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Lycée Utrillo : deux enseignantes menacées de mutation pour avoir dénoncé des VSS et du racisme

Tue, 01 Sep 2026 22:24:23 CEST

Révolution Permanente

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Au lycée Maurice Utrillo, deux syndicalistes ayant dénoncé des violences sexistes et racistes sont menacées de mutation suite à une enquête administrative menée à charge, en fin d'année dernière. Face à cette répression scandaleuse, les personnels seront en grève et appellent à un rassemblement ce jeudi 3 septembre.

Dans un communiqué intersyndical, les personnels du lycée Maurice Utrillo de Stains dénoncent les menaces de répression communiquées par le rectorat la veille de la pré-rentrée à deux de leurs collègues.

Après une mobilisation de plusieurs années contre des violences sexistes, sexuelles et racistes répétées de la part d'un enseignant contre des élèves, les personnels du lycée avaient été visés par un enquête administrative menée à charge contre celles et ceux qui dénonçaient ces violences. « Les entretiens n'ont porté que sur les supposées tensions entre collègues et ignorent les violences commises » dénonçaient les personnels en mai dernier. En cette rentrée, le rectorat cherche à accélérer la procédure et menace directement deux enseignantes syndicalistes de mutations dites « dans l'intérêt du service ». Une sanction déguisée largement utilisée, notamment par le rectorat de Créteil comme au collège Miterrand de Noisy-le-Grand en 2025, ou à l'école Pasteur de Saint-Denis en 2022->https://www.revolutionpermanente.fr/Communique-Les-6-enseignants-de-Pasteur-mutes-de-force-la-veille-des-vacances], là encore une veille de rentrée, ou encore à Nanterre pour Kai Terrada en 2022 dont la mutation forcée a d'ailleurs été annulée par le tribunal administratif. Un moyen pour l'institution de casser les collectifs militants et de tenter d'étouffer les contestations, témoignant du renforcement répressif de l'éducation nationale.

Comme le souligne le communiqué intersyndical rédigé par les personnels du lycée Utrillo, cette menace de répression révèle la réalité de la gestion des VSS par l'éducation nationale. « Nous n'acceptons pas l'inversion de la culpabilité. Alors que notre ministère communique largement sur un questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles et promet la libération de la parole, notre hiérarchie se couvre de honte en sanctionnant les lanceuses d'alerte au lieu de protéger les élèves et les personnels ». Bien loin de chercher à prévenir les violences, le rectorat réprime celles et ceux qui refusent l'omerta imposée. En 2021 déjà, une enseignante de Chalons en Champagne ayant dénoncé des VSS commises contre des élèves avait subi une mutation forcée.

Face aux menaces de sanction, les personnels du lycée seront mobilisés dès la rentrée des élèves : « Face aux sanctions du rectorat, Utrillo ne rentrera pas ! », « nous serons en grève le jeudi 3 septembre pour la rentrée scolaire et appelons à un rassemblement de soutien devant le lycée Utrillo à 10h », précise le communiqué.

Alors que le rectorat veut faire une démonstration de force à Utrillo, en réprimant un établissement connu pour ses mobilisations notamment face aux oppressions sexistes et racistes à l'image de leur grève contre la circulaire interdisant les abayas en septembre 2023, il y a urgence à se mobiliser à leur côté. Le 3 juin dernier, un premier rassemblement avait réuni une centaine de personnes à leur appel, où s'était exprimée la solidarité de plusieurs établissements du 93 et du 95. La lutte contre les VSS à l'école passe par une solidarité pleine et entière envers celles et ceux qui se mobilisent, et nécessite pour cela de dénoncer le rôle joué par l'institution qui silencie les victimes à travers des procédures opaques destinées in fine à enterrer les témoignages ou réprime celles et ceux qui le dénoncent.

Soyons nombreux ce jeudi 3 septembre devant le lycée Maurice Utrillo ! Solidarité face à la répression.

Crédit photo : Facebook - Lycée Utrillo 93 en lutte

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