, la lutte contre le génocide passera par la mobilisation depuis la rue, les campus et les lieux de travail, face à la complicité de l'État, de ses institutions et des entreprises liées aux génocide.

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