Agression transphobe : une femme trans violemment agressée à Montpellier
Tue, 01 Sep 2026 17:35:17 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalUne brutale agression transphobe a eu lieu à Montpellier ce jeudi 13 août. Une jeune femme transgenre a été agressée par deux hommes après une tentative de viol. Cela s'inscrit dans la montée des violences transmisogynes et LGBTIphobes et fait suite au meurtre récent du jeune Noahm à Metz.

Jeudi 13 août aux alentours de 17h30, une jeune femme transgenre a été brutalement agressée sur les quais de Verdanson à Montpellier.
Selon le témoignage, elle est prise à partie par deux individus habillés en noir, qui l'approchent et tentent de la violer. Les violences s'intensifient lorsqu'ils se rendent compte qu'elle est une femme transgenre : ils la lacèrent avant de prendre la fuite. Elle parvient à remonter sur le trottoir pour trouver de l'aide ; des passants s'en aperçoivent et appellent les secours, ainsi que la police. Après l'agression, elle est transportée par les sapeurs-pompiers de l'Hérault jusqu'à l'hôpital Lapeyronie. La victime a été gravement blessée aux bras et aux jambes, mais aussi au visage, elle présente en tout 50 points de suture pour une centaine d'entailles. Sur les réseaux sociaux, cette agression provoque un choc dans la communauté LGBTI, alors qu'en même temps on apprend les suicides de plusieurs femmes trans.
Une couverture médiatique transphobe des médias et de l'extrême droite
Dans la presse locale, on apprend qu'aucune piste n'est écartée par les enquêteurs, “notamment celle de l'automutilation”. Dans un article de Ici ainsi que chez le Métropolitain, on mégenre la victime (c'est-à-dire qu'on la désigne dans un genre qui n'est pas le sien, ici au masculin), triste rappel du piètre traitement médiatique réservé aux agressions visant les femmes trans ou LGBTI qui se retrouvent au cœur d'une campagne de déshumanisation transphobe.
Cette agression a aussi rapidement suscité des réactions de soutien de la part des réseaux LGBTI, on a très vite vu fleurir des commentaires de comptes d'extrême droite, banalisant les violences, tenant des propos à caractère transphobe et raciste, en appelant à révéler l'origine des agresseurs, ou à un durcissement de la surveillance à Montpellier.
Face la montée de la transphobie, construisons la riposte
Alors que cette agression intervient dans un contexte de montée des discours et des violences transphobes, où l'extrême droite cherche à faire des personnes trans des boucs émissaires, elle ne peut pas être réduite à un simple fait divers. En France, les infractions anti-LGBT+ enregistrées par les services de police et de gendarmerie ont augmenté en moyenne de 13 % par an entre 2016 et 2024.
Mais cette offensive ne vient pas uniquement de l'extrême droite. La Macronie a elle aussi porté ou accompagné plusieurs politiques qui restreignent les droits des personnes trans et contribuent à leur précarisation. Dernier exemple en date : le budget 2026 instaure un timbre fiscal de 50 euros pour engager certaines procédures judiciaires de changement d'état civil. Cette contribution concerne notamment les demandes de modification de la mention du sexe à l'état civil, sauf pour les personnes bénéficiant de l'aide juridictionnelle. La Macronie a aussi exclu les personnes trans de la PMA, et Macron a fait le choix délibéré lors des élections législatives en 2024 d'aller sur le terrain de l'extrême droite en dénonçant la revendication élémentaire du changement de genre sur simple demande en mairie.
Dans la période actuelle, il faut donc combattre les violences transphobes et leurs responsables qui mènent des politiques qui précarisent et restreignent les droits des personnes trans en créant un climat propice aux violences. La lutte contre la transphobie ne peut pas se limiter à dénoncer les agressions : elle doit aussi passer par la lutte massive et intransigeante pour les droits des personnes trans. Au rebours des logiques racistes et sécuritaires relayées par l'extrême droite, avec notre collectif Du Pain et Des Roses nous nous battons pour des mesures permettant réellement d'améliorer la vie des personnes LGBTI et d'enrayer les violences. Nous revendiquons des moyens pour assurer une éducation de qualité sur les questions de genre et de sexualité, la réquisition des logements vides afin d'accueillir toutes les personnes trans et LGBTI qui fuient des foyers violents et vivent dans la précarité, la régularisation de toutes et tous les sans-papiers, le partage du temps de travail et l'augmentation généralisée des salaires pour lutter contre le chômage et la précarité qui frappent en particulier les personnes LGBTI.