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Canicule dans les logements CROUS : le Poing Levé fait adopter des mesures, imposons leur mise en place !

Wed, 12 Aug 2026 18:32:07 CEST

Révolution Permanente

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Les élus du Poing Levé ont contraint le Conseil d'administration du CROUS de Paris à adopter des mesures d'urgence contre la canicule. Un premier pas dont les résidents des logements CROUS doivent se saisir pour arracher leur mise en place et imposer un plan de rénovation ambitieux !

Lors du Conseil d'Administration (CA) du CROUS de Paris en juillet, les élus du Poing Levé ont présenté une motion qui dénonce la gestion de la canicule par le CROUS, et l'engage à prendre des mesures d'urgence : installation d'un ventilateur ou climatiseur dans chaque chambre, mise en place d'espaces de fraîcheur dans chaque résidence et le relogement des étudiants si ces conditions ne sont pas respectées.

Le texte engage également le CROUS à la mise en place d'un plan de rénovation thermique pour chaque bâtiment, et un plan d'emploi à partir de commissions d'étudiants et de travailleurs. Adoptée à la majorité, cette motion doit maintenant être mise en application par l'institution. Une mise en œuvre qui dépendra du soutien et de la mobilisation des résidents du CROUS, et des étudiants en général.

La gestion désastreuse de la canicule par le CROUS

Les étudiants résidents et les travailleurs du CROUS ont vécu des semaines infernales à cause de la chaleur, et de la gestion désastreuse de la canicule par l'institution. Les logements sont mal isolés, n'ont souvent pas de volets, et aucun espace de fraîcheur n'existe dans les résidences. Pire encore, des coupures de courant sont survenues dans certains bâtiments, parfois pendant plusieurs jours, laissant les étudiants sans frigo, sans ventilateur, et avec un appartement entre 30 et 40°C. Sur les réseaux sociaux ou dans la presse, des étudiants témoignent de la détresse dans laquelle ils sont plongés : obligés de prendre jusqu'à 5 douches par jour, impossibilité de cuisiner, étourdissements, vomissements, prise en charge par les urgences...

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Ces conditions sont aggravées par la précarité étudiante. De nombreux étudiants (notamment étrangers, ultramarins et salariés) n'ont pas les moyens de se munir d'un ventilateur, d'un climatiseur, ni de se loger dans des logements mieux isolés.

Pour le personnel du CROUS, si certaines mesures ont été prises - comme la fermeture des restaurants universitaires quelques jours en juin et l'utilisation marginale de couverts jetables pour éviter de faire fonctionner les salles de plonge - les infrastructures restent largement inadaptées et causent une souffrance au travail importante. À l'heure de l'accélération du changement climatique, l'absence de mesures concrètes de la part du CROUS est scandaleuse et dangereuse pour la vie de ses travailleurs et résidents.

Alors que la canicule la plus intense de cet été a fait plus de 6000 morts, les CROUS proposent comme solution aux étudiants de…. « prendre soin les uns des autres ». Concrètement : « suspendre des serviettes humides » et « boire de l'eau ». En bref, le CROUS ne mène qu'une campagne de prévention, laissant aux étudiants le loin de gérer individuellement la situation, sans aucune mesure d'urgence.

Au cours du dernier Conseil d'administration du Crous de Paris, la présidence a présenté un plan sommaire contre la canicule, dont les mesures ne faisaient que reprendre les directives nationales, en total décalage avec le quotidien des résidents et des travailleurs du CROUS.

Avec le Poing Levé, nous avons présenté une motion, visant à la mise en place de mesures concrètes d'aide aux étudiants résidents dans des logements CROUS. La présidence a cherché à nous décourager de mettre au vote notre texte, prétextant qu'elle n'en avait pas l'obligation. Un exemple du fonctionnement anti-démocratique du CROUS, composé de 28 membres, dont seulement 10 élus étudiants et travailleurs, le reste étant majoritairement nommé par l'État. La direction du CROUS a finalement dû se plier à la mise au vote de la motion, face à la contestation des organisations étudiantes. La motion a finalement été mise au vote, et adoptée à la majorité, malgré l'abstention de la direction du CROUS.

La mise en œuvre de ces mesures d'urgence dépend de notre mobilisation !

En s'appuyant sur le vote de la motion, qui est un engagement formel de la part du CROUS de Paris, nous devons maintenant nous assurer de la mise en place concrète de ces mesures d'urgence. Le Poing Levé lance une pétition qui exige l'application concrète de la motion, et sa généralisation dans tous les CROUS de France.

Cette pétition est un outil pour construire la mobilisation dans toutes les résidences CROUS, pour obtenir la mise en place effective de ces mesures. Dans plusieurs résidences, des mobilisations contre les conditions de vie désastreuses des habitants ont déjà eu lieu. À Metz, dans la résidence du Saulcy, alors que la température des chambres dépassait les 40 degrés, les étudiants se sont réunis pour décider de revendications à adresser au CROUS de Lorraine. Un exemple d'auto-organisation dont il faut s'inspirer.

La mise à disposition de moyens de climatisation et un plan de rénovation énergétique pour tous les bâtiments sont nécessaires pour assurer des conditions de vie dignes aux étudiants et travailleurs.

Ces revendications doivent s'accompagner d'un programme offensif, qui exige un revenu étudiant pour combattre structurellement la précarité étudiante, ainsi que la hausse des salaires et l'embauche de nouveaux travailleurs du CROUS pour faire baisser les cadences de travail. Ce programme est un programme d'action, qu'il faut arracher par les méthodes du mouvement étudiant, en construisant partout où cela est possible des cadres d'auto-organisation, à travers des comités d'action. L'immense élan de solidarité qui s'est formé contre les incendies en Gironde est un exemple à suivre.

Bien loin d'être égaux face aux conséquences du changement climatique, étudiants et travailleurs doivent s'organiser contre les vrais responsables de la crise climatique : le gouvernement et le patronat, ainsi que contre tous les profiteurs de la crise climatique. Ainsi, la mobilisation pour vivre dignement doit aussi devenir une lutte contre les destructeurs de la planète, et pour la remise en cause des bases structurelles d'un système capitaliste qui est à l'origine de la destruction de la planète.

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