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Manifestation policière : la police, la droite et le RN dans la rue pour renforcer la répression

Tue, 15 Sep 2026 21:03:02 CEST

Révolution Permanente

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Soutenue par la droite et le RN, plus de 20 000 policiers manifestaient, ce 15 septembre, dans le pays, pour réclamer davantage de moyens pour la répression. Une mobilisation en forme de provocation, à quelques jours de la manifestation contre le « permis de tuer 2.0.

A cinq jours de l'appel à mobilisation nationale contre la proposition de loi instaurant un nouveau permis de tuer pour les policiers et les gendarmes, les « syndicats » Alliance Police et Un1té ont appelé à une mobilisation nationale ce 15 septembre pour exiger plus de moyens pour exercer leurs fonctions répressives.

Le cortège parisien s'est élancé vers l'Assemblée Nationale pour y exhiber des cercueils contenant des faux squelettes arborant une casquette « police » et entourés de policiers déguisés en faucheurs. Une mise en scène grotesque qui vise à retourner l'accusation, alors qu'on ne compte plus ces dernières années la multiplication des crimes policiers impunis : de la mort d'Adama Traoré à celle de Nahel Merzouk en passant par Souheil El Khalfaoui, Yanis S., El Hacen Diarra, Claude Jean-Pierre, Rony Cély, Gaye Camara ou Cédric Chouviat.

La mobilisation policière, largement relayée par les grands médias et diffusée en boucle sur les chaînes d'infos insiste sur la nécessité de renforcer les moyens humains et financiers pour l'ensemble des corps de police en gonflant le budget de plusieurs centaines de millions d'euros, mais également des mesures pour assurer leur protection lors des interventions. Le gouvernement s'est empressé de répondre en proposant 240 millions d'euros supplémentaires et la création de près de 970 emplois de policiers.

Ces revendications s'inscrivent plus largement dans l'escalade sécuritaire et répressive des gouvernements successifs notamment depuis le mandat Hollande. De la surveillance de masse légalisée en 2015 à l'assouplissement des règles prétendant encadrer l'usage des armes et de la légitime défense des policiers en 2017 par la loi Cazeneuve en passant par le renforcement des dispositifs répressifs et de surveillance des manifestations, ces offensives n'ont eu de cesse d'élargir les pouvoirs de la police et de la gendarmerie, tout en organisant leur impunité.

La droite et l'extrême droite s'en sont également donné à cœur joie. Malgré les appels des syndicats à l'indépendance politique, la mobilisation a surtout servi de tribune aux candidats de droite et d'extrême droite pour défendre leur agenda sécuritaire et répressif.

Le Rassemblement National via Julien Odoul et plusieurs députés ont rejoint le cortège et ont immédiatement soutenu les revendications des policiers en défendant davantage de moyens pour la police mais également le recours à l'IA, le rétablissement des peines minimales pour certaines infractions et l'instauration de la présomption de légitime défense pour organiser l'impunité policière. Bruno Retailleau a emboîté le pas en surfant sur la nécessité de « protéger les français du contexte sécuritaire » en proposant de « changer de braquet ». Ce braquet, c'est celui de la Constitution qu'il entend réviser pour inscrire une « Charte de l'ordre républicain » et introduire des peines minimales automatiques dès lors qu'on « touchera à l'uniforme » :

La mobilisation policière a également été largement soutenu par l'imam pro Israël Hassen Chalgoumi qui a rejoint le cortège en affirmant que « la police est le meilleure rempart contre l'islamisme », soutenant ainsi la rhétorique de l'extrême droite :

Cette mobilisation intervient par ailleurs au moment où le Parlement examine une évolution majeure du régime juridique de l'usage des armes via la loi visant à « reconnaitre une présomption d'usage légitime des armes ». Déjà adoptée par l'Assemblée Nationale en juillet, cette proposition est désormais entre les mains du Sénat et a de grandes chances d'être adoptée. Neuf ans après l'adoption de la loi Cazeneuve qui a multiplié par cinq le nombre de morts par tirs policiers, la loi propose de présumer légal tout usage d'arme à feu par les forces de répression, alors même que les familles des victimes de violences policières se heurtent déjà à une institution judiciaire raciste qui organise l'impunité policière.

Face à la mobilisation des « syndicats » de police comme Alliance qui appelle régulièrement à soutenir les policiers responsables de tirs mortels, l'ensemble de notre camp social doit faire front pour exiger le retrait de la loi permis de tuer, justice et vérité pour toutes les victimes de violences policières et la fin de l'acharnement judiciaire pour les familles de victimes.

Il est donc urgent de se mobiliser massivement le 20 septembre à l'appel des organisations Stop aux violences d'État (SAVE), le Comité Vérité pour Adama, la Ligue des droits de l'Homme (LDH), le Syndicat de la magistrature (SM), le Syndicat des avocats de France (SAF), Flagrant Déni et Amnesty International France dans la rue à Paris, Marseille, au Havre, à Amiens, Grenoble, Dijon, Nice, et partout où des rassemblements seront organisés !

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