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« Vider Gaza » : Ben-Gvir et Katz présentent leurs plans génocidaires pour déporter les Palestiniens

Fri, 04 Sep 2026 21:07:19 CEST

Révolution Permanente

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Itamar Ben Gvir et Israel Katz ont présenté cette semaine leur projet pour déporter des millions de Palestiniens hors de Gaza. Un nouveau saut dans la radicalité génocidaire de l'État d'Israël face auquel il faut relancer le mouvement de solidarité avec la Palestine.

Dans une séquence de campagne électorale en Israël pour les législatives, le ministre de la Sécurité nationale et figure du parti d'extrême droite Force Juive Itamar Ben-Gvir a présenté ce jeudi un plan pour vider Gaza de sa population. Le projet de Ben-Gvir, l'un des plus fervent partisan de la colonisation israélienne et du génocide à l'encontre des Palestiniens, marque un nouveau saut dans la fuite en avant génocidaire de l'État d'Israël, après la mise en place de la peine de mort pour les Palestiniens, les appels à « éliminer 30 à 40 personnes chaque nuit » à Gaza ou l'apologie de l'enfermement de masse des Palestiniens dans une vidéo IA représentant des Palestiniens parqués dans des camps de concentration aux allures d'abattoirs.

Un plan pour aller au bout du nettoyage ethnique

Dans son plan colonial cyniquement appelé « Désengagement 710 », Ben-Gvir prévoit le déplacement de 250 000 palestiniens la première année, 1 millions en 3 ans et près de 2 millions en 7 ans. Soit la déportation de masse de la quasi-totalité de la population gazaouie en quelques années.

Le ministre d'extrême droite a aussi proposé la création d'un « ministère dédié à l'émigration volontaire », chargé d'organiser le transfert de population et doté d'un budget dédié de 20 milliards de dollars ainsi que de pouvoirs étendus et de la capacité à mener les négociations avec les pays où les Palestiniens seraient expulsés. Si le ministre préfère parler d' « émigration volontaire » ou de « liberté de déplacement », il est certain que ce plan s'inscrit dans la continuité de l'histoire coloniale du pays, de la Nakba de 1948 à la Naksa de 1967 en passant le génocide en cours. Un projet génocidaire que Ben-Gvir veut mettre en œuvre au moyen des plus effroyables méthodes envisageables et sans aucune retour possible.

L'annonce de Ben-Gvir est loin d'être isolée dans la classe politique israélienne puisque le ministre de la Défense Israel Katz, membre du Likoud - le parti du premier ministre Benjamin Netanyahu -, a lui aussi déclaré, mardi, être prêt à déporter les Palestiniens hors de Gaza. Dans un média israélien, il a affirmé la centralité du nettoyage ethnique dans son projet en déclarant : « En définitive, il n'existe pas de véritable solution pour Gaza sans cette migration ». Katz en a profité pour faire pression sur les États-Unis, qui selon lui s'opposent à la réalisation d'un tel plan pour l'instant bien que le projet « fasse l'objet de discussions permanentes. » Une expression supplémentaire de la manière dont Israël s'appuie sur le plan ultra-colonial de Trump pour Gaza pour servir ses objectifs, tout
en rejetant certains aspects qu'il juge trop modérés
.

De manière plus générale, le projet d'une déportation de masse n'est pas une nouveauté puisqu'en février 2025, Trump proposait déjà de déporter les Palestiniens et de placer l'enclave sous contrôle étatsunien, Israël lui emboitant le pas en annonçant que les préparatifs étaient lancés.

La surenchère génocidaire au cœur des élections israéliennes

Le 27 octobre prochain, les élections législatives en Israël décideront du prochain gouvernement. Pour Netanyahou et les membres de sa coalition, ces élections sont à haut risque face à la recomposition de l'opposition. Si, pendant trois ans, Netanyahou a adopté une politique de guerre permanente pour désamorcer la crise politique interne et fuir les poursuites judiciaires qui le visent, les sondages indiquent que le capital politique du premier ministre s'est amenuisé et qu'il n'est pas certain de remporter une majorité.

