Mort au travail : Hafida, 52 ans, écrasée par le bus vétuste qu'elle conduisait à Roissy
Fri, 24 Jul 2026 18:41:44 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalHafida Drici, salariée de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, est morte lundi 13 juillet sur son lieu de travail. Un drame inséparable des conséquences de la privatisation, de la sous-traitance et de la course aux profits, qui font de la sécurité des travailleurs une variable d'ajustement.

L'exploitation tue. Hafida Drici est morte ce lundi 13 juillet à l'âge de 52 ans à l'aéroport Charles-de-Gaulle, son lieu de travail, où elle exerçait comme régulatrice pour Samsic Assistance Shuttle, c'est-à-dire conductrice de véhicules destinés à transporter les personnels de l'aéroport. La travailleuse, également déléguée syndicale CGT, fait partie des centaines de personnes qui meurent chaque année d'accidents du travail en France.
Après avoir amené son bus pour faire le plein dans une station-essence située à l'intérieur de l'aéroport, Hafida aurait été écrasée par l'engin, dans des circonstances qui restent à éclaircir. Pour des collègues de la victime interviewés par Libération, l'accident n'aurait pas dû pouvoir se produire si toutes les mesures de sécurités avaient été respectées par son employeur. Il constitue ainsi une conséquence directe de l'utilisation par Samsic de bus en mauvais état, n'ayant pas passé de contrôle technique et dont l'alarme pour frein à main non serré ne fonctionnait pas, le tout dans une station essence dont le sol est légèrement incliné.
Derrière ce qui pourrait s'apparenter de prime abord à une accumulation de « défaillances » isolées, on trouve en réalité les conséquences concrètes de la privatisation des services publics. En effet, autant la vétusté que le manque d'entretien des véhicules et que l'absence de sécurisation de la station service sont le fait de l'ouverture à la concurrence du service, confié à l'entreprise Samsic à l'issue d'un appel d'offre lors duquel elle avait proposé le prix le plus bas.
C'est la privatisation, et avec elle la course aux profits et la casse du service public qui ont coûté la vie à Hafida. Suite à son décès, l'inspection du travail et la Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT) ont été saisies. Mais même si elles parviennent à arracher des concessions de l'entreprise, le problème sous-jacent demeure. Car il ne s'agit pas d'une situation isolée. Dans tous les secteurs qui subissent la privatisation, la sous-traitance et les coupes de budget, les premiers « coûts » sacrifiés sont les mesures de sécurité et les conditions de travail des salariés.
À l'heure où la fréquence des accidents de travail s'accélère toujours plus - avec notamment la succession des canicules – notre adressons toute notre solidarité aux collègues, à la famille et aux proches d'Hafida. Personne ne devrait mourir au travail pour remplir les poches d'un patronat pour qui nos vies valent moins que ses profits.