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Chambéry : nuit de révolte au Biollay après la mort d'un jeune de 27 ans

Wed, 09 Sep 2026 14:53:49 CEST

Révolution Permanente

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Lundi soir, un jeune de 27 ans est retrouvé blessé par balle lors d'un contrôle de police au Biollay à Chambéry. Il meurt mardi à l'hôpital. Un drame suite auquel une révolte a éclaté dans le quartier, faisant face à une répression violente.

Lundi, le quartier du Biollay à Chambéry a connu une nuit de révolte. Une colère qui a explosé après un drame survenu le 7 septembre vers 19h45. D'après le récit du procureur de la République de Chambéry, Xavier Sicot, alors que des policiers tentaient d'interpeller un automobiliste, ils auraient trouvé ce dernier dans une mare de sang à l'intérieur de sa voiture dans le quartier du Biollay. Le jeune homme mourra à l'hôpital de Chambéry le lendemain.

Un drame dont le récit officiel est remis en cause par une partie des habitants, bien que les circonstances restent à ce stade floues. Pour certains, que nous avons rencontrés, cette mort renvoie à de trop nombreuses scènes de contrôles musclés, d'interpellations violentes et d'humiliations quotidiennes. Mais aussi à d'autres drames locaux. En 2019, toujours à Chambéry, un homme est mort d'une crise cardiaque à la suite d'une interpellation violente lors de l'expulsion de son logement. Quoi qu'il en soit, nous apportons toutes nos condoléances à la famille de la victime et nous nous joignons à la demande de vérité et de justice portée par les habitants du Biollay.

Dans ce contexte, une nuit de révolte a eu lieu dans le quartier ce lundi. Une colère face à laquelle les forces de police ont été massivement déployées. Des témoignages recueillis sur place font état de personnes frappées violemment, certaines blessées au visage. Mardi soir, après l'annonce du décès, le quartier a été encerclé par des brigades de police et des patrouilles. À partir de 20h, il était presque impossible de sortir sans risquer un contrôle, une interpellation, voire des violences.

Face aux révoltes : refuser la surenchère sécuritaire et répressive !

Dès mardi, la presse locale et nationale ainsi que plusieurs élus se sont emparés de l'affaire, en déployant un discours de surenchère sécuritaire désormais bien rodé. Ce mercredi matin, au micro d'ICI Pays de Savoie, Thierry Repentin, maire de Chambéry a surtout insisté sur les dégâts causés par les émeutes, disant en vouloir à celles et ceux qui, « sur les réseaux sociaux, enflamment la situation ». Il qualifie la situation de « déferlement de haine » et interpelle vivement le ministre délégué à l'Intérieur, Laurent Nuñez, pour réclamer « plus de moyens policiers » à Chambéry.

La préfète a renchéri en évoquant le caractère « inacceptable » des dégradations. Ce discours permet de balayer les raisons de la colère, la récurrence des violences policières, effacer l'origine sociale de la révolte, et criminaliser les jeunes de quartier qui se soulèvent contre leur condition. Dans le même temps, mairie, préfecture et une grande partie des médias passent sous silence la répression qui a suivie. Ce alors que la soirée de lundi et la nuit ont été très violentes, comme l'ont témoigné les habitants.

Même si les circonstances exactes de cette mort restent floues, et qu'il faut exiger la vérité et la justice, une chose est sûre : la colère qui s'exprime s'enracine dans la réalité de la répression policière quotidienne. Dans un contexte de surenchère sécuritaire et raciste visant les habitants des quartiers populaires dans le cadre de la campagne présidentielle, à l'image du projet de Retailleau de militariser les quartiers, cette colère est légitime. Il faut refuser la campagne en cours et porter haut et fort des revendications pour en finir avec les violences policières et le racisme d'Etat. Sur ce plan, alors que le 19 septembre à 17h, on manifestera à Chambéry contre la loi « permis de tuer » et contre la criminalisation des quartiers populaires, il faudra être nombreux dans la rue !

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