Cette fébrilité politique rend Netanyahou toujours plus dépendant de ses alliés issus de l'extrême droite la plus radicale et suprémaciste du champ politique israélien, comme le parti de Ben-Gvir. Avec l'état de guerre permanent d'Israël depuis 2023, la campagne est placée sous le signe d'un patriotisme colonial sans limite, où les alliés de Netanyahou se lancent dans une surenchère ultra-génocidaire pour apparaître plus radicaux les uns que les autres. C'est ainsi que la réalisation du plan dévoilé par le dirigeant de Force Juive a été présenté comme une condition de son soutien au prochain gouvernement issu des élections d'octobre.

Ce plan n'est pour le moment qu'un projet électoral, porté par l'extrême droite la plus radicale, qui n'est pas certaine de pouvoir retrouver une place au gouvernement. Il constitue cependant un révélateur de l'extrême virulence du consensus génocidaire qui règne en Israël en même temps qu'il témoigne du risque toujours plus manifeste d'une reprise d'une guerre de haute intensité à Gaza.

Depuis le début du mois d'août, Israël a en effet accéléré le rythme de ses frappes. Cette semaine, c'est 24 personnes qui ont été assassinées dans la bande de Gaza par l'armée coloniale, portant le total du nombre de morts depuis le « cessez le feu » à 1 334. L'occupation de Gaza se poursuit alors qu'Israël continue d'occuper plus de 60% du territoire derrière la « ligne jaune » et que Netanyahou a de nouveau déclaré ne pas avoir prévu de retrait malgré le contenu de l'accord de cessez-le-feu signé fin 2025. Israël a aussi renforcé son utilisation des zones occupées pour former et armer des milices composées d'anciens criminels qui harcèlent la population et détruisent les habitations palestiniennes, le tout sous la protection de Tsahal.

Le génocide se poursuit : il faut relancer le mouvement de solidarité !

Dans ce contexte, il est plus urgent que jamais de relancer la mobilisation de soutien à la Palestine et la lutte contre le génocide. Alors que l'impérialisme cherche une issue dans la guerre en Iran qui a tourné au fiasco stratégique, Trump pourrait être tenté de passer un accord tacite avec Israël, à l'instar du compromis génocidaire trouvé par Biden lors de l'invasion de Rafah : donner carte blanche à Israël dans la bande de Gaza en contrepartie de sa « modération » sur le front libanais ou iranien. Dans cette situation, il faut profiter des brèches ouvertes par la perspective d'une défaite électorale du trumpisme aux midterms et par l'impasse militaire de l'impérialisme en Iran pour reconstruire un puissant mouvement de solidarité qui, du cœur des métropoles impérialistes, s'affronte à la complicité des puissances impérialistes dans le massacre en cours.

D'autre part, la radicalité des plans de l'extrême droite et du reste du champ politique israélien constitue un avertissement à l'ensemble des peuples de la région. Face à la complicité des gouvernements de la région avec le génocide en cours, il y a urgence à ce que la rue arabe réponde massivement alors que les propositions électorales et génocidaires d'un Ben-Gvir pourraient devenir des faits accomplis. Seules les masses populaires et les travailleurs de la région peuvent définitivement mettre fin au génocide en privant Israël du soutien des États voisins qui assistent l'extermination des Palestiniens, de l'Égypte d'al-Sissi à la Jordanie d'Abdallah II en passant par les monarchies ultra-réactionnaires du Golfe. L'affaiblissement de l'hégémonie étasunienne au Moyen-Orient constitue une opportunité décisive alors que les régimes réactionnaires de la région sont extrêmement dépendants du soutien sécuritaire et financier des États-Unis. En s'engouffrant dans ces fissures et en liant la libération de la Palestine à leur libération sociale, les masses pourraient mettre fin au carnage à Gaza et au cycle sans fin des guerres et des massacres impérialistes qui meurtrissent la région.

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