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Elsa Marcel : « Il faut combattre la souffrance au travail, pas les arrêts maladie »

Tue, 01 Sep 2026 17:11:54 CEST

Révolution Permanente

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Alors que deux à trois personnes meurent chaque jour au travail en France, l'avocate Elsa Marcel dénonce l'indécence d'une politique qui s'en prend aux arrêts maladie plutôt qu'à la violence de l'exploitation. Elle appelle au contraire à garantir des arrêts sans limitation de durée et à s'opposer à une dictature patronale qui broie nos vies et notre santé.

Alors qu'entre deux et trois personnes meurent chaque jour au travail en France, le décret visant à limiter la durée maximale des arrêts maladie entre aujourd'hui en vigueur. Pendant que le patronat s'engraisse, cette attaque en règle s'en prend directement aux travailleurs et travailleuses qui perdent déjà leur vie à essayer de la gagner.
Comme avocate, je vois tous les jours des raffineurs intoxiqués au benzène, des ouvriers de l'agro-alimentaire aux doigts coupés, des aiguilleurs de train qui ont le dos cassé, sans parler des travailleurs brisés psychologiquement par le harcèlement des chefs.

Et face à ça, les employeurs n'hésitent pas à placardiser les salariés malades, à les virer pour "désorganisation de l'entreprise", à les harceler jusqu'à qu'ils craquent [1].

Cette nouvelle offensive s'inscrit dans la continuité d'une campagne indécente de culpabilisation des malades, de flicage des salariés, de pressions exercées sur les médecins, mais aussi de l'enterrement, au Sénat, d'un rapport sur la souffrance psychique au travail.

Plutôt qu'attaquer les arrêts maladie, ce qu'il faudrait c'est abroger toutes les lois anti-ouvrières accumulées ces dernières années : recul de l'âge de départ à la retraite, suppression des CHSCT, plafonnement des indemnités prud'homales, destruction méthodique du Code du travail.

La réalité du monde du travail, c'est qu'un salarié doit traverser un véritable parcours du combattant pour faire reconnaître que son travail l'a rendu malade, tandis que tout est fait pour limiter la responsabilité de l'employeur, qui n'est engagée qu'en cas de « faute inexcusable ».

Il faut imposer exactement l'inverse : suppression des jours de carence, prise en charge intégrale des arrêts maladie sans limitation de durée, élargissement radical de la reconnaissance des maladies professionnelles à toutes les pathologies causées par les conditions de travail, et indemnisation intégrale des victimes de maladies professionnelles comme d'accidents du travail, avec responsabilité pleine et entière du patron.


[1] Cette violence du travail, et la manière dont elle brise les corps et les vies, est notamment montrée dans le documentaire « RATP : La peur doit changer de camp », consacré à des travailleurs licenciés par centaines pour inaptitude, mais qui ont relevé la tête contre l'exploitation

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