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Vidéo choc d'un policier RN à Carcassonne : encore une fois, la brutalité raciste de l'institution

Thu, 10 Sep 2026 23:22:07 CEST

Révolution Permanente

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Des images de caméras-piétons ont révélé le discours ultra-réactionnaire d'un policier de Carcassonne, membre du RN. Alors que l'enquête avait été étouffée par la mairie, le RN tente de se distancier pour sauver son image.

Ce mardi 8 septembre, Midi Libre a révélé des images des caméras-piétons de policiers municipaux de Carcassonne datant de novembre 2025. En l'espace d'une patrouille de six heures seulement, César R., chef de brigade, ancien militaire et membre du service d'ordre du Rassemblement National, enchaîne propos racistes, islamophobes, misogynes, transphobes et complotistes sous les rires et l'approbation de ses collègues.

Dans ces extraits, on entend l'agent vociférer : « Ils roulent vites ces bougnoules, hier ils étaient en chameau, aujourd'hui en voiture ». Il exprime également son hostilité envers les « punks à chien », et multiplie les insultes racistes : « bougnoules », « nègres », « bicot », et les personnes d'origine africaine sont traitées de « singes ». Les propos ne s'arrêtent pas là : les agents se moquent à l'idée qu'une femme ait percuté un cerf avec son véhicule, et disent espérer que la victime soit en réalité un « migrant ». Ils comparent un migrant à « Kirikou », ou expliquent qu'« on est devenus chrétiens sous Clovis, on va devenir musulmans sous Macron ».

La misogynie est tout aussi présente. Après avoir traité une passante de « sale pute », le policier municipal expose sa vision rétrograde et patriarcale des rapports de genre : « Le patriarche, c'est celui qui commande à la maison, celui qui bande et qui a les muscles : chez Cro-Magnon ça marchait comme ça, les connasses à l'époque dans les grottes, si elles étaient pas avec leur mec, elles se faisaient buter à l'extérieur. » Le chef de la brigade va jusqu'à justifier la torture perpétrée par les colons en Algérie après avoir visionné une vidéo TikTok. Il dit même attendre un coup d'État mené par un général et l'armée. Un discours fasciste, en somme.

Midi Libre affirme qu'une enquête préliminaire est menée depuis huit mois par les gendarmes sous l'autorité du parquet de Carcassonne. L'affaire avait débuté sous l'ancienne municipalité de Gérard Larrat (divers droite), mais cette dernière avait étouffé l'affaire. Le policier en question et ses collègues n'ont pas été sanctionnés. Le responsable de la brigade, César R. n'avait alors obtenu qu'un arrêt maladie, officiellement en vigueur jusqu'au 16 mars dernier. Pourtant, au même moment, ce dernier assurait encore le service d'ordre de Jordan Bardella lors de son dernier déplacement à Carcassonne.

Il apparaît également proche du maire RN Christophe Barthès après sa victoire, et a réintégré les équipes de nuit peu de temps après son élection, sans difficulté. Le 28 mai dernier, il assistait même Christophe Barthès en tenue de service pour mettre en scène le moment où il virait la CGT d'un local municipal.

Ce facho était bien membre du RN depuis des années, comme en témoignent diverses photographies le montrant aux côtés de Le Pen ou Bardella. Il reprend à son compte les idées défendues non seulement par son parti mais aussi par le gouvernement actuel, notamment la « préférence nationale » et la désignation des étrangers comme boucs émissaires. Il n'est donc pas étonnant que le principal auteur de ces infâmies dans la vidéo soit issu d'un parti fondé par d'anciens Waffen-SS.

Depuis le scandale suscité par les révélations du Midi Libre, le RN a affirmé l'avoir retiré de son service d'ordre. Sa direction a déclaré condamner ses propos avec la « plus grande fermeté ». Dans la perspective de présentabilité de Marine Le Pen, le RN cherche à tout prix à noyer les sorties racistes, misogynes et homophobes de ses militants. Mais cette exclusion ne permet pas de masquer le projet largement raciste et islamophobe du RN. Il y a deux semaines, le RN avait annoncé vouloir interdire le port du voile dans l'espace public et le sanctionner par des amendes.

Cette vidéo ne peut être considérée comme isolée : elles reflète des idées largement partagées au sein de l'institution policière, caractérisée par un racisme systémique. Elles rappellent également les images des caméras-piétons portées par les gendarmes lors de la manifestation de 2023 contre les mégabassines à Sainte-Soline, qui dévoile leur plaisir à s'adonner à des pratiques brutales et interdites. On entendait alors les gendarmes insulter les militants ou vouloir même les tuer.

Tout cela a lieu dans un contexte d'impunité. Le contenu de cette vidéo glace le sang, alors même que l'Assemblée nationale a adopté, le 7 juillet 2026, une loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre dans l'exercice de leurs fonctions. Ainsi, le gouvernement et Nunez sont en train d'offrir un véritable permis de tuer à ces mêmes agents. Il y a urgence à s'opposer à l'escalade de l'offensive répressive, exiger le retrait total de ce permis de tuer et combattre ces idées xénophobes et réactionnaires qui se propagent dans la société. Contre la loi « permis de tuer », soyons nombreux dans la rue le 20 septembre !

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