Paris 8 : l'État expulse un étudiant étranger après un rendez-vous en préfecture
Wed, 02 Sep 2026 19:34:19 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalConvoqué à la préfecture de Nanterre, un étudiant de Paris 8 y a été arrêté puis placé en rétention, avant d'être expulsé le lendemain vers la Belgique sans logement ni prise en charge, dans un contexte de surenchère des mesures racistes qui touche particulièrement les étudiants étrangers. Un rassemblement de soutien est appelé à 17h ce vendredi 4 septembre devant la préfecture de Nanterre.

Ce mardi 1er septembre, un étudiant de l'Université Paris 8 a été expulsé du territoire français après une nuit de rétention. Alors qu'il se rendait la veille à la préfecture de Nanterre pour un rendez-vous mensuel dans le cadre de sa demande d'asile, Philippe* a été interpellé par la police et placé en Local de rétention administrative (LRA), sans possibilité de recours immédiat ni visibilité sur la suite de la procédure, tandis que l'usage de son téléphone était encadré. Une nuit d'enfermement administratif qui intervient dans un contexte de durcissement continu de la rétention des étrangers, marqué par l'extension des possibilités d'enfermement et des atteintes aux droits dans les CRA.
Dès le lendemain, il a été transféré à l'aéroport du Bourget, où trois policiers l'attendaient avant son expulsion vers la Belgique. Une procédure menée à marche forcée qui l'a coupé en quelques heures de son université, de ses proches et de tous ses points d'appui en France. Arrivé sans ressources ni solution de logement, il s'est vu remettre une convocation à l'Office des étrangers de Bruxelles pour ce mercredi 2 septembre ; rendez-vous finalement repoussé une nouvelle fois au lendemain, le laissant sans prise en charge claire et dans l'incertitude quant à ses conditions d'hébergement et à la suite de sa procédure.
Arrestations, enfermements, expulsions : l'arsenal raciste du gouvernement Macron s'est encore renforcé en juin dernier avec l'entrée en vigueur du Pacte européen sur l'asile et la migration, qui durcit le système de Dublin, facilite les transferts entre États européens et restreint davantage les possibilités de recours pour les demandeurs d'asile.
Cette expulsion s'inscrit dans le durcissement général de la politique migratoire du gouvernement, marqué notamment par la circulaire Retailleau du 23 janvier 2025, qui a restreint les possibilités de régularisation tout en multipliant le nombre d'OQTF. Au sein des universités, l'offensive prend une forme spécifique : avec le décret d'application publié en mai de la loi « Bienvenue en France » qui multiplie par 16 les frais d'inscription pour les étrangers « extra-communautaires », ainsi qu'avec la restriction depuis le 1er juillet 2026 de l'accès aux aides au logement pour une partie des étudiant·es hors UE, auxquelles s'ajoute enfin le durcissement des conditions de séjour.
Face à la politique raciste et xénophobe du gouvernement, il est nécessaire de revendiquer le retour immédiat de Phillipe* ainsi que sa régularisation, afin qu'il puisse poursuivre ses études dignement. C'est en ce sens que Le Poing Levé, le Collectif des Étudiants étrangers de Paris 8, la FSE et de nombreuses organisations appellent à un rassemblement devant la préfecture de Nanterre ce vendredi 4 septembre à 17h en soutien à Phillipe*.
Plus largement, il est nécessaire de revendiquer l'abrogation de « Bienvenue en France », l'égalité d'accès aux aides sociales et la régularisation de tous les sans-papiers. Mais aucune de ces revendications ne s'imposera sans construire un rapport de forces, c'est pourquoi Le Poing Levé appelle également à rejoindre et constituer des comités d'action contre « Bienvenue en France », à témoigner et à faire circuler le formulaire auprès des étudiant·es concernés.
*Le prénom a été modifié