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Colombie, Équateur, Pérou : Marco Rubio en tournée pour renforcer l'offensive de Washington

Wed, 09 Sep 2026 19:02:04 CEST

Révolution Permanente

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La tournée du secrétaire d'État américain a débuté ce mardi par une rencontre à Barranquilla avec le président d'extrême-droite colombien Abelardo De la Espriella. La sécurité, le trafic de drogue, la militarisation, les minerais stratégiques et le commerce figuraient à l'ordre du jour, ce qui confirme la subordination croissante de ces gouvernements aux intérêts de Washington. Après la Colombie, Rubio se rendra en Équateur et au Pérou.

Cet article est paru le mardi 8 septembre dans les colonnes de Izquierda Diario Venezuela, journal frère de RP au Vénézuela.

Marco Rubio a entamé ce mardi 8 septembre une nouvelle tournée en Amérique latine qui le mène en Colombie, en Équateur et au Pérou. Cette tournée du secrétaire d'État de Donald Trump intervient à un moment où Washington intensifie son offensive pour rétablir sa domination sur la région, en ralliant les gouvernements de droite et d'extrême droite autour d'un programme commun axé sur la sécurité, la militarisation, le contrôle des frontières et une prétendue lutte contre le trafic de drogue, qui vise également à freiner la pénétration économique et politique de la Chine.

Le discours officiel de Washington reste axé sur la lutte contre le trafic de drogue et le crime organisé. Mais cela fait des décennies que les États-Unis utilisent cette soi-disant « guerre contre la drogue » comme un moyen d'étendre leur présence militaire et politique sur notre continent. Ce qui est nouveau aujourd'hui, c'est l'ampleur et la rapidité de cette offensive.

Trump poursuit sa « doctrine Monroe » revisitée, selon laquelle l'Amérique latine doit à nouveau être considérée comme un espace stratégique réservé aux États-Unis. Le « Bouclier des Amériques », conçu sur le plan politique par Rubio et soutenu par le Pentagone, s'inscrit dans cette stratégie. La réunion qui s'est tenue le 28 août dernier à San Lorenzo, dans le nord de l'Équateur, n'était qu'un chapitre d'une politique bien plus vaste : les États-Unis cherchent à réorganiser militairement et politiquement l'hémisphère sous leur commandement.

La Colombie comme place forte de Washington

La première étape a été la Colombie. À Barranquilla, Marco Rubio a rencontré Abelardo De la Espriella, à peine un mois après son arrivée au gouvernement. Le lieu choisi n'est pas anodin non plus : la rencontre a eu lieu au « Batallón Paraíso », transformé par le chef de l'État colombien en résidence présidentielle secondaire. L'image des deux dirigeants, entourés de militaires, résume assez bien la nature de la nouvelle relation que Washington entend établir avec Bogotá.

Le président colombien a proposé de faire de la Colombie le « principal partenaire des États-Unis en matière de sécurité en Amérique du sud » et a déclaré que l'un de ses objectifs était de « protéger le continent », tout en présentant son « Plan Patriota Siglo XXI », une référence évidente au « Plan Colombia » de la fin des années 90, qui prévoit la modernisation des capacités militaires colombiennes grâce à des radars, des drones, des services de renseignement et d'autres équipements.

La Colombie a déjà rejoint le « Bouclier des Amériques », cette coalition lancée par Trump sous prétexte de lutter contre les cartels et le « narcoterrorisme ». Cela ne se fait pas sans raison. Il y a quelques jours à peine, le chef du Commandement Sud des États-Unis, Francis L. Donovan, s'est rendu en Colombie, où il a visité Tumaco et rencontré les hauts responsables militaires. Les discussions ont porté sur l'installation ou le déplacement de radars destinés à surveiller le Pacifique, la remise en état de la flotte aérienne colombienne et le renforcement des opérations de renseignement.

Le gouvernement de De la Espriella semble déterminé à faire de la Colombie l'une des principales places fortes de Washington en Amérique du Sud. Non seulement en raison de sa situation géographique — avec un accès à la mer des Caraïbes et au Pacifique, et des frontières avec le Venezuela et l'Équateur —, mais aussi en raison de son rôle historique en tant que principal allié militaire des États-Unis dans la région. La nouvelle administration colombienne a par ailleurs autorisé la conduite d'opérations militaires conjointes avec les États-Unis contre le trafic de drogue sur le territoire colombien.

