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17 octobre : la colère explose contre la hausse du carburant, il faut la soutenir

Wed, 16 Sep 2026 16:33:46 CEST

Révolution Permanente

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Les vidéos d'appel à une mobilisation le 17 octobre prochain, inspirée des Gilets Jaunes, se multiplient. Elles témoignent de l'aggravation de la crise sociale. Les directions du mouvement ouvrier doivent répondre aux aspirations qui s'expriment.

Depuis plusieurs jours, des appels à la mobilisation le 17 octobre prochain fleurissent sur les réseaux sociaux, en particulier sur TikTok. Si on ignore leur origine, ils ont comme point commun d'être portés, pour la plupart, par de jeunes travailleuses et travailleurs, et de dénoncer la hausse des prix du carburant : « 2€25 la station la moins chère de Lyon, on est chez les fous » ; « 2€50 le litre mais ça va pas ou quoi ? ».

Toutes ces vidéos, dont certaines dépassent les 200 000 likes, font explicitement référence aux Gilets Jaunes, qui s'étaient soulevés pour les mêmes raisons : en 2018, le gazole et le SP65 atteignaient 1€50 le litre. Aujourd'hui, la guerre impérialiste des États-Unis contre l'Iran, le SP65 et le gazole se vendent respectivement en moyenne à 2€12 et 2€29 le litre... Cette hausse des prix de l'énergie a provoqué un choc inflationniste, d'abord visible sur le carburant et le gaz, puis sur l'ensemble des biens de consommation. Au total, les prix ont augmenté de 2,4% sur un an, alors que les salaires ne suivent pas.

Dans ce contexte, le coût de l'essence est le catalyseur d'une colère plus large contre le coût de la vie en général et l'austérité, comme le résument de nombreuses vidéos/ « Le 17 octobre il va falloir y aller, et pas que par rapport à l'essence : ils veulent mettre l'école à un an, la nourriture, c'est hors de prix… Vous nous prenez pour des cons, maintenant on sait quoi faire » explique par exemple un tiktokeur.

Une colère d'autant plus légitime que le gouvernement refuse catégoriquement toute « mesures plus générales » d'aide, prétextant que « la situation des finances publiques ne permet pas ce type de mesure », tout en préservant les profits du grand patronat. Ces derniers jours, Lecornu a ainsi cherché à rassurer les grandes entreprises sur les impôts à venir, alors même que TotalEnergies vient d'engranger 11,2 milliards de dollars de bénéfices en six mois et de voir son résultat net bondir de 72%.

Lire aussi : Les prix du carburant au plus haut : le gouvernement protège les profits et fait payer les travailleurs

Les nombreux appels au 17 octobre témoignent ainsi déjà des conséquences directes de la guerre impérialiste contre l'Iran sur le quotidien des travailleurs et de la jeunesse, mais aussi de l'aspiration à trouver une issue à cette situation par la lutte, sans attendre la présidentielle. Un symbole de la polarisation dans le pays, alors que la campagne présidentielle s'ouvrait fin août sous les hospices du MEDEF, donnant un ton résolument pro-patronal aux premiers débats : « compétitivité », baisse du « coût du travail », réduction des dépenses publiques …

Ces appels à la mobilisation montrent que les questions sociales pourraient s'imposer de force dans la campagne et surtout, qu'elles pourraient s'exprimer au-delà du cadre institutionnel, dans la rue. Ce alors que, depuis le début de la semaine, des centaines de pêcheurs ont entrepris des actions de blocage sur plusieurs dépôts pétroliers de la côte méditerranéenne pour des raisons identiques, à Fos-sur-Mer ou dans l'Hérault.

Comme pour les Gilets jaunes ou le mouvement de septembre 2025, les appels au 17 octobre ont la spécificité de venir d'en bas et montrent que la colère sociale de ces dernières années est loin d'être éteinte. Dans ce cadre, le silence des directions syndicales sur cette date est problématique. Interrogée sur le 17 octobre sur LCI la semaine dernière, Sophie Binet a ainsi botté en touche, se contentant d'appeler à la mobilisation de la fonction publique du 29 septembre. Une logique qui rappelle le rôle scandaleux des directions syndicales au pic du mouvement des Gilets jaunes, qui avaient refusé de rejoindre la colère, allant jusqu'à dénoncer la violence des manifestants.

A l'inverse, le rôle des directions du mouvement ouvrier devrait être de chercher à faire le pont entre les dates de mobilisations prévues et la colère qui monte sur les réseaux, en proposant un plan de bataille à la hauteur, avec un programme capable d'unifier les travailleurs face à la crise sociale. Un programme qui devrait notamment articuler des revendications sur la baisse et le blocage immédiat des prix du carburant avec l'augmentation générale des salaires et leur indexation sur l'inflation, mais aussi la nécessité d'une confrontation directe avec le grand patronat. Pour faire face à la crise en cours, il faut s'attaquer aux intérêts de ceux qui en vivent, et exiger l'expropriation sans indemnité ni rachat des profiteurs de guerre. Seule la construction d'un rapport de force sur le terrain de la lutte de classe peut permettre aux travailleurs d'imposer leurs revendications.

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