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Face à l'austérité et à l'arnaque de Nuñez, les pompiers entament une grève reconductible

Wed, 09 Sep 2026 19:42:15 CEST

Révolution Permanente

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Après des incendies estivaux historiques, le gouvernement a présenté son projet de loi aux syndicats des sapeurs-pompiers, espérant calmer la colère. Une coquille vide qui ne rompt pas avec son projet austéritaire, contre lequel les pompiers ont déposé un préavis de grève sur six semaines.

Après un été marqué par des incendies meurtriers ayant ravagé certains départements comme la Gironde, ce mardi 8 septembre débute une grève appelée jusqu'au 20 octobre par neuf syndicats de travailleurs des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS), auxquels sont rattachés les sapeurs-pompiers.

Le lancement de cette mobilisation intervient le jour où les grandes lignes d'un projet de loi pour moderniser le système de sécurité civile ont été présentées aux organisations syndicales par le Ministre de l'Intérieur. Celui-ci fait suite au « Beauvau de la sécurité civile », une concertation lancée en 2024 avec les pompiers, le Samu, les collectivités qui financent les services de secours et d'autres professionnels du secteur. Deux ans et après de multiples pérégrinations gouvernementales, Laurent Nuñez avait donné rendez-vous aux syndicats à la rentrée 2026, en espérant calmer la colère des pompiers avec son projet de loi de modernisation de la Sécurité civile. Avec pour seul objectif de dissimuler la casse d'un système de secours fracassé par l'austérité et le néolibéralisme, la présentation a finalement accouché d'une souris.

Julien Marion, le directeur général de la sécurité civile, a rencontré ainsi les grévistes ce mardi matin et a rejeté leurs demandes de revalorisation des primes, comme la prime de feu, ainsi que toute reconnaissance effective de la pénibilité pour les retraites. Présent, Laurent Guilloteau, porte-parole CGT SDIS 13, déplore : « Cela correspond aux discours de la période estivale qui laissaient transparaître que tout allait bien alors qu'on était en pleine crise », rapporte Ici Provence. Alors que les pompiers demandent le recrutement de sapeurs-pompiers professionnels et l'injection de davantage de moyens financiers, le ministre de l'Intérieur leur promet l'introduction de « journées nationales de résilience ».

Stéphane Lessire, pompier et porte-parole SUD-SDIS national, résume la situation : « Le gouvernement dit que c'est aux collectivités de donner plus, mais il leur demande 12 milliards d'économie. Où est-ce qu'on trouve l'argent ? Au pied d'un chêne ? » Comme l'explique Xavier Boy, de la Fédération Autonome des Sapeurs Pompiers (FA-SPP-PATS), le projet de loi présenté est un « texte d'affichage », en somme un nouveau coup de com' du gouvernement, le temps que la colère générée par un été sans précédent s'estompe.

Le gouvernement continue ainsi dans sa gestion criminelle de la crise climatique, tout en préparant dans le même temps un budget 2027 ultra-austéritaire de plus de 30 milliards de coupes, dont 6 à 7 milliards pour les seules collectivités territoriales, qui sont chargées de subventionner les recrutements de pompiers professionnels. Ainsi, quand les pompiers réclament davantage d'embauches, de camions et de moyens aériens pour lutter contre les incendies, le gouvernement leur propose ainsi de recruter « deux directeurs adjoints supplémentaires » dans les départements les plus en souffrance. Un crachat au visage de tous les pompiers, professionnels comme volontaires, mais aussi de l'ensemble de la population frappée par les conséquences du réchauffement climatique.

Le gouvernement qui, cet été, saluait les pompiers et les qualifiait de « héros », n'a à nouveau rien à proposer, alors que quatre d'entre eux sont décédés dans les incendies et que plusieurs centaines ont été blessés. Des morts en partie provoquées par la vétusté des équipements dont disposent les secours. Dans certains SDIS, les pompiers interviennent encore avec des cagoules classiques, qui ne filtrent pas les fumées, et disposent de mille camions de feux de forêt de moins qu'il y a quinze ans, alors que la fréquence et l'intensité des incendies n'ont fait qu'augmenter. L'intersyndicale exige également l'ouverture de 21 000 postes supplémentaires de sapeurs-pompiers professionnels, notamment pour des fonctions de dronistes.

Alors que la journée de grève du 13 août a atteint un taux de participation allant jusqu'à 80 % dans certains départements, comme en Haute-Garonne, certains sapeurs-pompiers organisent des points fixes pour discuter avec les habitants et préparer la mobilisation, comme ce lundi 7 septembre au Mans. La grève actuellement entamée doit aller en se renforçant, avec des mobilisations très attendues les journées du 27, 28 et 29 septembre.
Les revendications pour des recrutements massifs, une meilleure reconnaissance de la pénibilité et davantage de moyens matériels ne concernent pas seulement les sapeurs-pompiers : elles rejoignent celles de l'ensemble des travailleurs des services publics confrontés aux politiques d'austérité. La participation annoncée des pompiers à la mobilisation du 29 septembre peut donc constituer un point d'appui pour construire un rapport de force plus large. Seule une mobilisation collective et durable des travailleurs pourra imposer les moyens nécessaires aux services de secours et remettre en cause les choix budgétaires du gouvernement.

Crédit photo : capture d'écran M6

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