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Catalogne : la grève historique de l'éducation reprend avec la rentrée et s'étend dans le pays

Wed, 09 Sep 2026 14:11:30 CEST

Révolution Permanente

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En Catalogne, les travailleurs de l'éducation ont voté massivement pour reprendre dès la rentrée scolaire la mobilisation qui était née au printemps dernier. À Madrid, les éducatrices de la petite enfance occupent la Puerta del Sol, et pourraient être rejoint par d'autres secteurs des travailleurs de l'éducation.

Dans l'ensemble de l'État espagnol, la rentrée scolaire se déroule dans un contexte de forte mobilisation, portée par une importante auto-organisation des travailleuses et travailleurs de l'éducation. De la Catalogne à la Galice, en passant par Valence, la Navarre et Madrid, les travailleuses et travailleurs de l'éducation se mobilisent contre la précarité, le manque de moyens et la dégradation des conditions de travail. Les grèves dans la petite enfance, les mobilisations historiques en Catalogne et au País Valencià et les nouvelles grèves annoncées à Madrid témoignent d'un mécontentement qui touche l'ensemble du secteur et prend une ampleur nationale.

Cette mobilisation s'inscrit dans la continuité des importantes journées de grève menées depuis le début de l'année. En Catalogne, les journées de février et mars avaient rassemblé 85 % de grévistes, avec 100 000 personnes dans la rue lors de chacune des deux journées. En mai, un nouveau calendrier de 17 journées de grève et de mobilisation a été lancé, tandis que le mouvement a commencé à trouver des échos dans d'autres territoires de l'État, notamment au País Valencià, en Aragon et à Madrid.

En Catalogne, les travailleuses et travailleurs de l'éducation votent pour continuer la lutte

La mobilisation catalane repose sur un puissant processus d'auto-organisation des travailleurs et travailleuses, avec un rôle central des assemblées. Depuis le début du mouvement, les décisions sur la poursuite de la lutte et les modalités de mobilisation sont discutées dans les assemblées, qui constituent un outil central pour maintenir la pression malgré les tentatives de mettre fin au conflit.
Le rejet d'un accord jugé insuffisant a permis de maintenir le conflit et d'ouvrir une nouvelle étape de lutte, au point que le gouvernement catalan a été contraint, pour la première fois, d'intégrer deux représentantes de l'Assemblea Educativa de Catalunya à la table de négociation.

La première journée de grève de l'année scolaire 2026-2027 a commencé avec des blocages de routes dans l'aire métropolitaine de Barcelone, le Maresme, le Vallès, le Camp de Tarragona, les Terres de l'Ebre et les voies du train à grande vitesse à Lleida. Environ 5 000 travailleuses de l'éducation ont rempli le centre de Barcelone, et des centaines se sont mobilisées à Girona, Tarragona, Manresa et Sabadell. La journée s'est terminée par des grandes assemblées dont la réponse a été unanime : la mobilisation doit continuer.

Des rassemblements des premières heures jusqu'à la manifestation principale de Barcelone – menée par la banderole « Contre la crise de l'éducation, nous serons dans la rue », le mouvement a de nouveau démontré sa capacité de mobilisation.

Cynthia, porte-parole de l'Assemblea Educativa de Catalunya et militante au CRT, organisation sœur de Révolution Permanente, a expliqué pourquoi cette rentrée ne pouvait pas se dérouler comme si de rien n'était : « Nous ne pouvons pas commencer une année scolaire normalement parce alors que nos vies dans les salles de classe restent les mêmes. Nous continuons avec des classes surchargées, de nouveaux élèves dont on ne peut s'occuper faute d'enseignants, et nous continuons à faire fonctionner les sorties et les cantines grâce à un réseau de travailleuses totalement précarisées parce qu'elles sont embauchées par des entreprises privées dans des centres publics. »

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Au-delà du manque de moyens, Cynthia fait également référence à la question de la démocratie dans les établissements, une revendication présente depuis le premier jour : « Nous ne voulons pas que cela se passe comme dans le País Valencià, où ils envoient pratiquement des policiers pour contrôler les contenus. »

