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Autriche : la jeunesse appelle à une « grève scolaire » contre l'interdiction du voile

Tue, 08 Sep 2026 21:11:09 CEST

Révolution Permanente

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La loi interdisant le voile aux filles de moins de 14 ans est entrée en vigueur le 1er septembre en Autriche, dans un contexte de montée de l'extrême droite en Europe. Face à cette nouvelle offensive islamophobe, la jeunesse s'organise et appelle à une « grève scolaire » le 9 septembre.

Ce 1er septembre, jour de rentrée scolaire dans trois Länder d'Autriche (Vienne, Basse-Autriche et Burgenland), est entrée en vigueur la loi interdisant le port d'un voile à l'école pour les filles de moins de 14 ans. Impulsée par le gouvernement de la coalition unissant le Parti populaire autrichien (ÖVP), le Parti social-démocrate (SPÖ) et le parti libéral (NEOS), formée à la suite des élections législatives de l'automne 2024, la mesure s'aligne sur le programme raciste de l'extrême droite du Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) qui a soutenu le texte, et que cette même coalition prétendait vouloir écarter.

Un nouveau saut dans l'islamophobie d'Etat

Désormais en Autriche, toute élève de moins de quatorze ans qui porterait un foulard qualifié de « musulman traditionnel » serait passible d'être convoquée avec ses représentants légaux à des entretiens. Entretiens à la suite desquels les services de protection de l'enfance pourraient être saisis pour discipliner élèves et parents. Enfin, c'est bien une amende pouvant monter jusqu'à 800 euros que risqueraient ces derniers en cas d'insatisfaction persistante de l'institution. Alors que dans certaines classes autrichiennes, des crucifix continuent de trôner dans les salles de classes, ce sont bien les élèves de confession musulmane qui sont spécifiquement visées par cette islamophobie d'État.

La loi vise à renforcer le dispositif disciplinaire et raciste au sein des établissements, et ce en imposant aux enseignants une fonction de flicage des élèves et de contrôle des corps des jeunes filles. L'intérêt de la loi pour les classes dominantes réside ainsi dans la division qu'elle instaure dans l'école où enseignants, élèves et parents.

Cette offensive raciste et islamophobe intervient dans un contexte de montée des extrêmes droites européennes dans une entente toujours plus assumée avec la droite conservatrice traditionnelle. En Allemagne l'AFD, qui vient de réaliser le meilleur score de son histoire dans l'élection au Parlement régional de Saxe-Anhalt, promet la ségrégation scolaire des « enfants issus de de culture totalement étrangère ». En France où le processus de radicalisation islamophobe des classes dirigeantes est plus ancien, cela fait plus de 30 ans et « l'affaire des foulards de Creil » que les élèves de confession musulmane ou supposées telles subissent le harcèlement et l'arbitraire des directions d'établissements, harcèlement dont les fondements juridiques se sont vus renforcés par la loi de 2004 et la circulaire abaya de 2023.

La jeunesse organise la riposte

Face à la radicalisation des classes dominantes qui promet le pire pour la jeunesse et cherche à la diviser et à la discipliner par ses lois racistes, cette dernière commence à s'organiser. Une « grève scolaire » contre l'interdiction du voile est ainsi prévue le 9 septembre en Autriche, à l'appel de plusieurs organisations, notamment la Jeunesse socialiste et la jeunesse du SPÖ. Cette mobilisation doit être soutenue et amplifiée. Il est nécessaire que les enseignants se lient à cette mobilisation et refusent avec force le rôle policier que le gouvernement veut leur assigner. Plutôt que de surveiller et de contrôler leurs élèves, les personnels doivent pouvoir défendre leurs droits, leurs conditions de travail en se solidarisant avec les jeunes et leurs familles.
Construite sur le modèle des « grèves scolaires » contre la conscription qui ont réuni des milliers de jeunes dans la rue en Allemagne l'année passée, et alors que la jeunesse s'est également mobilisée en France, notamment à Marseille, contre l'austérité et subit depuis des années le racisme d'État, cette mobilisation montre que la jeunesse dans les lycées peut être à l'avant-garde pour répondre à l'offensive islamophobe à l'échelle internationale.

Construite sur le modèle des « grèves scolaires » contre la conscription qui ont réuni des milliers de jeunes dans la rue en Allemagne l'année passée, et alors que la jeunesse s'est également mobilisée en France, notamment à Marseille, contre l'austérité et subit depuis des années le racisme d'État, cette mobilisation montre que la jeunesse dans les lycées peut être à l'avant-garde pour répondre à l'offensive islamophobe à l'échelle internationale.

Face aux offensives autoritaires et islamophobes, de l'Autriche à la France, il y a urgence à opposer une riposte large pour faire reculer l'austérité, le racisme et la préparation à la guerre. En s'inspirant de l'exemple de la jeunesse autrichienne, il faut construire une mobilisation capable de faire reculer l'offensive islamophobe, de l'interdiction du voile dans l'espace public défendue par Marine Le Pen au maintien de l'interdiction de l'abaya. C'est la seule issue pour faire front face aux classes dominantes, qui cherchent à imposer un consensus autour de l'islamophobie d'État afin d'opprimer les musulmans et celles et ceux qui sont assimilés comme tels, mais aussi de diviser le monde du travail et la jeunesse.

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