Bagneux. Pendant un contrôle, la police lâche violemment un chien sur un habitant
Fri, 31 Jul 2026 20:06:14 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalÀ Bagneux, un homme a fait l'objet d'attaques violentes d'un chien d'intervention lors d'un contrôle de police. Dans un contexte où l'Assemblée nationale vient de voter un véritable « permis de tuer » aux policiers, ce nouveau cas montre une fois de plus l'impunité de l'institution policière.

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux par le média Focus ce jeudi 30 juillet a mis en lumière un nouveau cas de violence policière. Filmée par des riverains à Bagneux, dans les Hauts-de-Seine, elle montre un groupe d'hommes faisant l'objet d'un contrôle de police. Alors qu'un jeune homme est immobilisé par l'un des agents, un second policier lance délibérément un chien d'intervention sur lui, le blessant à de multiples reprises.
L'usage des chiens d'intervention par la police n'est pas inédit. Ils sont régulièrement employés lors d'interventions dans les quartiers populaires dans le but d'intimider et d'humilier les habitants, avec des conséquences pouvant aller jusqu'à des blessures graves.
Le 21 mars dernier, Islam, un jeune homme de 19 ans, avait lui aussi été grièvement blessé à la gorge par un chien de la police à Rillieux-la-Pape, près de Lyon. Cette affaire avait suscité plusieurs nuits de révolte et d'affrontements avec la police.
En novembre 2025, l'ONG Flagrant Déni publiait un rapport d'enquête accablant sur l'augmentation des violences policières en France. Le rapport révélait notamment une hausse de 60 % des violences policières depuis 2016. En moyenne, trois affaires de violences policières font chaque jour l'objet d'une enquête judiciaire. Un chiffre probablement largement sous-estimé, puisqu'il ne prend en compte que les faits ayant donné lieu à un dépôt de plainte.
Le nombre de personnes décédées à la suite d'une intervention ou alors qu'elles se trouvaient sous la responsabilité de la police est lui aussi en hausse ces dernières années.
Le média Basta ! a ainsi recensé 52 décès liés à une intervention policière en 2024. Parmi ces victimes figure Abdoulaye, un autre habitant de Bagneux âgé de 34 ans, souffrant de troubles psychiatriques, décédé le 10 décembre 2024 au cours d'une garde à vue.
Cette montée des violences s'accompagne d'un sentiment d'impunité dont bénéficieraient les policiers, renforcé par l'élargissement des prérogatives accordées aux forces de répression, à l'image de la proposition de loi sur la présomption de légalité des tirs votée par l'Assemblée nationale. Cette loi accorde dans les faits un véritable permis de tuer aux policiers et constitue un nouveau cap dans le renforcement de leur impunité.
Alors que la droite et l'extrême droite multiplient les propositions sécuritaires dans le cadre de la course à la présidentielle, de nombreux responsables politiques à gauche continuent de défendre le développement d'une police de proximité qui se traduirait, sur le terrain, par une intensification des contrôles, des humiliations et des violences subies par les habitants des quartiers populaires. Or, face à cette offensive répressive, il est au contraire nécessaire de désarmer la police et d'exiger la vérité et la justice pour toutes les victimes de violences policières.