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Budget 2027 : Lecornu veut prendre 6 milliards d'euros dans les poches des retraités

Mon, 14 Sep 2026 22:03:39 CEST

Révolution Permanente

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Le gouvernement Lecornu a remis sur la table l'hypothèse d'une désindexation des retraites sur l'inflation pour réaliser 6 milliards d'économie sur le dos des retraités. Le vote du budget 2027 expose plus que jamais la nécessité de se mobiliser contre l'austérité.

La préparation du budget 2027 suit la même ligne austéritaire que les années précédentes, à ceci près que les contradictions auxquelles le gouvernement fait face ne font que s'aggraver avec le blocus du détroit d'Ormuz, les conséquences de l'été caniculaire, l'inflation et encore le ralentissement de la croissance. Une chose est sûre, le gouvernement entend faire payer la crise aux travailleurs et aux classes populaires pour préserver les intérêts du patronat.

Alors que le projet est attendu pour le 30 septembre, les fuites se multiplient pour prendre la température. Le gouvernement Lecornu veut s'attaquer aux retraités pour réaliser 6 milliards d'économie sur les 30 milliards annoncés au total. Après avoir relancé le débat tout l'été, Lecornu veut donc tenter ce que ses prédécesseurs n'ont pas réussi à accomplir lors des deux budgets précédents.

Le Premier Ministre a ainsi chargé les ministres des comptes publics, du travail et des relations avec le Parlement, de mener des négociations avec les différents groupes parlementaires mais aussi de matraquer dans les médias la « nécessaire réduction du déficit » afin de limiter le débat à la manière de parvenir à cet objectif.

Le ministre des comptes publics David Amiel a ainsi exposé trois hypothèses sur Sud Radio vendredi. La première serait une suppression de l'abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités. La seconde, serait un gel complet des retraites, c'est-à-dire leur désindexation sur l'inflation. Et la troisième serait une combinaison encore floue des deux, avec un éventuel maintien de l'indexation sur les retraites les plus faibles, sans qu'un seuil soit encore fixé. Dans tous ces scénarios, les retraités perdront ces 6 milliards. Seule la méthode est ouverte aux négociations. La troisième option permettrait par exemple d'offrir un vernis sociale pour couvrir le PS dans l'éventualité où il accepte, comme les années précédentes, de voter le budget en se targuant d'épargner les plus précaires : Jérôme Guedj, a déjà annoncé ne pas être opposé à une désindexation des retraites à ce type de conditions.

Cependant, les ministres marchent sur des œufs. Le ministre du travail Jean-Pierre Farandou a ainsi déclaré sur CNews que ce n'était « pas une bonne idée mais peut-être une nécessité ». Il n'hésite pas à prendre les retraités pour des idiots en disant qu'« aucune retraite ne sera réduite l'année prochaine. On parle de combien on réévalue. » Face à l'inflation galopante, le pouvoir d'achat va en effet bien chuter. Le ministre de l'économie, Roland Lescure se surpasse lui aussi dans une interview au Parisien, où le ministre explique qu'« on n'abandonne personne, même si nous ne pouvons pas accompagner tout le monde ». Le « en même temps » macroniste à son paroxysme.

Le ministre de l'économie exclut d'emblée d'augmenter les recettes, pour préserver les intérêts des patrons. S'il n'exclut pas de « toiletter ici ou là des niches fiscales », le message est clair : préserver, autant que le permet la situation, les profits du patronat. Un message martelé par Sébastien Lecornu qui déclarait la semaine dernière dans une « Lettre aux entrepreneurs français » : « Vous pourrez compter sur le Gouvernement pour que, dans cette période difficile, la France continue de choisir ceux qui produisent, investissent et prennent des risques plutôt que de les décourager ».

Le ministre du travail évoque même l'idée d'une « revalorisation des retraites comme les salaires, par une négociation annuelle » sur le modèle des retraites complémentaires. Un modèle qui doit séduire le patronat puisque 14 millions de retraités ont vu leur pension complémentaire gelée depuis le 1er novembre 2025.

Mais le gouvernement est fébrile – alors que le spectre d'une potentielle mobilisation le 17 octobre centrée sur la question du prix des carburants plane à l'horizon.

Il y a dix jours, la fuite d'une possible attaque contre l'épargne salariale avait fait un tollé. Pour désamorcer la situation, Lecornu avait même été jusqu'à procéder à un signalement au procureure de la République accusant les sources des journaux de « déloyauté » et jugeant que ces révélations étaient « contraires aux intérêts de la nation ». La perspective d'un nouveau passage en force se dessine déjà, alors que le ministre de l'économie déclarait : « Choisir entre d'un côté être ministre sans budget, et de l'autre ne plus être ministre avec un budget, il n'y a pas photo ! Je préfère un budget. »

La méthode n'est donc pas certaine et il se pourrait, à la veille des présidentielles, que le gouvernement choisisse de faire marche arrière face au spectre d'un retour de la crise politique ou d'une nouvelle crise sociale. Les objectifs du gouvernement eux n'ont pas changé : faire payer la crise aux travailleurs et régler le problème du déficit en frappant les plus précaires pour préserver les intérêts du patronat qui bénéficie de son côté de centaines de milliards d'aides publiques chaque année. Face aux objectifs anti-ouvriers et ultra-militaristes du gouvernement, qui a déjà prévu d'inscrire une nouvelle augmentation des dépenses militaires dans le budget 2027, il faut construire un grand mouvement de lutte contre l'austérité, le militarisme et les institutions autoritaires de la Ve République qui permettront à Lecornu de passer en force, sans aucune illusion dans le dialogue social et les négociations avec le patronat qui ont légitimé des offensives austéritaires d'ampleur lors des précédents budgets.

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