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Strasbourg : personnels et étudiants appellent à la grève le 15 septembre contre la précarisation à la fac

Sat, 12 Sep 2026 16:59:19 CEST

Révolution Permanente

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Nous relayons le communiqué commun de la CGT CROUS Strasbourg et des organisations étudiantes de l'université de Strasbourg qui appellent à la grève du 15 septembre pour lutter contre la précarisation des CROUS et de l'ESR et pour l'abandon des droits d'inscription différenciés imposés aux étudiants étrangers.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Personnels des CROUS, agents de la Fonction publique et organisations étudiantes unis contre l'austérité et la précarisation des CROUS et de l'enseignement supérieur

À l'heure où le gouvernement prétend faire de la jeunesse et de l'enseignement supérieur une priorité, la réalité vécue par les étudiants comme par les personnels des CROUS est tout autre.

Partout, les mêmes logiques sont à l'œuvre : réduction des dépenses publiques, insuffisance des moyens, dégradation des conditions de travail, précarisation des étudiants.es et des agents, remise en cause de l'accès aux droits et marchandisation progressive de nos missions de services publics envers les étudiants.es.

Les personnels des CROUS en sont directement témoins et victimes. Alors que leurs missions sont essentielles à la réussite des étudiants.es — restauration, logement, accompagnement social, bourses, accueil et vie étudiante — ils doivent faire face à une dégradation continue de leurs conditions de travail : sous-effectifs, intensification du travail, manque de moyens, recours accru à la précarité, ce qui engendre un mal-être au travail (Risque psycho-sociaux - RPS).

Le repas à 1 € pour tous les étudiants.es : une mesure sociale qui ne doit pas se faire sur le dos des personnels

Nous réaffirmons notre attachement au principe d'un accès de toutes et tous les étudiants.es à une restauration universitaire de qualité à un tarif social.

La généralisation du repas à 1 € à l'ensemble des étudiants.es constitue une mesure vitale pour le quotidien des étudiants.es, alors que près de la moitié d'entre elles.eux sautent un repas par jour. Elle ne peut cependant être mise en œuvre au détriment des agents des CROUS.

Le ministère de l'ESR a annoncé une compensation financière de 50 millions d'euros pour accompagner cette généralisation dans les 26 CROUS. Mais les personnels doivent également bénéficier des moyens humains et matériels indispensables à la mise en œuvre de cette mesure.

Un repas à 1 € ne doit pas signifier un travail toujours plus intense, des équipes toujours plus réduites et des conditions de travail toujours plus dégradées.

Nous refusons que la précarité étudiante soit combattue par une précarisation accrue des agents qui font vivre le service public universitaire, nombre de ces agents.es étant eux-mêmes des étudiants.es travaillant à côté de leurs études pour échapper à la précarité !

Étudiants extra-communautaires : refusons une université à plusieurs vitesses

Nous dénonçons également la persistance des droits d'inscription différenciés imposés aux étudiants extra-communautaires.

Pour les formations concernées, ces droits atteignent actuellement environ 2 850 € en licence contre 175 € pour les étudiants communautaires, et 3 879 € en master contre 250 €.

Ces montants instaurent une différence considérable entre les étudiants selon leur nationalité et font peser sur des jeunes, souvent déjà confrontés à d'importantes difficultés financières, en extrême précarité.
Pour nos organisations, l'accès à l'enseignement supérieur public ne doit pas dépendre de la nationalité ou de la capacité à payer plusieurs milliers d'euros de droits d'inscription.

L'université doit rester un service public ouvert à toutes et tous.

Logement étudiant : la suppression des aides pour certains étudiants étrangers est une nouvelle attaque contre l'égalité des droits

Depuis le 1er juillet 2026, les étudiants ressortissants de pays hors UE, EEE et Suisse ne peuvent plus bénéficier des aides personnelles au logement (CAF) lorsqu'ils ne sont pas titulaires d'une bourse sur critères sociaux, sous réserve de plusieurs exceptions prévues par les textes.

Cette mesure intervient alors même que le logement constitue l'une des premières dépenses auxquelles les étudiants.es doivent faire face.