L'Équateur et le Pérou, l'extension de l'impérialisme vers le Pacifique

La deuxième étape de Rubio sera l'Équateur, où il rencontrera Daniel Noboa. L'Équateur constitue l'un des laboratoires les plus avancés de la politique de Washington. Le gouvernement de Noboa a depuis longtemps fait de la « guerre contre le trafic de drogue » un prétexte pour une militarisation permanente. À cela s'ajoutent la présence active des forces américaines et l'intégration de l'Équateur au dispositif du Bouclier des Amériques. Nous assistons à une militarisation qui s'étend parallèlement à l'intensification de la répression contre les communautés autochtones, les paysans et les travailleurs.

La tournée s'achèvera au Pérou, où Rubio rencontrera la présidente Keiko Fujimori, qui a pris ses fonctions le 28 juillet. Washington a déjà annoncé qu'il souhaitait intégrer pleinement le Pérou à ce réseau régional. Le pays joue un rôle important dans la lutte pour le Pacifique et bénéficie d'une forte présence d'investissements chinois. Le Pérou rejoint ainsi un réseau croissant de gouvernements alignés sur la stratégie de Trump, et son intégration au sein du Bouclier des Amériques renforce la dimension sud-américaine du projet.
Washington cherche à assurer militairement son emprise sur un continent riche en pétrole, en gaz, en minerais stratégiques, en biodiversité, en ressources en eau, en routes commerciales et en positions géographiques stratégiques. C'est pourquoi les accords dits « de Barranquilla », signés ce mardi, comprennent également des protocoles d'accord sur les minerais stratégiques et les terres rares, ainsi que sur l'énergie nucléaire civile.

Rubio lui-même, avant d'entamer sa tournée, a défendu l'intervention américaine dans le secteur pétrolier vénézuélien et a affirmé que les gisements auparavant liés à des entreprises chinoises, russes et iraniennes pourraient générer des revenus grâce à des partenariats avec les États-Unis. Cette déclaration révèle que la lutte pour les ressources stratégiques s'inscrit dans le cadre de cette même offensive.

Une offensive impérialiste à laquelle il faut s'y affronter

La frontière entre la Colombie et l'Équateur, le Pacifique et les voies maritimes vers l'Amérique centrale constituent des zones stratégiques pour Washington. La coopération militaire dans cette zone permet de coordonner les services de renseignement, la surveillance, les radars, les opérations navales et les capacités aériennes. C'est pourquoi la réunion du Commandement Sud à San Lorenzo, les opérations militaires conjointes, l'opération « Bouclier des Amériques », la tournée de Rubio et les nouveaux accords commerciaux et relatifs aux ressources stratégiques s'inscrivent dans le cadre d'une même offensive.

Washington souhaite que nos pays acceptent comme une chose normale que des militaires américains participent à des opérations sur leur territoire, que le Commandement Sud coordonne les forces armées latino-américaines, que les frontières deviennent des zones militarisées et que les ressources stratégiques soient mises au service des besoins géopolitiques des États-Unis.

Ce n'est pas de la sécurité, c'est de la subordination impérialiste. Ce n'est pas une lutte contre le trafic de drogue, c'est l'utilisation de celui-ci comme prétexte pour étendre le contrôle politique et militaire sur le continent. Il s'agit d'une situation dans laquelle les États-Unis définissent les menaces, fixent les priorités militaires, fournissent les armes et cherchent à contrôler les chaînes stratégiques de ressources.

Dans ce contexte, l'offensive impérialiste américaine se poursuit et doit être combattue. Face à la militarisation, à la perte de souveraineté et au pillage de nos ressources, il est nécessaire de renforcer l'anti-impérialisme dans nos pays. La réponse ne peut pas être laissée entre les mains des gouvernements qui se disent progressistes et qui négocient des concessions avec Washington, comme le font Claudia Sheinbaum au Mexique ou Lula au Brésil. Elle doit venir des travailleurs, de la jeunesse, des paysans, des peuples autochtones et de tous les secteurs populaires.

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