Acharnement judiciaire : Ritchy Thibault évacué de son propre procès et jugé sans avocat
Thu, 10 Sep 2026 21:58:28 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalPoursuivi pour des propos contre Macron, le militant Ritchy Thibault s'est servi de la salle d'audience comme tribune politique. Évacué par la police, les juges ont délibéré sans lui, ni avocats, ni journalistes. Une atteinte importante au droit à un procès équitable.

Ce mardi 8 septembre, Ritchy Thibault, ancien Gilet jaune et co-fondateur du média Peuple Révolté, a été évacué de sa propre audience et jugé sans avocat, en huis clos. Il était poursuivi pour « menaces de mort » à l'encontre d'Emmanuel Macron. Au salon de l'Agriculture de 2024, il lui avait lancé, faisant référence à la répression des Gilets Jaunes : « L'éborgneur, n'oublie jamais que nous sommes dans le pays de la Révolution française, le pays qui fait tomber les têtes des monarques ». Ce qui lui avait valu une garde-à-vue de 46 heures.
Depuis, d'autres chefs d'accusation se sont ajoutés. D'abord, appel à la rébellion armée pour avoir appelé à la « libération des derniers territoires de l'empire colonial français » en citant Fanon. Puis outrage et menaces contre la Préfecture de police pour ces propos, en juillet dernier : « Le 14 juillet 1789, la prise de la Bastille n'était pas déclarée ; aujourd'hui, la prise de la préfecture de police ne le sera pas davantage ». Finalement, seule la poursuite pour menaces de mort, déjà renvoyée deux fois, a été à l'ordre du jour, par manque de temps.
Comme le raconte la dessinatrice Ana Pich, dès le début de l'audience, « l'ambiance est tendue, la juge excédée rappelle à l'ordre le prévenu constamment, ainsi que le public, venu en masse ». Le militant utilise la salle d'audience comme une tribune politique, ce qui n'est pas sans déplaire à la juge. Après cinq heures d'audience, celle-ci décide finalement de l'évacuer de la salle, le privant de défense. En signe de protestation, le public et ses avocats le suivent à l'extérieur mais se font violemment bousculer par les policiers. Le procès s'achève donc en huis clos, « sans prévenu, sans avocat, sans témoin, sans public… et sans journaliste », comme le résume Ana Pich.
Par ailleurs, le procès se tenait dans un contexte répressif accentué. Quelques heures plus tôt, Ritchy Thibault sortait de garde-à-vue, après avoir été violemment arrêté par les forces de répression lors d'une marche blanche en hommage à un membre de la communauté des gens du voyage, tué par la police.
Cette privation de droit à un procès équitable témoigne autant de l'hypocrisie de la justice bourgeoise que de l'acharnement répressif de l'État. Ritchy Thibault subit encore une fois le sort réservé par l'État à ceux qui dénoncent son caractère autoritaire et raciste. Il avait déjà été interdit d'accès à l'Assemblée nationale après un rassemblement pour la Palestine en 2024, ou signalé au Parquet de Paris par Laurent Nuñez pour un tweet. Face à un gouvernement qui enchaîne les attaques autoritaires, il faut faire front avec Ritchy Thibault. Nous lui apportons toute notre solidarité.