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Répression : quatre enseignants syndicalistes suspendus après avoir dénoncé le manque de moyens

Wed, 09 Sep 2026 14:18:10 CEST

Révolution Permanente

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A Aix-Marseille, sept personnels de l'éducation syndicalistes ont été réprimés après avoir dénoncé le manque de moyens et les conditions d'accueil des élèves, à coups de suspensions, d'enquêtes administratives et de non-renouvellements. Une nouvelle offensive contre les militants combatifs, quelques mois après la forte mobilisation marseillaise du printemps dernier.

C'est sous le signe de la répression que se passe la rentrée scolaire dans les Bouches-du-Rhône. Le 31 août 2026, soit à la veille de la rentrée, trois enseignant.e.s syndiqué.e.s de l'école de la Tourtelle à Aubagne, ont été convoqués pour un entretien préalable à sanction à la suite duquel, une enquête administrative a été lancée et les enseignant.e.s en question suspendu.e.s à titre conservatoire pour une durée de quatre mois. Quatre autres travailleur.euse.s de l'éducation de l'académie d'Aix-Marseille, militant.e.s syndicaux également, ont également été convoqué.e.s puis suspendu.e.s à titre conservatoire, et deux agents administratifs en CDD qui animaient une section CGT à l'école Jean Zay de la Ciotat n'ont pas été renouvelés sous prétexte de « réorganisation du service ». Celles-ci sont justifiées par des motifs anti-syndicaux scandaleux, tels que des absences liées à un mandat syndical qui, selon le rectorat, romprait le climat de confiance entre l'école et la famille. En plus d'être des militant.e.s syndicaux, ces travailleur.euse.s de l'éducation ont tou.te.s participé.e.s au cours des derniers mois ou des dernières années à la dénonciation des conditions dégradées de travail et/ou d'accueil des élèves dans leurs établissements.

Depuis plusieurs années les enseignant.e.s de l'école de la Tourtelle ont à plusieurs reprises pointé l'état de délabrement de leur établissement et la dégradation des conditions de travail. Dans cette école, comme dans beaucoup d'autres en France, faute de moyens adéquats, l'alarme incendie dysfonctionne, il y fait fréquemment 10° l'hiver et 35° au printemps, les élèves en situation de handicap manquent d'accompagnement sur le temps du repas… les privant ainsi de cantine, et de nombreuses absences ne sont pas remplacées épuisant ainsi les travailleur.euse.s. De même, à l'école Jean-Zay de La Ciotat au sein de laquelle, management autoritaire, manque de considération pour les personnels les plus précaires, et tâches hors fiche de poste se côtoient.

Ces enquêtes administratives et ces suspensions à titre conservatoire visant des militant.e.s syndicaux dénonçant leurs conditions de travail et les conditions d'accueil des élèves ne sont pas une première pour l'administration. Elles s'inscrivent dans la vague de répression plus large de ces dernières années visant les travailleur.euse.s. de l'éducation mobilisé.e.s. En effet, depuis 2022, les rectorats ne cessent d'agiter ce type de mesures, enquêtes administratives, suspensions, et mutations forcées sous couvert « d'intérêt du service », face aux travailleur.euse.s de l'éducation se mobilisant contre la casse du service public de l'éducation, le racisme ou les violences sexistes et sexuelles comme nous le montrent les cas, des six enseignants de l'école Louis Pasteur à Saint-Denis, des deux enseignants du collège François Mitterrand à Noisy-le-Grand, ou plus récemment de deux syndicalistes du lycée Maurice Utrillo à Stains. L'objectif de ces attaques est clair, faire taire toute forme de contestation et mettre au pas les travailleur.euse.s de l'éducation.

L'ampleur de cette offensive témoigne de la crainte de l'institution d'un retour des mobilisations des travailleurs de l'éducation et de la jeunesse ainsi que du renforcement de la logique répressive de l'institution scolaire, dont le ministre Édouard Geffray a dit vouloir « réaffirmer l'autorité » dans sa circulaire de rentrée. Ces mobilisations avaient été importantes dans les Bouches-du-Rhône en début d'année à la suite des 4000 suppressions de postes passées en force dans le dernier budget, puis actées sur le terrain par des Dotations d'Heure Globale (DHG) très douloureuses pour les enseignants et les élèves qui voient le nombre d'élève par classe grimper toujours plus, et de nombreux lycéens avaient alors subit la répression de la police et de l'institution par des gardes à vue et des sanctions disciplinaires.

Dans le même sens, Le café pédagogique dénonce une toute nouvelle fiche diffusée par le rectorat de l'académie d'Aix-Marseille visant à museler la parole des enseignants, en leur exigeant de renvoyer au service de communication du rectorat à la moindre sollicitation par un journaliste et en interdisant purement et simplement de donner son avis personnel. Après avoir déjà fait valoir le soi-disant « devoir de réserve », l'éducation nationale va plus loin encore en cherchant à interdire toute liberté d'expression à ses personnels.

Si l'Académie d'Aix-Marseille veut systématiser cette interdiction par un saut répressif brutal suite à la forte mobilisation du printemps dernier, de telles pratiques se généralisent ailleurs également. Dans une ville du 92 par exemple, les professeurs des écoles remplaçants non affectés le jour de la rentrée, titulaires comme contractuels, ont également subi une mise en garde concernant l'usage des réseaux sociaux lors d'une réunion, durant laquelle l'institution a avancé un soi-disant « principe de neutralité » destiné à intimider notamment des collègues précaires.

Face à ce saut répressif qui s'attaque à la possibilité même de dénoncer les conditions de travail des personnels et d'étude des élèves, il y a urgence à constituer un large front pour s'y opposer et pour obtenir l'abandon de toute répression. Cela exige que les directions syndicales se saisissent de chaque cas nationalement pour construire la solidarité la plus large possible.

Face à la répression, personnels et élèves disposent de leurs propres méthodes de lutte et peuvent faire reculer l'institution à condition de construire un véritable rapport de force. Ce fut notamment le cas à l'école Nanteuil de Montreuil lorsqu'après la reprise par le ministre Édouard Geffray d'une fake news de l'extrême droite et l'ouverture d'une enquête administrative, la mobilisation importante des personnels et des parents d'élèves avaient permis de faire faire reculer l'institution. Alors qu'à l'école de la Tourtelle, les parents s'étaient déjà mobilisés en avril pour exiger l'arrivée d'enseignants remplaçants, une mobilisation commune des personnels et des parents autour de l'exigence de la fin des enquêtes et du retrait des sanctions peut permettre de mettre fin à la répression et de repartir à l'offensive. Plus généralement, ce tournant répressif nécessite une réponse large, afin de ne pas isoler les différents cas de répression, mais de montrer à l'inverse leur caractère systématique et y opposer un rapport de force conséquent afin d'obtenir leur réintégration immédiate et l'abandon de toute procédure.

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