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« Nous ne sommes pas des machines à sous » : une étudiante témoigne des conséquences de « Bienvenue en France »

Mon, 10 Aug 2026 11:46:50 CEST

Révolution Permanente

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Awa*, étudiante en biochimie moléculaire à l'Université de Toulouse, témoigne de la violence du décret « Bienvenue en France », qui risque de l'empêcher de continuer ses études alors qu'elle est déjà forcée de travailler pour les financer. Son témoignage s'inscrit dans le cadre de la campagne du Poing Levé visant à organiser une réponse massive face à cette attaque raciste de grande ampleur.

Huit ans après le lancement du plan « Bienvenue en France », qui avait notamment pour objectif de faire payer aux étudiants étrangers des frais quinze fois supérieurs à ceux que paient les étudiants français et européens, l'État revient à la charge avec la stratégie « Chose France for Higher Education ». Cette dernière généralise l'augmentation des frais d'inscriptions pour les étrangers extra-européens, qui étaient encore exonérés dans certaines universités.

Pour s'organiser contre cette offensive raciste, le Poing Levé a diffusé un formulaire à destination, entre autres, des étudiants étrangers. Nous reproduisons ici le témoignage de Awa*, étudiante en Licence parcours Biochimie, biologie moléculaire et microbiologie à l'Université de Toulouse.

« À la vue de cette nouvelle loi, je suis complètement découragée.

Imagine que, du jour au lendemain, on te dit : “Tu ne payes plus 178€ en licence et 250€ en master mais 2 895 € en licence, et 3 941 € en Master”, alors que tu n'avais rien vu venir. Nous, étudiants étrangers, on ne nous autorise pas à travailler plus de 20h par semaine. Comment faire pour réunir cette somme en si peu de temps ? Moi, par exemple, je finance toute ma scolarité sans l'aide de qui que ce soit, à la sueur de mon front. Depuis que je suis en France, je finance mes études.

Imagine que tu planifies tout et, du jour au lendemain, on te dit que tu n'as plus le droit de payer 178€ mais que tu dois payer 3000€. Imagine-nous, étudiants étrangers, qui avons quitté nos familles juste pour avoir un avenir meilleur, pour étudier et aider notre famille parce qu'ils comptent sur nous et qu'ils n'ont pas beaucoup d'argent. Tout ce qu'ils avaient, ils l'ont investi pour qu'on puisse continuer nos études dans de meilleures conditions.

Ça fait vraiment mal, et cette discrimination doit cesser. Nous ne sommes pas les machines à sous du gouvernement !

Même quand tu dors, tu as peur de te réveiller et de trouver de nouvelles lois qui te visent alors que t'as rien fait de mal. On a juste eu le malheur de choisir la France comme destination pour nos études et pour avoir un diplôme reconnu.

Chaque jour, je m'endors et je me réveille en pensant à cette loi qui vise à séparer les étudiants étrangers des étudiants européens, à nous montrer qu'on n'est pas vraiment considérés comme étudiants, qu'on est juste là. Chaque changement nous vise personnellement, et nous démotive carrément.

Ça ne donne plus envie de continuer ces études et c'est vraiment triste pour un pays comme la France. Ils nous font savoir qu'on n'est pas à notre place. »

Cette attaque est l'une des plus massives à viser les étudiants ces dernières années. En s'en prenant aux jeunes étrangers des classes populaires, souvent originaires des anciennes colonies françaises, elle s'inscrit pleinement dans le projet de l'État bourgeois : celui d'une université d'élite fermée aux classes populaires qui auront pour seul avenir de nourrir les projets guerriers de la bourgeoisie.

Face à cette vision réactionnaire, Le Poing Levé souhaite opposer le projet d'une université ouverte aux classes populaires et aux étrangers et fermée aux entreprises qui ont malheureusement de plus en plus voix au chapitre en ce qui concerne le contenu des cours. Cela suppose de supprimer Bienvenue en France et toutes les mesures de tri social et raciste, mais aussi de régulariser tous les étrangers et de leur garantir un accès réel à toutes les aides sociales qui leur sont inaccessibles, comme les APL. Pour porter ce projet aux côtés du Poing Levé, témoigne et relaie le formulaire autour de toi et rejoins les comités d'action contre Bienvenue en France !

*Le prénom a été modifié.

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