« Pas de ronds, pas de bonbons ! » : les travailleurs de Haribo Marseille en grève pour leurs salaires
Fri, 31 Jul 2026 02:22:16 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalÀ Haribo Marseille, la grève a commencé après les NAO et tient depuis 5 semaines. Face à l'augmentation du prix de la vie, les miettes lâchées par la direction sont loin de satisfaire les travailleurs mobilisés. Un exemple à généraliser partout pour faire face au patronat et à l'inflation.

Ce mercredi, se tenait devant l'usine Haribo de Marseille du quartier des Arnavaux, un rassemblement de soutien aux salariés en grève depuis maintenant 5 semaines. Rejoints par une dizaine de salariés de l'usine d'Uzès, eux aussi en grève pour la journée, ainsi que par des soutiens extérieurs, l'ambiance était festive mais déterminée. Barbecue, prises de parole : la colère ne retombe pas. Face à l'inflation, les salariés réclament 100 euros d'augmentation pour toutes et tous, une revendication légitime que la direction continue d'ignorer.
Ce sont les NAO, les négociations annuelles de revalorisation salariales, qui ont mis le feu aux poudres le 25 juin dernier. Et pour cause, la direction a annoncé une revalorisation à hauteur de 0.9%, loin de rattraper les 2,5% d'inflation ; « du foutage de gueule » pour ces salariés mobilisés, déterminés à ne pas se laisser faire : « on est là depuis des années, on se lève tous les jours pour participer à la production et à la performance de l'entreprise, et aujourd'hui, ils nous proposent une augmentation de 18 euros brut ? Ce n'est pas acceptable ». D'autant plus qu'il y a quelques mois, la direction louait le cinéma de la Joliette pour présenter le très bon bilan de l'entreprise aux salariés en les targuant d'avoir « casser la baraque » tellement les résultats sont bons avec un tonnage produit jamais égalé auparavant.
Dès le 26 juin, les salariés des deux usines d'Uzès et de Marseille débrayent. 2h par jour et par poste. De quoi désorganiser la production selon Guillaume, responsable CGT sur Uzès : « l'impact de la grève s'est fait sentir, la perte de 400 tonnes de production sur Uzès et de 1500 tonnes sur Marseille a entraîné 1,5 millions d'euros de perte. Ils auraient cédé à nos revendications – 100 euros par salarié – ils n'auraient perdu qu'un million. Ils ne savent pas réfléchir ces gens-là ».
La direction cherche à casser la grève en embauchant des intérimaires pour travailler le weekend. Mais les grévistes sont formels : qu'il s'agisse d'une machine à l'arrêt à cause de bonbons coincés, d'un problème mécanique, ou de conditionnements à préparer avant démarrage, l'expertise des salariés titulaires reste indispensable. Seuls, les intérimaires ne peuvent pas faire tourner l'usine. La direction, revenue à la table des négociations, a alors proposé d'augmenter la revalorisation à 1,5%, soit 24 euros brut. Toujours pas acceptable selon Ali : « pour une usine qui réalise plus de 380 millions de chiffre d'affaires et 40 millions de bénéfice net, on considère qu'ils peuvent faire un effort ». L'opinion est largement partagée, preuve en est du taux de gréviste approchant les 80%, un salarié raconte « en 36 ans de boite j'ai jamais vu ça ».
La grève intervient dans une période de l'année où la production est tournée pour satisfaire la demande en bonbons pour Halloween. De quoi mettre la pression à une direction, qui joue l'essoufflement de la grève.
Dans la foulée de l'augmentation du prix du pétrole et de l'essence, l'augmentation du coût de la vie étrangle les travailleur-euses. La hausse des prix à la consommation – l'inflation tourne autour des 2% depuis le début de l'année – touche tous les secteurs. Alors que dans la majorité des entreprises, les salaires ne suivent pas, les bénéfices, eux, flambent. Dans ce contexte, la lutte des salarié-es d'Haribo montre l'exemple. Ce n'est que par le rapport de force que l'on parviendra à se protéger de l'inflation. Face au patronat et à l'augmentation du prix de la vie, pas de solution miracle : il faut indexer les salaires sur l'inflation, bloquer les prix, exproprier les profiteurs de crise. Et pour cela, généraliser les luttes pour les salaires et construire un mouvement d'ensemble entre toutes celles et ceux qui subissent de plein fouet l'augmentation du prix de la vie.
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