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Education : Attal, Philippe et Retailleau veulent en finir avec le collège unique

Tue, 01 Sep 2026 20:38:21 CEST

Révolution Permanente

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Avec la rentrée scolaire, les candidats de l'extrême-centre ont précisé leurs programmes pour l'école. Au-delà des promesses fumeuses sur les salaires, leur point commun est une large offensive contre le collège unique, pour renforcer une école autoritaire et du tri social.

Après Edouard Philippe et Gabriel Attal, Bruno Retailleau est venu préciser à la veille de la rentrée son programme pour l'école pour les présidentielles 2027. Parallèlement aux traditionnelles promesses sur les salaires pour s'attirer les bonnes grâces de l'électorat enseignant, les trois candidats de l'extrême-centre ont développé leur vision de l'école, et les mesures qu'ils proposent de mettre en œuvre dans leur programme.

La fin du collège unique, un cheval de bataille de l'extrême-centre

Parmi les propositions phares de Gabriel Attal et de Bruno Retailleau, la fin du collège unique, accusé d'avoir « trahi ses promesses » pour le premier et « tué l'égalité des chances » pour le second.

L'ex-ministre de l'éducation souhaite ainsi la fermeture des « 100 collèges qui constituent les pires ghettos scolaires » pour répartir les élèves dans d'autres établissements, ainsi que le rétablissement des groupes de niveau en 6e et 5e et des « parcours différenciés » en 4e et 3e. Une proposition très similaire à celle du ministre de l'Intérieur, qui souhaite la mise en place de « groupes de niveau évolutifs », mais aussi la possibilité de commencer l'apprentissage dès la 4e, en association avec des entreprises. Bruno Retailleau va même plus loin, proposant la création de 1000 établissements « libres », auxquels seraient donné une large latitude tant sur les horaires que sur les programmes d'enseignement.

Pour Edouard Philippe, « l'école de la République est unitaire, elle ne doit pas être uniforme. » Moins détaillé dans son programme, il rejoint l'actuel ministre de l'Intérieur en déclarant vouloir « adapter l'organisation des classes, des rythmes scolaires et de la pédagogie en fonction des réalités locales ». Il souhaite notamment donner la possibilité aux chefs d'établissements de pouvoir rajouter des heures d'enseignement dans leur établissement, ou encore de modifier le calendrier scolaire selon les établissements, et voire même selon les élèves ! Un programme d'école « adaptée », qui, de fait, mettrait fin au principe du collège unique, où chaque élève suit les même programmes et les mêmes rythmes scolaires.

L'examen d'entrée en 6e, le certificat d'études et l'école normale sortis de leur naphtaline

Pour garantir le tri des enfants dès l'âge de 11 ans, Attal et Retailleau proposent ainsi le rétablissement d'un examen d'entrée en classe de 6e, qu'Attal n'hésite pas à présenter comme un retour du « certificat d'études ». Un diplôme qui sanctionnait la fin de la scolarité lorsque l'école primaire et la scolarité obligatoire s'achevaient à 14 ans, et progressivement disparu entre les années 1970-1980… justement avec la mise en place du collège unique.

Autre retour vers le passé, Philippe et Retailleau annoncent vouloir modifier le parcours de formation des enseignant-e-s, avec le retour de « l'école normale », nom donné au 19e siècle à l'institution qui formait les enseignant-e-s des écoles primaires. Avec, en toile de fond, le désormais classique « retour aux fondamentaux » remis en avant par la droite et le macronisme depuis Jean-Michel Blanquer, et qui cible prioritairement les élèves « en difficultés » et ceux issus des milieux populaires.

Entre « internats disciplinaires » et « écoles libres » : renforcer encore le caractère autoritaire et répressif de l'école

Le candidat LR souhaite par ailleurs la mise en place d'un « réseau d'institutions disciplinaires » pour « remettre dans le droit chemin les élèves harceleurs et violents. » Un autre retour en arrière – on conseille au ministre de revisionner Les Choristes – mais qui s'inscrit dans la continuité des offensives répressives aujourd'hui à l'œuvre dans les écoles.

S'il n'a pas encore développé cet aspect de son programme, Attal avait déjà profité de son bref passage au ministère de l'Education nationale pour expérimenter un internat destiné aux « élèves à la dérive », avec, pour objectif à terme de faire encadrer les élèves notamment par des militaires, des policiers et des gendarmes.
De même, en insistant aussi sur « l'autonomie » (Philippe) ou la « liberté » (Retailleau) donnée aux établissements et à leurs directions, les deux candidats souhaitent renforcer le pouvoir des chefs d'établissement, que ce soit sur les élèves ou les équipes éducatives. Philippe envisage ainsi de laisser la possibilité aux chefs d'établissement de « choisir certains élèves et […] anticiper d'une semaine ou deux la rentrée pour les élèves qui en ont besoin, et pour qui deux mois et demi de vacances, c'est trop. » Une mesure qui n'est pas sans évoquer le 8h-18h au collège anciennement défendu par le ministère Attal et ciblant prioritairement les élèves des quartiers populaires…

L'extrême-centre au diapason pour une école du tri scolaire et social, sur fond de renforcement de l'autoritarisme à l'école

S'ils présentent des différences de degré, les trois candidats de l'extrême-centre, tous issus d'un gouvernement Macron, s'accordent ainsi sur le fond. Leurs projets pour l'école marquent la volonté d'un renforcement du tri scolaire et social, prétextant que ce serait le collège unique, « l'égalitarisme », « les idéologues » et le « pédagogisme » qui seraient responsables de tous les maux de l'école – et avec de la société.

Ce faisant, ils essaient de masquer ce qui est en réalité le fond de leur programme : un programme de casse de l'école et du service public d'éducation, au détriment des personnels, des élèves et des familles, et au service du patronat. Bruno Retailleau a en cela le mérite d'être le plus explicite, dénonçant le « gauchisme d'atmosphère » à l'œuvre dans l'éducation nationale, qui, selon lui consiste en « l'idée qu'il faut protéger l'enfant de l'entreprise car le patron serait un exploiteur ».

En parlant de « mérite et d'excellence » et en prétextant prendre en compte les différences de « rythme » entre les enfants, il s'agit ainsi surtout de faire le tri dans la main d'œuvre dès la 6e – tout en faisant taire les éventuels contestataires.

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