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Alsace : 37°C dans les salles de classe mais la mairie de Cernay préfère repeindre

Thu, 10 Sep 2026 21:16:59 CEST

Révolution Permanente

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À Cernay, près de Mulhouse, la municipalité a décidé de rénover les murs extérieurs de la plus grande école élémentaire de la ville. Pourtant signé entre deux canicules, le chantier ne s'occupera pas de l'isolation mais seulement de la peinture. Un sens des priorités scandaleux alors que les salles de classe deviennent invivables.

À la fin de l'année scolaire dernière, les élèves et les personnels de l'école des Tilleuls de Cernay, en Alsace, ont bien senti passer la canicule. Durant la semaine du 22 au 26 juin 2026, les températures relevées à 7h du matin dépassaient les 30°C dans la plupart des salles, pour rapidement monter à 37°C dès la fin de matinée. Des conditions invivables qui empêcheraient quiconque, surtout les enfants vulnérables, de participer sereinement à l'activité scolaire.

Les mesures d'accueil minimum l'après-midi décidées par les services de l'éducation nationale ont permis à certains élèves favorisés de rester chez eux au frais ou dans des piscines privées. Pour les moins chanceux, l'école restait ouverte pour les accueillir dans une ambiance de sauna.

L'aération des salles de classe pendant la nuit a été proscrite par la mairie, de peur des intrusions par les fenêtres ouvertes (il est bien connu que les salles de classe françaises regorgent d'objets de valeur en tout genre…). La seule possibilité pour tenter de faire descendre le mercure : laisser tourner en permanence l'unique ventilateur de la classe afin de troquer une mince sensation de frais artificiel contre un bourdonnement désagréable, bien réel celui-ci. Le résultat a été sans appel : augmentation des saignements de nez et maux de tête chez de nombreux élèves.

La même semaine en pleine canicule, des échafaudages sont apparus autour des façades. Certains parents interloqués ont naïvement pensé que le bâtiment allait enfin pouvoir bénéficier d'une rénovation de type isolation par l'extérieur. Ils ont vite déchanté en apprenant que les travaux n'allaient concerner que le cosmétique : un peu de décapage et une nouvelle peinture. La belle aubaine !

Alors que la communauté scientifique alerte depuis des décennies sur la nécessité d'adapter les bâtiments face au dérèglement climatique, notamment les canicules qui touchent la France et doivent s'intensifier dans les années à venir, la municipalité cernéenne choisit de dilapider des dotations déjà bien maigres dans du bricolage cosmétique sans intérêt.

Le problème ne se limite évidemment pas à Cernay, et il faut un plan d'urgence pour adapter les établissements publics et les logements aux conséquences déjà invivables du réchauffement climatique. Seule la mobilisation des personnels et des usagers peuvent imposer ces mesures d'urgence. Pendant ce temps le gouvernement belliqueux coupe toujours plus d'argent aux services publics pour financer le réarmement ou les aides aux entreprises.

Un plan d'urgence climatique est une nécessité ouvrière et populaire, et nécessite une action coordonnée du mouvement ouvrier pour imposer une lutte d'ensemble. Alors que le gouvernement prépare un nouveau budget austéritaire pour l'école en 2027, il est essentiel que les travailleur·ses de l'éducation investissent la grève de la fonction publique le 29 septembre, en alliance avec les autres secteurs et les usagers. Nos enfants valent plus que leurs profits !

Crédits photo : Révolution Permanente.

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