Verónica, professeure de secondaire et aussi militante au CRT, ajoute : « Le ministère a reconnu qu'il avait peur de ces grèves, et encore plus des assemblées et de l'auto-organisation. Et malgré tout, il n'a absolument rien bougé. Ensuite, Illa et Niubó parlent du droit à l'éducation : dans ces conditions, les élèves n'ont pas une éducation de qualité. Nous avons des températures de plus de 30 degrés dans les salles de classe, les heures des accompagnateurs ont été réduites, nous avons des élèves avec beaucoup de besoins qui ne sont pas correctement pris en charge. »

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Cette mobilisation catalane s'inscrit dans un mouvement plus large qui traverse aujourd'hui différents secteurs de l'éducation dans l'ensemble de l'État espagnol. Les mêmes questions de précarité, de manque de moyens, d'externalisation et de dégradation des conditions de travail apparaissent notamment dans le secteur de la petite enfance.

À Madrid, les éducatrices infantiles occupent la Puerta del Sol et appellent à unir les luttes

La Plataforma Laboral de Escuelas Infantiles (PLEI) et la CGT occupent nuit et jour la Puerta del Sol, depuis le 7 septembre et jusqu'au 10, pour exiger que la Consejería de Educación et la mairie de Madrid ouvrent des tables de négociation et assument les améliorations salariales dans les cahiers des charges des marchés publics. La mobilisation coïncide avec le début de l'année scolaire du premier cycle de l'éducation infantile et viendra s'ajouter à la grève illimitée que toute l'éducation publique madrilène commencera le 14 octobre.

Face à une convention collective étatique minimale que les organisations patronales refusent d'améliorer sans davantage de financement public, les éducatrices concentrent leur exigence sur un point très concret : que les administrations régionales et municipales introduisent directement les augmentations salariales dans les cahiers des charges des marchés publics des écoles infantiles.

Les éducatrices, qui sont en grève illimitée depuis le 7 avril, cherchent à maximiser l'impact de leur dénonciation auprès de l'opinion publique et à forcer une réponse que la Communauté d'Ayuso et la mairie d'Almeida esquivent depuis cinq mois.

Une grève de toute l'éducation publique madrilène le 14 octobre

Le 14 octobre commencera une grève illimitée convoquée par plusieurs syndicats. Elle devrait impacter le quotidien de 1,25 million d'élèves, des écoles infantiles jusqu'à la Formation professionnelle.

Elle revendique la baisse du nombre d'élèves par enseignant, la réduction des heures d'enseignement, une augmentation salariale de 600 euros mensuels et la fin du modèle actuel de bilinguisme, entre autres mesures.

Ces dates parallèles sont une grande opportunité pour une potentielle unification de ces différents secteurs éducatifs, ce qui constitue jusqu'à présent l'une des grandes limites de l'appel d'octobre.

La grève des travailleurs de la petite enfance porte depuis cinq mois, seule, une lutte qui est au fond la même que celle qui traverse toute l'éducation publique madrilène : contre l'austérité budgétaire, la précarisation des équipes et le mépris institutionnel envers celles et ceux qui font fonctionner le système éducatif.

La suite du mouvement dépendra de la capacité des secteurs mobilisés à dépasser les dates isolées semaine après semaine pour construire depuis les assemblées de base une grève éducative unitaire capable de réellement paralyser tout le système.

Étendre la lutte aux universités et unir les secteurs

La jeunesse universitaire, qui était déjà aux côtés du mouvement éducatif tout au long du cycle de grèves de l'année scolaire passée, a de nouveau été présente aujourd'hui. Pablo, porte-parole de Contracorrent, l'a dit clairement : « Nous devons étendre cette lutte aux universités, parce que ce sont nos conditions d'apprentissage et que ce seront nos futures conditions de travail. Le gouvernement central a engagé 50 milliards d'euros pour les budgets militaires. Nous le disons clairement : nous défendons l'enseignement et nous faisons tomber le réarmement. »

Les mobilisations qui traversent aujourd'hui l'éducation dans l'État espagnol montrent la force de l'auto-organisation. L'enjeu des prochaines mobilisations sera donc de poursuivre cette méthode, partir des assemblées, faire participer l'ensemble des secteurs de l'éducation et que les travailleuses et travailleurs décident collectivement des revendications et des suites de la lutte. La dynamique engagée en Catalogne, comme les conflits qui se développent à Madrid et dans les autres territoires, montre que la mobilisation peut imposer un rapport de force réel lorsque les travailleurs s'organisent par en bas.

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