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Le bac ne suffira plus : un rapport sénatorial veut remettre en cause l'accès automatique à la fac

Wed, 09 Sep 2026 18:40:35 CEST

Révolution Permanente

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Un rapport sénatorial publié ce mercredi propose de faire du bac une simple « condition » d'accès à l'université et d'augmenter les frais d'inscription, ouvrant la voie à une sélection généralisée. Une nouvelle offensive des classes dominantes contre l'accès aux études.

« Nous allons lever le tabou de la sélection à l'entrée en licence. » C'est en ces termes que la sénatrice Les Républicains Laurence Garnier, proche de Bruno Retailleau, a résumé ce mercredi les conclusions du rapport de la commission d'enquête sénatoriale sur l'excellence académique. Sa préconisation phare : que l'obtention du baccalauréat cesse d'ouvrir un droit à la poursuite d'études, pour devenir une simple « possibilité reposant sur l'examen des capacités et du projet de chaque bachelier ». Autrement dit, faire sauter ce que le rapport lui-même appelle un « verrou » légal, celui qui reconnaît aujourd'hui le bac comme le « premier grade de l'enseignement supérieur », pour permettre aux universités de choisir elles-mêmes le nombre d'étudiants qu'elles accueillent et d'« écarter les candidatures ne correspondant manifestement pas aux prérequis ». Une nouvelle provocation, qui dans la lignée du décret de généralisation de Bienvenue en France, démontre la volonté des classes dominantes d'en finir avec l'université publique.

Un rapport qui généralise la logique de tri

Le rapport compte aller plus loin. Il préconise d'appliquer les mêmes principes à l'entrée en master, dont le « caractère sélectif » devrait être « plus clairement » affirmé. Ils recommandent également de revaloriser financièrement le doctorat, dans une logique qui consiste à concentrer les moyens sur une poignée de filières et de profils jugés « excellents », au détriment de la majorité des étudiants.

Sans surprise, les auteurs du rapport reprennent, dans la continuité du Medef l'idée de généraliser l'augmentation des frais d'inscriptions à l'ensemble des étudiants. Le rapport propose de porter les droits pour les étudiants français et européens à 900 euros en licence et 1 300 euros en master, contre 178 et 255 euros aujourd'hui, reprenant presque mot pour mot les préconisations d'un rapport remis en juin dernier au gouvernement par deux hauts fonctionnaires, qui visait déjà à porter la part des frais d'inscription dans les ressources universitaires de 3% à 10%. Les sénateurs y ajoutent l'argument éculé de la « quasi-gratuité » des études, jugée porteuse d'un « signal défavorable », comme si le problème du financement des universités venait du fait que les études n'y coûtent pas encore assez cher aux familles populaires.

Un rapport dans la lignée de Bienvenue en France pour attaquer l'accès à l'université publique

Ce rapport ne fait que prolonger une offensive déjà largement engagée. Dès octobre 2025, un premier rapport avait proposé de porter les frais d'inscription différenciés pour les étudiants extra-européens jusqu'à 2 850 euros, une préconisation reprise et durcie quelques mois plus tard par la généralisation du décret Bienvenue en France, qui a fixé ces mêmes droits à près de 2 900 euros en licence et plus de 3 900 euros en master dès la rentrée 2026. Le nouveau rapport sénatorial s'inscrit dans la droite ligne de cette séquence : il prône lui aussi la majoration « systématique » des droits d'inscription pour les étudiants non-européens, tout en durcissant les contrôles sur leur niveau de français et de ressources, exigé désormais à 860 euros par mois.

Mais ce que confirme ce nouveau rapport, c'est que l'attaque visant en premier lieu les étudiants étrangers est une première étape. Loin de se limiter aux populations déjà les plus précarisées, la logique de fermeture de l'université publique s'étend méthodiquement à l'ensemble des étudiants, quelle que soit leur nationalité. Chaque rapport enfonce un peu plus le même clou, dans une escalade assumée qui vise à transformer l'université publique en un espace réservé à celles et ceux qui pourront payer ou correspondre aux critères de sélection fixés par les établissements eux-mêmes.

Une offensive de classe contre l'ensemble des classes populaires

Cette accumulation de rapports n'a rien d'un hasard de calendrier. Elle dessine les contours d'une réforme plus profonde, que les classes dominantes cherchent à faire accepter par étapes, en commençant par les publics les plus faciles à stigmatiser, les étudiants étrangers aujourd'hui, avant de s'attaquer frontalement, demain, au principe même d'un droit universel à la poursuite d'études. Le rapport sénatorial complète d'ailleurs ce dispositif sur un volet répressif par l'instauration d'un « principe de réserve institutionnelle des universités » : un outil de musellement politique présenté comme un rempart contre les « dérives militantes » d'une « petite minorité », en réalité contre le mouvement étudiant et l'ensemble des mobilisations qui ont pu se développer sur les campus.

Face à cette offensive, portée conjointement par le patronat et ses premiers représentants à l'échelle politique, il est urgent pour le mouvement étudiant de s'organiser et de riposter. La bataille contre Bienvenue en France doit être l'occasion d'imposer une défaite aux classes dominantes dans leur projet de casse de l'université publique, et cela en défendant une université réellement ouverte à toutes et tous. C'est dans ce sens que Le Poing Levé à lancé un appel pour construire un réseau de comité d'action contre cette loi et afin de mettre sur pied une mobilisation plus large contre le projet d'université porté par le gouvernement.

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