Nantes. La Mairie PS jette à la rue plus de 200 roms pour raser leurs bidonvilles
Fri, 21 Aug 2026 20:01:11 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalÀ Nantes, la mairie PS de Johanna Rolland a fait expulser 215 habitants roms des bidonvilles de Doulon Gohards, sans aucune solution de relogement. Derrière le prétexte des « nuisances », cette opération révèle une politique qui sacrifie les plus précaires au nom des projets d'urbanisme.

Mardi matin, une centaine de policiers et de CRS, dans une vingtaine de camionnette, ont été déployés sur les bidonvilles de la ZAC de Doulon Gohards près de Nantes. En prenant soin de garder à l'écart les journalistes, la police a procédé à l'expulsion du camp. Ils ont délogé et mis hors du camp 81 caravanes, poussant près d'une centaine de familles à dormir dans des conditions inhumaines au bord de la route.
Depuis longtemps, les habitants des bidonvilles Nantais ainsi que les associations alertent sur les conditions de vie qui y règnent, l'enjeu étant d'autant plus central à Nantes qu'il s'agit de la ville française concentrant le plus grand nombre d'habitant vivant en bidonville (3500 personnes pour 60 bidonvilles).
L'expulsion à été orchestrée par la Mairie PS de Johanna Rolland main dans la main avec la préfecture, dont la police a jeté hors de leurs lieux d'habitation les 215 habitants de Doulon Gohards sans aucune autre solution de relogement. Sous le prétexte vague de « nuisance » la mairie reprend en fait la rhétorique réactionnaire anti-tzigane ressortie par l'ex-premier ministre Gabriel Attal le 4 août dernier et qui affirmait vouloir « prévenir les installations, faire payer les occupants et prononcer des sanctions fermes et exemplaires ».
Mais derrière ces questions de nuisances ce sont en réalité des projets d'urbanisme qui motivent ces expulsions. Comme souvent, la gestion de la municipalité sacrifie les conditions de vie des roms, qui forment un contingent important de la classe ouvrière nantaise alors qu'une grande partie des habitants du camp travaille dans les maraîchages autour de Nantes.
L'expulsion à provoqué, à juste titre, l'indignation du député de la France Insoumise Andy Kerbrat. Une pétition de principe néanmoins assez impuissante, alors que son organisation a fait alliance avec la mairesse sortante et permis sa réélection à l'issue des dernières municipales.
En plus de condamner avec force cette énième offensive raciste et afin de réellement améliorer les conditions de vie et garantir un droit au logement décent pour les roms, nous devons exiger la réquisition des terrains vacants et de l'ensemble des logements vides de la ville de Nantes et leur mise à disposition de ceux qui en ont réellement besoin.