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Lyon. La métropole instrumentalise la mort d'un octogénaire pour armer 200 agents des transports

Wed, 02 Sep 2026 18:55:46 CEST

Révolution Permanente

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Après le décès d'un homme de 82 ans victime d'un vol à l'arraché dans le métro lyonnais, la présidente LR de la Métropole a annoncé la création d'une brigade de 200 agents armés dans le réseau de transports TCL. Une surenchère sécuritaire qui instrumentalise un drame pour renforcer l'appareil répressif.

Le 25 août dernier, Véronique Sarselli, la présidente de la Métropole élue au printemps dernier, a annoncé à la presse la création d'une nouvelle brigade de 200 agents armés pour le réseau de transports TCL, au sein de l'agglomération lyonnaise. Elle s'est rendue pour ce faire à la station de métro Sans-Souci, où quatre jours plus tôt un homme de 82 ans est décédé d'un arrêt cardiaque à la suite d'un vol à l'arraché, afin d'instrumentaliser un décès tragique au service de son agenda sécuritaire.

En réponse, le vice-président à la Sécurité Jérémie Bréaud a présenté le dispositif qui prévoit le recrutement dès janvier de 120 agents pour la mi-mandat, avec l'objectif d'atteindre 200 en fin de mandat. Comme cela se fait déjà en Région Île-de-France, ces agents seront équipés de matraques télescopiques ainsi que de bombes lacrymogènes. La Métropole souhaite également mettre en place une réserve opérationnelle au sein de la police et de la gendarmerie, ainsi que des partenariats avec les maires pour faciliter l'intervention des agents de police municipaux sur le réseau de transports en commun. « Aujourd'hui, ce sont 60 agents avec une GoPro et un talkie walkie. Demain ce sera du personnel en uniforme et armé » annonce Bréaud.

En réalité la mesure présentée en réaction à ce drame était déjà une promesse de campagne. Sarselli parlait déjà de « police métropolitaine des transports de 200 agents » dès janvier 2026 lors d'un déplacement à Saint-Priest aux côtés de Gilles Gascon, maire LR de la ville. Dès le lendemain de son élection, la présidente choisissait d'ailleurs comme tout premier déplacement officiel la visite du poste de sécurité du réseau TCL à Vaulx-en-Velin déclarant vouloir « rendre opérationnel ce que nous avons porté pendant notre campagne ». Cette chronologie parle d'elle-même : la présidente de la Métropole utilise le drame pour avancer dans son programme sécuritaire, et mettre en route un dispositif pensé de longue date.

Pourtant, Sarselli constate presque l'échec de l'approche sécuritaire, en montrant que le flicage des usagers de TCL est déjà omniprésent, avec « à peu près 12 000 caméras sur l'ensemble du réseau », une soixantaine d'agents et un PC sécurité, rappelle la présidente. Loin de conclure sur l'inefficacité de la réponse sécuritaire, la Métropole choisit la fuite en avant, avec davantage de dispositifs répressifs. En région parisienne, les moyens et prérogatives toujours plus importants pour les agents de la sûreté RATP ont permis à l'entreprise de cibler les personnes précaires et racisés et entraîné de nombreux cas de violences. Un décret autorise même les agents de la SNCF et de la RATP à s'équiper de taser. Une chasse aux pauvres que la Métropole de Lyon compte bien imiter.

En réalité, aucune brigade armée n'aurait pu empêcher ce drame, et anticiper un vol à l'arraché en quelques secondes dans une rame de métro. Mais la droite lyonnaise préfère instrumentaliser un drame pour avancer dans son programme réactionnaire, le tout pour faire oublier que les conditions de transport ne cessent de se dégrader, avec des pannes de clim à répétition pendant la canicule et que les agents vivent avec des bas salaires.

Crédits photo : Florian Fèvre, CC BY-SA 3.0

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