Crise climatique. Au moins 270 morts et 1300 disparus au Népal suite à l'effondrement d'un glacier
Thu, 27 Aug 2026 14:07:46 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe mercredi 26 août, des coulées de boue dévastatrices à la frontière du Népal et du Tibet ont entraîné la mort d'au moins 270 personnes, selon un bilan provisoire, avec plus de mille disparus. Provoquée par l'effondrement d'un glacier, cet événement met une nouvelle fois en lumière les effets de la crise climatique à travers la multiplication de catastrophes.

Les images qui nous arrivent de la frontière du Népal et du Tibet sont presque apocalyptiques. Dans la matinée de ce mercredi 26 août, une vague de plusieurs mètres a submergé la vallée, détruisant les maisons, marchés, routes, ponts, infrastructures et provoquant au moins 270 morts et 1300 disparitions, selon un bilan provisoire de la police népalaise. Ces violentes coulées de boues, mélange d'eau, de terre et de débris emportés dans son sillage, ont littéralement enterré des dizaines d'immeubles de plusieurs étages, détruit pas moins de 27 ponts et gravement endommagé le site de construction d'une centrale hydroélectrique – les autorités ayant indiqué que le contact avait été perdu avec environ 60 ouvriers présents dans l'un des tunnels du projet au moment de l'impact.
BREAKING : At least 380 people missing after flash flood hits near Nepal-Tibet border pic.twitter.com/iCRpXJaBAe
— BNO News Live (@BNODesk) August 26, 2026
D'après l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS), cette crue brutale a probablement été provoquée par l'effondrement d'un glacier. Selon Sarthak Shrestha, chercheur au Centre international pour le développement intégré de la montagne, « une avalanche de roches et de glace s'est produite au Népal, bloquant la rivière Lhende et causant la crue ».
Ce phénomène vient s'ajouter au risque important de GLOF (« Glacial lake outburst flood », vidange brutale de lac glaciaire) que connait la région, et qui peut également être à l'origine de ce type de crues dévastatrices. En juillet 2025, un GLOF provoquait déjà des coulées de boue meurtrières à la frontière entre le Tibet et le Népal. Aujourd'hui, cinq lacs de la région du Cachemire sont considérés comme « hautement susceptibles » de connaître un tel phénomène. La récurrence de ces catastrophes et l'augmentation de l'instabilité dans la région ne sont pas sans cause.
Dorothy Heinrich, chercheuse à l'Université de Reading, explique : « Nous savons à quoi ressemblent les tendances du changement climatique dans l'Himalaya. Nous avons des certitudes quant à l'augmentation des vagues de chaleur, au recul des glaciers, à la réduction du permafrost, ce genre de phénomènes qui peuvent, par exemple, provoquer des glissements de terrain et des crues soudaines ».
Cette catastrophe soulève une nouvelle fois la vulnérabilité de celles et ceux qui vivent sur la chaîne de l'Himalaya face à la crise climatique. La fonte accélérée des glaciers menace en effet la vie de 240 millions d'individus dans la région, selon un rapport corédigé par plus de 200 scientifiques. Une situation alarmante qui met en lumière les conséquences du réchauffement climatique, induit par le système de production capitaliste, sur la vie de millions de travailleurs et de travailleuses.
Après un été marqué des méga-incendies qui ont conduit à l'évacuation de centaines de milliers de personnes dans le monde entier, cette crue meurtrière vient en effet rappeler la réalité concrète de la catastrophe climatique : une démultiplication des événements autrefois considérés comme exceptionnels dans un environnement toujours plus chaotique. Cette accélération pose avec une urgence toujours plus grande la nécessité de s'attaquer à la cause première de ces événements, le mode de production capitaliste tout entier, en solidarité avec celles et ceux qui, à travers le monde, sont en première ligne face au désastre climatique.
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