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« Fuck Marine le Pen » : à Rock en Seine, Lambrini Girls donnent le ton !

Mon, 31 Aug 2026 23:27:02 CEST

Révolution Permanente

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Le groupe punk-queer Lambrini Girls a affiché un énorme « Fuck Marine Le Pen » devant des milliers de personnes, dans la joie des pogos boueux de la grande scène de Rock en Seine. Le trio de Brighton a ramené à St-Cloud un discours offensif contre l'extrême droite et les gouvernements qui lui pavent la voie, ayant à cœur de faire de la scène un espace politique.

Rock en Seine est désormais connu pour être un festival mêlant terrains boueux et têtes d'affiches engagées à gauche. Après le passage sous tension de Kneecap l'année dernière, c'est cette fois un autre groupe anglophone – Lambrini Girls –, qui a affiché en grandes largeurs une position politique claire, entre dénonciation de l'extrême droite et soutien inconditionnel aux personnes trans ainsi qu'à la Palestine.

Lambrini Girls – dont le nom est tiré d'une marque de poiré décrite comme « destinée aux femmes alcooliques » – est un phénomène dont la presse francophone parle moins, mais qui fait du bruit outre-Manche. Connues pour leurs positions politiques tranchées en faveur des personnes trans et contre l'extrême droite, la chanteuse et guitariste Phoebe Lunny déclarait pour le magazine Sound of Violence : « Je ne veux pas faire de compromis sur nos croyances politiques et sociales. On est un groupe pro-palestinien, pro-transsexuels, anti-occupation, on déteste la police, on est pour les droits des personnes queers ou LGBT. »

Une position conséquente pleinement assumée, alors que leur premier album, « Who Let the Dogs Out » (2025) se classe ainsi à la 16e place du UK Albums Charts et le morceau « God's Country » à la 9ème place du classement officiel des singles. Une popularité qui n'est pas sans signification mais qui démontre d'un phénomène plus large de politisation des groupes punk/post-punk anglophones à laquelle le public adhère, notamment dans des pays où les dernières générations n'ont pas connu de propositions convaincantes face à l'extrême droite, quand pourtant celle-ci progresse.

Quelques jours auparavant, le groupe avait déjà affiché au Portugal « Fuck Chega », (parti d'extrême droite portugais) assorti de « Libérez la Palestine, le Congo et le Soudan. » Continuant leur tournée, à Rock en Seine, c'est justement sur le morceau « God's Country » que les queers de Brighton ont affiché ce slogan « Fuck Marine Le Pen » accueilli par un énorme Wall of Death (pogo) et par le chant « la jeunesse emmerde le Front National » chanté spontanément par le public. Cohérence artistique oblige, ce morceau est une diatribe contre l'extrême droite et la politique du gouvernement britannique :

« Désolée chérie, mais on dirait l'austérité / « Three Lions » (chant emblématique de l'équipe d'Angleterre), frontières fermées / L'Etat est hors la loi / Mais « God save the King » / « Grande Bretagne », êtes-vous sûrs ? ».

Outre ce moment remarqué, le concert était parsemé de discours politiques tout aussi tranchés, notamment une prise de parole de la batteuse Misha Phillips contre la transphobie faisant écho aux attaques toujours plus violentes contre les personnes trans au Royaume-Uni, mais aussi à des formes de solidarité de classe face à l'extrême droite, à l'organisation, à aller au-delà du vote.

Les réactions ne sont pas faites attendre, alors que les images ont fortement circulé sur les réseaux et ont même été relayées par Rock en Seine eux-mêmes. La députée européenne RN Julie Rechagneux a ainsi revendiqué les définancements de la culture si le RN arrivait au pouvoir : « En 2027, les Français pourront choisir de ne plus financer ceux qui les insultent. » Une sortie austéritaire et autoritaire qui n'est finalement pas si loin de la situation actuelle, alors que la ville de Saint-Cloud et la région Ile-de-France ont décidé en avril dernier de retirer les subventions allouées à l'événement (355.000€), suite à la programmation du groupe pro-palestinien Kneecap.

Finalement, l'album « Who let the dogs out » trouve partout sa meute, faisant de chaque titre un hurlement combatif contre l'ordre établi, et de Lambrini Girls l'un des groupe punk britannique le plus engagé du moment. Plus largement, cette expression se fait le témoignage d'une jeunesse anglaise qui exprime une politisation croissante dont la radicalité émerge jusqu'aux grandes scènes européennes.

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