Elle frappe particulièrement durement les étudiants.es internationaux non boursiers et contribue à les placer dans une situation de précarité accrue.

La CGTCROUS Strasbourg refuse que le logement, et l'accès aux études deviennent des variables d'ajustement budgétaire. Nous sommes CONTRE toute augmentation des loyers.

C'est une attaque qui ouvre la voie à une offensive plus large, le dernier rapport ministériel des finances et des affaires sociales proposant la prise en compte des ressources parentales pour l'attribution des aides au logement, s'il est appliqué, 200 000 étudiants.es risquent de perdre leurs APL. Une manœuvre qui démontre bien que les attaques contre les étudiants étrangers préparent toujours la voie à des attaques contre tous.tes.

Derrière les mesures ponctuelles, une même politique d'austérité

Pour les personnels comme pour les étudiants, le constat est le même : les besoins augmentent tandis que les moyens ne suivent pas.

Aujourd'hui, l'université de Strasbourg accueille un nombre croissant d'étudiants.es.

Les CROUS doivent répondre à des besoins sociaux toujours plus importants. Dans le même temps, les personnels sont confrontés à une intensification du travail et à une dégradation de leurs conditions de travail.
Cette évolution devrait conduire à investir massivement dans le service public de l'enseignement supérieur et des œuvres universitaires.

Aussi nous exigeons la réquisition des logements vides parmi les plus de 7800 rien qu'à Strasbourg !

C'est l'inverse qui est trop souvent à l'œuvre : économies, réorganisations, suppressions ou non-remplacements de postes, précarisation et transfert des difficultés sur les personnels et les étudiants.

La CGTCROUS Strasbourg exige un véritable investissement dans le réseau des œuvres et des universités

Face à cette situation, nos organisations de salariés et d'étudiants portent ensemble les revendications suivantes :

Des moyens humains et budgétaires à la hauteur des besoins des CROUS et de l'enseignement supérieur ;
La création des postes nécessaires et la résorption de la précarité des personnels ;
L'amélioration immédiate des conditions de travail et la reconnaissance des métiers et des qualifications des agents des CROUS ;
La pérennisation et le financement intégral du repas à 1 € sans dégradation des conditions de travail ;
Le développement massif d'une restauration universitaire publique, accessible, de qualité et à tarif social ;
La construction et la rénovation de logements étudiants publics en nombre suffisant ;
Le rétablissement d'un accès égal aux aides au logement pour les étudiants, sans discrimination liée à la nationalité ;
L'abandon des droits d'inscription différenciés imposés aux étudiants extra-communautaires ;
Le renforcement des bourses et des aides sociales étudiantes afin de garantir à chaque jeune les moyens de poursuivre ses études dans des conditions dignes ;
Un véritable plan d'investissement pour le service public de l'enseignement supérieur, de la recherche et des œuvres universitaires.

Nos services publics ne sont pas une dépense : ils sont un investissement

Personnels et étudiants.es sont confrontés aux mêmes conséquences d'une politique qui cherche à réduire les dépenses publiques plutôt qu'à répondre aux besoins.

Nous refusons cette mise en concurrence entre les droits sociaux des étudiants.es et les conditions de travail des agents.

Il n'y aura pas de service public de qualité sans personnels correctement rémunérés, suffisamment nombreux et bénéficiant de conditions de travail dignes.

Il n'y aura pas de réussite étudiante sans restauration, logement, aides sociales et services publics accessibles à toutes et tous.

Il n'y aura pas d'égalité dans l'enseignement supérieur si la nationalité détermine le prix à payer pour étudier et accéder aux droits sociaux.

C'est pourquoi la CGTCROUS Strasbourg et les organisations étudiantes signataires appellent à construire une mobilisation commune contre l'austérité, pour la défense et le développement du service public de l'enseignement supérieur et des œuvres universitaires.

MARDI 15 septembre 2026 à partir de 10h30 devant le RU Esplanade.

Des moyens pour les services publics, des droits pour toutes et tous, des conditions de travail dignes.

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