François Hollande : chouchou des médias et des amnésiques ?
Thu, 03 Sep 2026 20:23:07 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalÀ huit mois des présidentielles, François Hollande fait son retour dans les médias et laisse planer la possibilité d'une candidature. Adoré des journalistes, l'ex-Président ne fera pas oublier son bilan anti-ouvrier, autoritaire et impérialiste.

À huit mois des présidentielles, François Hollande est de retour. Avec la sortie le 3 septembre de son nouveau livre Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche, l'ancien Président à se positionner comme un potentiel candidat, sans participer à la primaire socialiste qui se tiendra dans les prochaines semaines. Débat face à Édouard Philippe fin août, matinale de France Inter ce mercredi, talk-show divers et variés, visite à la foire de Châlons-en-Champagne : les médias raffolent de l'ancien dirigeant du PS et de ses blagues.
Parmi ses propositions, un départ à la retraite à 63 ans, tout en limitant à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions sur l'inflation, pour obtenir un « gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ », une augmentation de la TVA de quatre points pour « financer une augmentation des salaires », et une TVA à zéro sur l'énergie et les carburants. Si Hollande n'hésite pas à faire des propositions xénophobes, comme sa volonté de resserrer les conditions du regroupement familial à la maîtrise du français et au « respect de la laïcité », il passerait presque pour un modéré dans la surenchère néolibérale et autoritaire du début de campagne.
Ce serait oublier que derrière la communication et les blagues, son héritage est celui d'un des pires ennemis des travailleurs et des classes populaires.
Le quinquennat dʼHollande a été marqué par d'importantes offensives contre le monde du travail. Après avoir dénoncé la finance pendant sa campagne, le Président socialiste se fait remarquer par ses multiples cadeaux au grand patronat, incarnés par les près de 110 milliards d'euros du CICE sur 6 ans. En parallèle, les attaques anti-ouvrières pleuvent. Les usines PSA à Aulnay-sous-Bois en 2013, ArcelorMittal à Florange en 2014, ou encore Goodyear à Amiens sont forcées de fermer, avec des milliers d'emplois supprimés. En parallèle, dès 2013, la réforme Touraine lance l'augmentation de la durée de cotisation pour la retraite à 43 annuités. Après la loi Macron en 2015, en 2016, François Hollande défend la Loi travail, une offensive historique contre les droits des salariés et des syndicats, imposée par 49.3 et après une répression brutale des manifestants.
Mais le hollandisme est aussi marqué par un saut autoritaire. Avec la répression des manifestations pour la Palestine en 2014, la mort de Rémi Fraisse et d'Adama Traoré, et l'état d'urgence en 2015, il pose les bases de l'offensive que nous connaissons aujourd'hui. En réponse aux attentats de Charlie Hebdo puis du Bataclan, il mène une véritable offensive islamophobe, et déclenche l'état d'urgence pour procéder à des centaines dʼassignations à résidence, dʼinterdictions de séjour ainsi qu'à des milliers de perquisitions et des fermetures de lieux de culte. Dès 2017, Emmanuel Macron, son ancien ministre de l'Économie, inscrira de nombreuses dispositions de cet état d'urgence dans la loi.
De même, alors que la proposition d'un nouveau permis de tuer est au cœur des débats récemment, en 2017, c'est sa loi Cazeneuve qui élargit les conditions d'usage des armes à feu par les policiers, notamment lors des dits « refus d'obtempérer ». Depuis l'entrée en vigueur de cette loi, les tirs mortels contre des occupants de véhicules ont été multipliés par cinq. Mais François Hollande est aussi un chef d'État colonial, qui détient le record du nombre d'interventions militaires sur le continent africain sous la Vème République, avec les opérations Barkhane, Serval ou encore Sangaris. Ami des autocrates et véritable chef de guerre, François Hollande n'a fait qu'œuvrer au maintien et au renforcement des intérêts français sur son pré carré.
Avec toutes ces attaques, pas étonnant qu'une génération entière ait été marquée par le mandat de François Hollande, la répression des manifestations contre la loi Travail, épousant le mot d'ordre « plus jamais PS ». Un souvenir qu'il faut réactiver pour contrer toute tentative de rendre sympathique cet ennemi des travailleurs, sans oublier que si le « président normal » peut aujourd'hui tenter un retour en politique, c'est avec l'aide du Nouveau Front Populaire, dont il a été l'un des candidats puis député en 2024…