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Rapport sur Cuba : Rubio invente un complot pour renforcer l'offensive impérialiste et réprimer la gauche

Sun, 26 Jul 2026 11:15:29 CEST

Révolution Permanente

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L'administration Trump a publié lundi dernier un rapport de 100 pages accusant Cuba d'avoir « infiltré les plus hautes sphères du gouvernement américain » et de soutenir « une vague sans précédent de terrorisme de gauche sur le sol américain ». Une offensive grave, dénoncée par la députée argentine d'extrême-gauche, Myriam Bregman.

A la mi-juillet, Marco Rubio organisait un sommet sur le « terrorisme d'extrême gauche », préparant une nouvelle offensive internationale contre la gauche et les mouvements sociaux. Dans la continuité, ce 20 juillet, le Département d'État a publié un document qui se veut la justification « technique » de cette croisade contre la gauche « terroriste ». Intitulé « Cuba : capitale du communisme du XXIe siècle » (« Cuba : The Capital of 21st Century Communism »), le rapport accuse le régime de l'île d'avoir mené pendant près de sept décennies une campagne d'« espionnage et de subversion » au sein des États-Unis.

Les accusations du rapport : une « guerre d'usure » contre les États-Unis

Le document de 100 pages, obtenu par le Miami Herald, affirme que Cuba « a infiltré les plus hautes sphères du gouvernement américain, recruté et formé des générations de militants américains et soutenu une vague sans précédent de terrorisme de gauche sur le sol américain ». Parmi ses allégations les plus graves figure l'infiltration des universités, qui seraient les « principales cibles des activités subversives de Cuba », où sont recrutés « des jeunes partageant les mêmes affinités idéologiques qui, avec le temps, accéderont à des postes d'influence, de pouvoir et d'accès privilégié ». Le document suggère que Cuba a influencé « les manifestations en faveur de George Floyd, l'essor du mouvement antifa et l'explosion de l'activisme pro-terroriste sur les campus universitaires américains ».

Le meurtre de George Floyd (et les autres assassinats de sang-froid commis par l'ICE), ainsi que le génocide à Gaza, dont sont responsables Netanyahou, Biden et Trump, ont déclenché une vague de mobilisations aux conséquences profondes sur la société américaine et ont fait vaciller le régime bipartite. Ces réactions de masse contre les violences policières et contre le génocide n'ont évidemment rien à avoir avec une prétendue « infiltration » du Parti communiste cubain, accusation totalement aberrante. Dans le même sens, le rapport frise le ridicule en classant les Démocrates Socialistes d'Amérique (DSA) parmi les « groupes écrans et sympathisants » au service de La Havane.

En taclant l'organisation de gauche, liée au Parti démocrate, Rubio cherche ici clairement à freiner la progression électorale de DSA, avec la victoire de Zohran Mamdami à la mairie de New York, mais aussi celle de Katie Wilson à la mairie de Seattle, les présences électorales au sein des conseils municipaux d'Atlanta et de Portland, ainsi que des victoires aux primaires au sein du Parti démocrate à New York, au Colorado et en Pennsylvanie, alors que le mouvement pourrait obtenir de bons résultats électoraux dans le Michigan et le Wisconsin. Il cherche également, bien sûr, à freiner le développement de courants plus à gauche au sein du DSA.

Après avoir qualifié de « terroristes » la gauche marxiste révolutionnaire et d'autres courants, le nouveau rapport de Rubio ouvre la voie à des mesures répressives pour renforcer l'offensive impérialiste contre Cuba mais aussi criminaliser les mobilisations de masse et la gauche aux États-Unis. Une campagne dans la lignée de la politique de Trump visant à entraver le droit de vote lors des prochaines élections de novembre. Dans le cadre du durcissement du blocus contre Cuba des derniers mois, la publication du texte suscite logiquement des spéculations autour d'un projet de renversement du gouvernement cubain. Le député républicain Carlos A. Giménez a par exemple écrit sur X : « Cuba est la prochaine ! », en référence à la récente intervention au Venezuela. Rappelons que Donald Trump avait déjà annoncé en juin que Washington « s'occuperait » de l'île « presque immédiatement ».

Lire aussi : USA-Cuba : à quoi jouent Donald Trump et Marco Rubio ?

Une réponse internationale et coordonnée de la part de la classe ouvrière et de la gauche est nécessaire

Dans ce contexte d'offensive impérialiste, la députée argentine Myriam Bregman (du PTS au sein du Front de Gauche – Unité) a dénoncé avec force l'offensive des Etats-Unis. Bregman, qui avait déjà dénoncé le sommet de Rubio comme une « persécution internationale », exige notamment que le gouvernement de Javier Milei précise ce que le ministre des Affaires étrangères Pablo Quirno est allé faire à Washington et si des informations sur des militants locaux ont été transmises aux États-Unis. Toutes les organisations de gauche des pays ayant participé au sommet de Rubio devraient suivre cet exemple.

Dans des déclarations au journal argentin Página 12, Bregman déclare également : « Il faut coordonner nos actions avec les organisations de défense des droits de l'homme et tous ceux qui s'opposent à cette atteinte aux libertés démocratiques les plus élémentaires (...) Nous sommes confrontés à un phénomène grave. » Une dénonciation qui va au cœur du problème : le sommet de Rubio et le rapport contre Cuba reflètent une réaction de panique face à un avenir où les mobilisations de masse et la montée de la gauche pourraient finir par susciter une véritable remise en cause, non seulement de la politique trumpiste, mais aussi du capitalisme dans son ensemble.

Un pas de plus pour persécuter à l'échelle mondiale la gauche radicale, afin d'affaiblir ainsi la capacité de lutte de l'ensemble de la classe ouvrière internationale. La similitude avec le Plan Condor, souvent évoqué ces dernières semaines, n'est pas fortuite. A l'époque, les États-Unis promouvaient la soi-disant « doctrine de sécurité nationale », qui consistait en une coopération pour appuyer la répression menée par les dictatures. Aujourd'hui, il s'agit de préparer une coopération mondiale sous le couvert de la « lutte antiterroriste » et de la doctrine Donroe. Et, comme l'a souligné Myriam Bregman, cette offensive n'arrêtera pas la progression de la gauche.

Plus que jamais, la réponse à Rubio doit être ouvrière, internationaliste et combative. La gauche radicale doit dénoncer cette mascarade : il n'y a pas de terrorisme de gauche, seulement une résistance à l'injustice. Le rapport de Rubio contre Cuba n'est qu'un écran de fumée, mais ses conséquences peuvent être réelles. Il faut construire un front pour résister à l'offensive et préparer les combats de demain.

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