« J'ai vu la mort » : un couple et un lycéen victimes d'agressions racistes à Lyon
Thu, 03 Sep 2026 13:13:04 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe samedi 29 août à Lyon, un lycéen et un couple ont été victimes de violentes agressions racistes à proximité du Groupama Stadium. Des attaques d'une violence inouïe qui surviennent dans un climat raciste grandissant, tandis que le gouvernement renforce ses mesures xénophobes.

Aux alentours de 20h, un lycéen de 17 ans a été la cible d'un groupe de 10 personnes, sur le parvis du Groupama Stadium à Lyon. Le jeune homme et son groupe d'amis quittaient leur session de futsal quand ils se sont fait insulté avec des propos racistes : « bougnoules, négros, on va vous tuer ». Tandis que son groupe d'amis a réussi à s'extirper et à fuir, le jeune homme, lui, a été roué de coups. Certains de ses agresseurs étaient cagoulés et portaient des matraques. Le jeune homme a été transféré à l'hôpital Edouard Herriot. Il souffre d'un nez cassé, d'une mâchoire fracassée, de nombreuses ecchymoses et il a reçu 30 jours d'ITT. Le témoignage de la mère du jeune homme sur Facebook est glaçant : « ils ont failli tuer mon fils, ils l'ont massacré ». Celle-ci a déposé une plainte et une enquête a été ouverte.
Quelques heures plus tard, vers minuit, Meriem Boucheda, une élue de Rillieux la Pape et son conjoint ont également été victimes d'une violente agression raciste, toujours sur le parvis du Groupama Stadium. Cette étudiante de 21 ans en droit public et son conjoint de 25 ans quittaient le stade après avoir assisté au match Le Havre – OL. Ils se font surprendre par un groupe de 6 supporters, sortant d'un bar, leur ont lancé des insultes racistes : « sales bougnoules ». Le couple ne réagit pas, puis le groupe de supporters insiste et le jeune homme se retourne interrogateur auprès de ses agresseurs. Meriem a témoigné auprès du média 20 minutes : [« On n'a même pas eu le temps de réagir qu'il a saisi la nuque de mon conjoint avec ses deux bras, lui bloquant le visage et le tirant directement vers le sol. Il a commencé à s'acharner sur lui, pendant que les autres le frappaient de coups de pied ou l'empêchaient de se relever ».
Meriem a tenté en vain de s'interposer et a été à son tour frappée. Elle appelle de l'aide et un groupe d'une douzaine de personnes s'approche mais n'intervient pas. Elle les supplie d'appeler la police mais ceux-ci ne réagissent pas. Meriem confie aux journalistes : « J'ai vu la mort ». Meriem et son compagnon finissent par se réfugier dans un bar, et les secours les transfèrent à l'hôpital. Son compagnon est ressorti de l'hôpital avec plusieurs fractures, des traces de strangulation, de nombreuses ecchymoses et 15 jours d'ITT. Meriem, avec une attelle au bras, a reçu également 15 jours d'ITT.
Ces attaques racistes surviennent dans la continuité d'une série d'agressions racistes récentes. Début août, la candidate LFI Aminata Pouye a été agressée en Gironde par 4 hommes en voiture, lui proférant des insultes racistes. En avril, un homme a tiré à la carabine sur un groupe d'enfants en criant « Dehors les noirs et les arabes ». Selon une enquête, les actes antimusulmans ont augmenté de 75% entre janvier et mai 2025 par rapport à 2024.
Ces agressions infâmes s'inscrivent dans un climat raciste grandissant, avec une montée des attaques islamophobes en France, et un racisme décomplexé adopté par le gouvernement et les médias bourgeois. Les institutions et le gouvernement s'emploient à augmenter le nombre de mesures racistes, comme par exemple avec le décret « Bienvenue en France », qui impose aux étudiants étrangers non européens des frais de scolarité exorbitants dès septembre 2026. On peut aussi citer la loi « permis de tuer », qui offre un véritable bouclier juridique aux policiers coupables de violences.
Nous adressons tout notre soutien au lycéen, à Meriem Boucheda et à son conjoint, et nous condamnons ces agressions racistes ignobles. Face aux politiques et aux discours xénophobes qui provoquent de telles violences, il est urgent de s'organiser par en bas et de faire front pour mettre en échec les offensives sécuritaires de l'État.