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Grève historique à Airbus en Espagne : plus d'un millier de travailleurs rassemblés ce vendredi

Fri, 28 Aug 2026 18:15:26 CEST

Révolution Permanente

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Ce vendredi, les grévistes d'Airbus à Getafe étaient près d'un millier à se rassembler pour discuter des suites de la mobilisation. Fer de lance d'une lutte qui touche plusieurs sites Airbus dans le pays, la grève perturbe fortement la production militaire et civile du géant aéronautique.

Après une grève qui a duré 23 jours en juillet, les travailleurs d'Airbus Espagne ont repris la mobilisation pour les salaires et les conditions de travail ce mardi. Les sites de Getafe, Séville, Albacete et Illescas sont de nouveau très fortement mobilisés. Sur le site de Cadix, la grève devrait débuter le 1er septembre.

À Getafe, principal lieu de production d'Airbus dans l'État espagnol, près d'un millier de grévistes se sont réunis vendredi matin devant la porte nord de l'usine. À 9 h 30, de nombreux autres les ont rejoint pour commencer une assemblée générale ponctuée par des nombreuses interventions. Les débats se surtout focalisés sur les rythmes de la mobilisation.

« L'usine était fermé pendant plusieurs semaines. On revient à peine de vacances et on voit déjà que la mobilisation reprend fortement. Ca devrait s'amplifier la semaine prochaine avec le retour d'autres salariés qui sont encore en vacances. La grève est très suivie chez nous à Getafe mais aussi dans d'autres sites en Espagne » confie un gréviste à la délégation de Révolution Permanente présente lors du rassemblement et l'assemblée générale. Sur cette base, il a été décidé de voter une potentielle reconduction de la grève, lundin quand il y aura plus de monde et de participer aux négociations de mardi avec la direction.

Dans les discussions, les manœuvres de la direction ont de nombreuses fois été évoquées. En effet, cette dernière a multiplié les coups de pressions ces derniers jours face à une grève qui s'installe dans la durée et met à mal les chaînes de production de l'avionneur européen.

Il faut bien comprendre l'enjeu, Airbus produit en Espagne de nombreux appareils militaires (dont l'A400M, le C295 à Séville, l'Eurofighter à Getafe ou encore les hélicoptères de combat NH90 et H135 à Albacete) et des pièces décisives pour la fabrication de l'A320, son modèle d'avion civile le plus vendu. La grève vient donc perturber la livraison des productions les plus centrales d'Airbus.

Pourtant, le respect des délais de livraison est l'aiguillon central qui influe sur la valorisation du groupe aéronautique en Bourse. Plus le fabricant livre des avions et des hélicoptères chaque mois, plus le groupe encaisse du « cash flow » et se porte bien en bourse. Dans ce contexte, la grève commence à créer un effet de panique chez la direction qui craint aussi une potentielle contagion en France ou il y avait eu des mobilisations en mai et juin dernier.

Face à cette situation, la direction a opéré des premiers reculs fin juillet en proposant des accords avec notamment le retrait de la baisse du temps de télétravail et une augmentation de 12% des salaires sur 2 ans. Mais les travailleurs, bien conscient de la puissance de leur mobilisation, ont refusé l'accord et voté pour continuer la mobilisation après les vacances d'été. Guillaume Faury, le PDG d'Airbus, assume lui même en juillet que « la grève a des raisons plus profonde ».

La direction d'Airbus a donc choisi d'en venir aux coups de pressions. Mardi, elle a indiqué qu'en cas de poursuite de la grève, les usines espagnoles pourraient perdre une partie de leur charge de travail et être exclues de la répartition des futurs contrats. Elle a aussi annoncé la suspension des embauches prévues.

À cela s'est ajouté un autre coup de pression : celui du gouvernement de Pedro Sanchèz qui, par la voix de son ministre de l'Industrie et du Tourisme, Jordi Hereu, a laissé entendre mercredi qu'une intervention de l'État était envisageable. Certains grévistes pensent qu'une intervention de l'État pourrait aboutir à une « médiation ». Mais il ne faut avoir aucune illusion. L'État Espagnol défend clairement les intérêts de la direction d'Airbus ainsi que ceux des actionnaires et a pour seul objectif de ramener la paix sociale.

Malgré ces menaces, les grévistes ont réaffirmé ce vendredi leur volonté de se battre et de faire grandir le mouvement. « Certains syndicats discutent de coordonner des actions en septembre avec la France. Ca va être décisif pour faire pression sur le groupe, Airbus a peur de la contagion » affirme fièrement un des grévistes avant le début de l'assemblé générale à Getafe.

Les travailleurs d'Airbus ont raison de se battre pour de vraies augmentations de salaires, de meilleures conditions de travail ainsi que le retrait définitif de la baisse du temps de télétravail. Ils constituent un exemple à suivre pour l'ensemble des travailleurs de l'aéronautique et au delà. Par cette mobilisation, les grévistes d'Airbus montrent leur force alors qu'ils se trouvent au cœur d'une production charnière pour le capitalisme européen.

La grève massive en cours rappelle aussi tout le potentiel des travailleurs pour enrayer la machine de guerre des puissances impérialistes. Airbus représente 49 % de l'industrie de défense espagnole et constitue un secteur stratégique dans la course à la militarisation en Europe. Alors que les tendances à la guerre s'intensifient et que les attaques de la direction d'Airbus se font au nom des « tensions internationales », il faut que les travailleurs d'Airbus dénoncent et s'opposent au réarmement impérialiste en cours.

Plus largement, la mobilisation pose la question de la direction de la production et de sa finalité. Alors que les canicules de cet été ont ravagé des régions entières en Europe et partout sur la planète et que nous manquons cruellement de Canadairs, il faut poser la question de la reconversion des industries militaires vers la production civile pour la mettre au service des besoins de la population plutôt qu'au service de la militarisation.

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