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Le Mans : La Poste ferme un bureau en catimini pendant l'été, les habitants de Pontlieue ripostent

Wed, 02 Sep 2026 18:49:32 CEST

Révolution Permanente

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Un collectif d'habitants du quartier de Pontlieue se mobilise contre la fermeture du bureau de Poste de la « Lune » de Pontlieue, place Adrien Tironneau.

C'est une méthode bien rodée : profiter de la trêve estivale, quand l'attention est ailleurs, pour faire disparaître un service public sans que personne ne puisse s'y opposer. Le 3 août, sans annonce, sans concertation, la Poste a fermé son bureau de la place Adrien Tironneau, sur le rond-point de la Lune à Pontlieue. Un bureau pourtant stratégique : sur une place vivante, entourée de cafés et de commerces, à deux pas de l'arrêt de tram Saint-Martin et à l'entrée des quartiers sud du Mans.

Une fermeture, deux vitrines pour toute réponse

Pour seule explication, quelques affiches collées sur la façade. La Poste renvoie les usagers vers le bureau des Sablons ou vers un point relais installé dans un magasin Spar à quelques centaines de mètres. Autrement dit : à la place d'un service public, un comptoir de supérette.
Dès le début du mois d'août, un premier rassemblement d'habitants a eu lieu devant le bureau fermé. Le 1er septembre, une cinquantaine de personnes se sont à nouveau réunies, déterminées à ne pas laisser la Poste et la mairie enterrer le dossier pendant que tout le monde regarde ailleurs.

« Ce sont les personnes âgées qui vont trinquer »

Sur place, les témoignages convergent. Jean-François, habitant historique du quartier, pointe les conséquences très concrètes pour les personnes âgées à mobilité réduite : le Spar, plus éloigné, n'offre ni la même accessibilité ni la même confidentialité qu'un guichet postal. Un point loin d'être secondaire quand on vient traiter des démarches administratives dans une supérette où n'importe qui fait la queue derrière soi.

Jérôme, un autre habitant, remet la fermeture dans son contexte : ce n'est ni un accident ni un cas isolé. La Poste avait déjà fermé les bureaux de la Cité des Pins et de l'avenue Bollée il y a quelques années. D'autant plus que la Poste a un public populaire en particulier pour ses services bancaires. Bureau après bureau, quartier après quartier, c'est tout un maillage de services publics de proximité qui est démantelé au Mans comme ailleurs — la même logique comptable qui vide les campagnes et les quartiers populaires.

Une seule et même offensive contre les usagers et les travailleur·euses

Car cette casse ne touche pas que les usagers. Les salariés de la Poste subissent, eux, des réorganisations permanentes : suppression de tournées, flexibilisation à marche forcée, et maintenant la fermeture du centre de tri de Loué ce mois de septembre. Autant de restructurations qui dégradent un peu plus, à chaque fois, les conditions de travail des facteurs et factrices.

Fermetures de bureaux d'un côté, sabordage des centres de tri de l'autre : c'est la même logique de rentabilité qui broie à la fois l'accès au service public et les conditions de travail de celles et ceux qui le font vivre.

Construire le rapport de force

Devant l'ancien bureau du rond-point de la Lune, les habitants ne comptent pas en rester là : une pétition a été lancée pour construire un rapport de force, non seulement face à la direction de la Poste, mais aussi face aux élus locaux qui laissent faire — à commencer par la préfecture et le maire du Mans, Stéphane Le Foll.

Face à une entreprise publique qui se comporte comme n'importe quelle multinationale en quête de rentabilité, la seule perspective sérieuse est de lier la mobilisation des habitants du quartier à celle des travailleurs et travailleuses de la Poste. C'est cette convergence, et elle seule, qui peut commencer à faire reculer les politiques austéritaires qui rongent les services publics, dans les quartiers populaires comme dans les campagnes.

Crédits image : Capture d'écran Google Street View.

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