Bordeaux : un village de la Santé impulsé par la CGT pour préparer la mobilisation du 29 septembre
Wed, 16 Sep 2026 17:52:06 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe mardi, la CGT Santé Action Sociale de Gironde organisait un village de la Santé à l'hôpital Saint-André pour dénoncer les coupes budgétaires qui frappent le secteur. Une première étape pour construire la journée de grève du 29 septembre.

Ce mardi, la CGT Santé-Action sociale de Gironde appelait à un village de la Santé à l'hôpital Saint-André, pour dénoncer les offensives budgétaires qui s'abattent sur le secteur. Rejointe par la CGT Energie, cette initiative a réuni des dizaines de travailleurs venus de différents secteurs de la santé, autour de cinq stands d'informations thématiques consacrés à la psychiatrie, au handicap, à la maternité et aux Ehpad, aux urgences, ainsi qu'à la protection de l'enfance. Les ventes de sandwichs et de boissons sur les stands ont également permis de remplir la cagnotte de la caisse de grève du samu social.
Ces cinq secteurs ont un point commun : ils sont tous directement visés par les coupes budgétaires en cours. Au niveau départemental, la Gironde a restreint l'accès à la Prestation de Compensation du Handicap et en parallèle réduit le volume d'heures d'accompagnement à domicile financées. Du côté de l'Agence régionale de santé, celles-ci se traduisent par la menace de fermeture des maternités de Blaye et de Lesparre, cette dernière suspendant pendant au moins un mois les accouchement, faute de pédiatre. Au CHU de Bordeaux, elles prennent la forme d'une menace de fermeture des urgences de Saint-André, précisément le lieu choisi pour installer le village de la Santé, dont les travailleurs seront redéployés entre les sites de Pellegrin et de Haut-Lévêque.
Plusieurs intervenants se sont succédés à la tribune pour dénoncer cette offensive généralisée. Baptiste Añorga, secrétaire général de l'USD CGT et de la section CGT du CHU de Bordeaux, est revenu sur les coupes drastiques qui frappent les urgences, orchestrées à la fois par l'ARS et par la direction de l'établissement.
Marie-Laure Charchar, secrétaire générale de la CGT Blanchisserie du CHU, a quant à elle détaillé les attaques qui se préparent avec la construction de la nouvelle blanchisserie du CHU, prévue pour 2027. Une opération qui prépare une réduction brutale des effectifs tout en augmentant la cadence de travail.
Dans le même temps, la syndicaliste a dénoncé la casse des services publics de santé, menée au profit d'une militarisation croissante du secteur hospitalier. À l'image des investissements massifs consentis pour la prise en charge des militaires, quand les moyens manquent cruellement pour soigner l'ensemble de la population. « Ils cassent nos services publics d'une main pour financer de l'autre l'armée et l'industrie militaire, et avancent dans la militarisation de nos hôpitaux. Derrière l'austérité c'est un projet politique qu'ils défendent » explique la buandière. Un constat qui fait écho au rassemblement organisé en octobre dernier devant l'hôpital Robert-Picqué, où avait déjà été dénoncée cette même logique de sacrifice de la santé publique sur l'autel du réarmement.
Cette première journée de mobilisation doit servir de point d'appui pour construire une mobilisation beaucoup plus large, avec en ligne de mire l'appel interprofessionnel du 29 septembre. Comme l'a résumé la représentante de la CGT Blanchisserie, « Il faut rompre avec la stratégie des journées de grève isolées et développer la mobilisation par la base dans tous les établissements pour investir le 29, et de là impulser une grève reconductible dans la santé pour obtenir des moyens massifs dans nos services publics. »
Alors que la rentrée se fait autour de la colère sur la cherté de la vie avec les prix exorbitants du carburant, et une perspective de date du 17 octobre appelée sur les réseaux, l'heure est à l'organisation collective pour préparer ces dates. Un mot d'ordre qui trace la perspective des prochaines semaines : transformer cette première initiative en un mouvement d'ampleur, construit dans chaque service et chaque établissement, pour faire du 29 septembre le point de départ d'une mobilisation reconductible qui se coordonne avec l'ensemble des secteurs attaqués à même de faire plier le gouvernement.