Contre le permis de tuer, pour l'abrogation de toutes les lois sécuritaires : dans la rue le 20 septembre !
Thu, 03 Sep 2026 21:23:23 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLe 20 septembre, une mobilisation nationale est appelée contre la proposition de loi instaurant un nouveau permis de tuer pour les policiers et gendarmes. Alors que l'État renforce les pouvoirs et l'impunité de sa police et que la valse des propositions sécuritaires commence dans la campagne présidentielle, il faudra y être nombreux.

Depuis plusieurs années, les gouvernements successifs n'ont cessé d'élargir les pouvoirs de la police et de la gendarmerie, tout en organisant leur impunité. Alors que la loi Cazeneuve de 2017 avait déjà considérablement facilité l'usage des armes par les forces de l'ordre, une nouvelle proposition de loi sur la « présomption d'usage légitime des armes » a été adoptée en première lecture à l'Assemblée début juillet. Celle-ci franchit un nouveau cap : en présumant la légalité du tir policier, inversant ainsi la charge de la preuve, elle rendrait encore plus difficile (voire impossible) pour les victimes de la police et leurs familles d'obtenir justice.
Face à cette offensive brutale, plus de 730 000 personnes ont signé une pétition contre ce texte, que l'Assemblée nationale a choisi d'enterrer sans débat. Le passage du texte est prévu au Sénat en octobre 2026, et que les macronistes, la droite et l'extrême droite projettent d'aller au bout de leur offensive sécuritaire. Il y a donc urgence à se mobiliser. En ce sens, un appel unitaire à manifester le 20 septembre a été impulsé par des organisations comme Stop aux violences d'État (SAVE), le Comité Vérité pour Adama, la Ligue des droits de l'Homme (LDH), le Syndicat de la magistrature (SM), le Syndicat des avocats de France (SAF), Flagrant Déni et Amnesty International France.
Une perspective importante qu'il va falloir soutenir, en étant les plus nombreux possible dans la rue. Ces dernières années, les violences policières et la réalité de l'impunité des forces de répression a été mise en lumière par une multitude d'affaires : de la mort d'Adama Traoré à celle de Nahel Merzouk en passant par Souheil El Khalfaoui, Yanis S., El Hacen Diarra, Claude Jean-Pierre, Gaye Camara ou Cédric Chouviat. Une liste de noms à laquelle s'ajoutent les centaines de personnes grièvement blessées par la police, dans leurs quartiers ou dans les manifestations syndicales, écologistes ou du mouvement des Gilets jaunes. Or, comme en février dernier, où la Cour de cassation a confirmé le non-lieu pour les gendarmes impliqués dans la mort d'Adama Traoré, la justice a systématiquement été un rempart pour les policiers et les gendarmes mis en cause.
Alors que la campagne présidentielle qui s'ouvre ne fera qu'accentuer cette fuite en avant sécuritaire et raciste, comme on le voit déjà avec les appels de Retailleau à militariser les quartiers ou le projet du RN d'interdire le voile, il faut s'opposer à la loi permis de tuer et se mobiliser pour exiger son retrait. Si le Parti socialiste s'associe hypocritement à la mobilisation, celle-ci doit également exiger l'abrogation de l'ensemble des lois sécuritaires qui ont pavé la voie à ce projet, à commencer par la loi Cazeneuve. Une perspective à défendre en indépendance des institutions, qui produisent et reproduisent les violences policières et la protection de leurs auteurs, et à articuler avec la lutte pour la justice et la vérité pour toutes les victimes de violences policières.
Le 20 septembre, soyons nombreux dans la rue, à Paris, Marseille, au Havre, à Amiens, Grenoble, Dijon, Nice, et partout où des rassemblements seront organisés !
Manifestation contre la Loi sécurité globale, décembre 2020