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Méga-feux en Gironde : derrière Thomas Cazenave, la responsabilité accablante des artisans de l'austérité

Sat, 01 Aug 2026 16:57:47 CEST

Révolution Permanente

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Tandis que les incendies commencent à être stabilisés grâce à la mobilisation des pompiers et à un immense élan de solidarité, la question des responsables se pose. De Thomas Cazenave à ses anciens collègues du gouvernement, les artisans de l'austérité budgétaire portent une responsabilité écrasante dans l'ampleur du désastre.

Après plusieurs jours d'incendies hors de contrôle, la situation en Gironde commence à s'améliorer, les pompiers parvenant progressivement à stabiliser les principaux foyers. Cette embellie doit beaucoup à un immense élan de solidarité ouvrière et populaire : des centaines de volontaires sont venus prêter main-forte aux pompiers sur le terrain, tandis que des bénévoles se sont mobilisés pour accueillir et soutenir les sinistrés dans les communes évacuées, notamment au Parc des expositions.

Mais à mesure que le feu est dominé, la question des responsables de cette catastrophe émerge inévitablement. Le gouvernement, qui a fait interpeller plus de 300 personnes qui seraient responsables des départs de feux, cherche à masquer sa responsabilité majeure dans l'ampleur du désastre. Parmi les nombreux responsables politiques qui s'affichent aujourd'hui en sauveurs de la situation, le maire de Bordeaux et président de la métropole, Thomas Cazenave, est l'un des plus éloquents : cet élu Renaissance, ancien député de Gironde et ancien ministre de Macron, a appliqué des politiques austéritaires qui ont privé les pompiers des moyens nécessaires pour endiguer les feux.

Un député qui a voté contre les moyens des pompiers, artisan de l'austérité

Cela ne date pas d'hier. Lors de l'examen du budget 2023, en pleine séquence des mégafeux de La Teste-de-Buch et de Landiras, déjà en Gironde, Thomas Cazenave, alors député EPR du département, s'était opposé en commission des finances à une série d'amendements qui réclamait des moyens supplémentaires pour les Services départementaux d'incendie et de secours (Sdis). Ont été notamment rejetés une dotation de 15 millions d'euros par an sur cinq ans, pour équiper les Sdis en camions-citernes feux de forêt, ainsi que des crédits pour l'achat d'hélicoptères Super Puma et la formation de nouveaux sapeurs-pompiers. Pour justifier son vote, Thomas Cazenave avait alors renvoyé la question à une hypothétique mission chargée de « remettre à plat le financement des Sdis », une promesse restée lettre morte : quatre ans plus tard, aucune loi de modernisation des Sdis n'a vu le jour, malgré une série de rapports pointant la situation critique des services.

Devenu ministre délégué chargé des Comptes publics en 2024, Thomas Cazenave a ensuite personnellement orchestré l'une des plus violentes saignées budgétaires de ces dernières années. En février 2024, il a co-signé, avec Bruno Le Maire et Gabriel Attal, un décret d'annulation de 10 milliards d'euros de crédits sur l'ensemble des dépenses de l'Etat, puis annoncé un nouvel effort de 10 milliards supplémentaires dans le cadre du budget 2024, soit 20 milliards de coupes en quelques mois. C'est précisément dans ce contexte d'annulations en série que la construction de deux Canadair supplémentaires, pourtant promise par Macron après les mégafeux de 2022, a été purement et simplement annulée.

Les promesses de Macron de 2022, restées lettre morte

Cette impréparation chronique s'inscrit dans la continuité des annonces démagogiques, et pourtant déjà limitées, faites par Emmanuel Macron après les mégafeux de l'été 2022. Le 28 octobre 2022, le président avait promis solennellement le renouvellement complet de la flotte de Canadair, portée de 12 à 16 appareils d'ici la fin de son mandat en 2027, ainsi que 250 millions d'euros pour le « réarmement aérien d'urgence », 150 millions supplémentaires pour les Sdis, et la plantation d'un milliard d'arbres en dix ans. Quatre ans plus tard, alors que la Gironde brûle à nouveau, la France ne dispose toujours que des 12 mêmes Canadair, vieux de plus de 30 ans, et n'en recevra que deux de plus, non pas en 2027 comme promis, mais en 2028. Entre 2017 et 2026, le budget de la sécurité civile n'a progressé que de 40%, quand la surface brûlée par les incendies a, elle, été multipliée par sept sur la même période.

Loin de s'inverser, cette logique d'étouffement budgétaire continue de frapper la sécurité civile. Pour 2026, le budget de la sécurité civile stagne, avec seulement 60 millions d'euros d'augmentation. Les Sdis, financés à plus de 90% par les collectivités territoriales et notamment par les départements, subissent de plein fouet l'asphyxie financière de ces derniers : leur contribution est passée de 1,6 milliard d'euros en 2005 à 3,3 milliards aujourd'hui, sans que l'Etat ne compense cette charge croissante.

En Gironde même, cette austérité se décline très concrètement au niveau local. La Chambre régionale des comptes de Nouvelle-Aquitaine prépare un plan de retour à l'équilibre qui prévoit un coup de rabot de 6,6% sur la contribution du département au Sdis de Gironde, ramenant sa participation à 100 millions d'euros, en pleine saison des mégafeux. Une austérité locale qui vient percuter de plein fouet les moyens humains et matériels dont les pompiers auraient justement besoin pour affronter des étés toujours plus destructeurs.

Imposer par la lutte des moyens à la hauteur

Plus que jamais, cette nouvelle catastrophe écologique et sanitaire que représentent les mégafeux doit nous pousser à combattre les saignées budgétaires orchestrées par le gouvernement et les responsables politiques comme Thomas Cazenave. Il ne faudra pas attendre un énième plan gouvernemental, aussi démagogique que celui de 2022 : c'est par le rapport de forces, en s'organisant collectivement et à la base, que les travailleurs et la population pourront imposer des moyens massifs et pérennes pour la sécurité civile, la prévention des incendies et l'ensemble des services publics mis à mal par des années d'austérité. Enfin, c'est cette même capacité d'auto-organisation qui doit nous permettre non seulement de dégager celles et ceux qui portent la responsabilité de cette catastrophe, mais de nous réapproprier et d'organiser collectivement la lutte contre les incendies, et au-delà, de renverser un système capitaliste qui produit, saison après saison, les conditions mêmes du désastre.

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