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Val-de-Marne : 500 travailleurs de Keolis en grève contre la reprise de 52 dépôts RATP par le privé

Thu, 10 Sep 2026 17:51:16 CEST

Révolution Permanente

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Ce jeudi 10 septembre, 500 travailleurs de Keolis des sites d'Ivry-sur-Seine, Vitry-sur-Seine et du tramway T9 étaient en grève contre le passage de la RATP à Keolis, et ses conséquences sur les conditions de travail des agents. Un premier jour de grève réussi, qui se poursuit vendredi 11 septembre, et qui montre la voie à suivre contre l'ouverture à la concurrence.

Jeudi 10 septembre, de nombreux agents de Keolis étaient rassemblés dès 4h30 du matin sur les dépôts de bus d'Ivry-sur-Seine, Vitry-sur-Seine et sur le site de maintenance du tramway 9 à Villeneuve-Le-Roi, pour un premier jour de grève appelé par la CGT et l'UNSA. Début août, Keolis a repris 52 lignes de bus et le T9 sur le territoire de Marne et Brie, dans le cadre de l'ouverture à la concurrence des transports parisiens. Les agents de l'ex-RATP se sont mobilisés massivement contre la dégradation de leurs conditions de travail et la répression de la direction. Les syndicats décomptent 75% de grévistes sur la journée de jeudi. En dehors des intérimaires, la quasi-totalité des agents était en grève.

Les travailleurs dénoncent la dégradation généralisée de leurs conditions de travail depuis la reprise par Keolis, comme en témoigne Kamal Ghalmi, représentant syndical CGT des machinistes-receveurs au dépôt d'Ivry : « Il y a une souffrance généralisée chez les contrôleurs, mainteneurs, chauffeurs de bus. Depuis un mois, on se retrouve avec des collègues qui ne peuvent plus concilier vie privée et vie professionnelle car il ne connaisse pas leur service un jour à l'avance. Ils sont censés prendre des bus qui n'existent pas. Ils sont mis sur des lignes qu'ils ne maîtrisent pas, ce qui entraine des écarts entre les bus de 15 à 20 minutes. On est entre 50 et 100 malades par jour. Ça engendre du stress, et les collègues n'en peuvent plus, ils ne savent pas à qui s'adresser ».

Les agents Keolis subissent de plein fouet les conséquences de la privatisation des transports, et alertent des conséquences de sa généralisation : « En novembre, l'ensemble du réseau RATP sera privatisé ou filialisé, avec pour objectif la casse du service public dans son entièreté » explique Alexandre, délégué CGT RATP. « On doit s'organiser et être solidaires » ajoute-t-il.

Les grévistes ont également dénoncé la répression menée par la direction contre les travailleurs, et contre le droit de grève : « À son arrivée, la première chose qu'elle a fait a été d'arracher les tracts syndicaux » explique Kamal Ghalmi. Celle-ci a par ailleurs cherché à empêcher la mobilisation. Alors qu'un préavis de grève avait été déposé, « la direction a publié un communiqué intimidant les grévistes et les menaçant de sanctions ». Malgré cela, les agents se sont mobilisés massivement. « Il y a une tentative de semer le trouble chez les agents » explique le représentant syndical.

La grève se poursuit vendredi 11 septembre. À la suite du mouvement qui avait été enclenché à Fontenay-aux-Roses, après le passage au groupe italien ATM, les agents mobilisés montrent la voie à suivre contre la casse des services publics et la dégradation des conditions de travail qu'elle entraîne. Soyons nombreuses et nombreux ce vendredi dès 4h30, au dépôt d'Ivry-sur-Seine au 125 boulevard Paul Vaillant-Couturier, au dépôt de Vitry-sur-Seine au 149 boulevard de Stalingrad, et à 8h à cette adresse pour les prises de parole.

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