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10 morts dans une tempête au Chili : la politique austéritaire et extractiviste de Jose Antonio Kast tue

Fri, 24 Jul 2026 19:44:45 CEST

Révolution Permanente

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Le Chili a été frappé par une immense tempête la semaine dernière qui a déjà coûté la vie à au moins 10 personnes et isolé près de 100 000 autres. Derrière l'aspect incontrôlable de la catastrophe, se cache la responsabilité du gouvernement, qui a imposé des coupes brutales dans les services publics et sacrifié les conditions de travail de la population au profit du patronat.

Depuis le 15 juillet, une grande partie du Chili est en proie à une tempête qui, selon les spécialistes, est la plus importante à toucher le pays depuis des décennies. Selon le dernier bilan communiqué par le Service national de prévention et de réponse aux catastrophes et le Sous-secrétariat à l'Intérieur, 2 205 personnes ont été recensées comme sinistrées dans l'ensemble du pays. Parmi elles, 1 179 ont dû être hébergées dans des centres d'accueil. Le nombre de personnes isolées s'élève à 99 316.

Les autorités font également état de dix morts, de quatre personnes portées disparues et de 35 logements entièrement détruits. À ces destructions s'ajoutent des dizaines de maisons ayant subi des dégâts importants, ainsi que de nombreux logements complètement inondés.

La tempête a provoqué des coupures de routes, des glissements de terrain, des coulées de boue et le débordement de plusieurs cours d'eau. Des dizaines d'axes routiers ont été bloqués, privant certaines localités d'un accès aux secours et aux services essentiels. Les intempéries ont également entraîné d'importantes coupures d'électricité et d'eau potable. Dans certains secteurs, notamment dans les provinces de Coquimbo et Huasco au nord du pays, plus de 30 000 personnes ont été privées de courant.

La gestion criminelle du gouvernement Kast au service du patronat

Dans ce contexte, les déclarations du ministre du Logement et de l'Urbanisme, Iván Poduje, qualifiant d'« alarmistes » celles et ceux qui alertaient sur la présence de personnes disparues pendant la catastrophe, ont provoqué la colère des habitants touchés par la tempête. Cette rhétorique sert à masquer la responsabilité du gouvernement d'extrême droite de José Antonio Kast. La décision de déclarer l'état de catastrophe n'a été prise qu'après une aggravation considérable de la situation. Pourtant, plusieurs jours auparavant, les autorités disposaient déjà de nombreux signaux d'alerte : des alertes rouges avaient été émises, les cours suspendus dans plusieurs territoires et des avertissements lancés concernant les débordements des rivières, les glissements de terrain et l'activation de ravins susceptibles de provoquer des crues soudaines et des coulées de boue.

Malgré cela, l'intervention de l'État s'est fait attendre alors même que les dégâts s'étendaient, que des localités entières se retrouvaient isolées et que plusieurs maires réclamaient publiquement davantage de moyens pour dégager les routes, mobiliser des engins de chantier et accélérer les secours. La déclaration de l'état de catastrophe est ainsi intervenue lorsque l'urgence avait déjà pris une ampleur critique.

De plus, si les pluies sont un phénomène naturel, elles se transforment en tragédie pour des milliers de familles de travailleurs à cause des politiques austéritaires menées pendant des décennies. Les dégâts sont en effet aggravés par le sous-investissement dans les infrastructures de gestion des eaux (drainage, collecte des eaux pluviales et assainissement) et par le sous-financement des organismes de prévention. L'urbanisation de secteurs inondables et la spéculation immobilière dans les zones à risque montrent également la priorisation des intérêts des grands propriétaires par rapport à la sécurité des habitants.

Alors que le Chili dispose d'immenses ressources, notamment le cuivre et le lithium, ainsi que d'une économie capable de financer un plan de prévention et d'adaptation aux intempéries, les gouvernements successifs ont préféré consacrer des ressources considérables aux grandes entreprises forestières, minières, hydroélectriques, énergétiques et agro-exportatrices.

De plus, les phénomènes les plus intenses à Coquimbo et dans la province de Huasco ne peuvent être dissociés du modèle de développement imposé à ces territoires depuis plusieurs décennies. Ces régions sont marquées par l'expansion de la grande industrie minière et des mégaprojets portuaires et énergétiques. Alors que des investissements massifs sont réalisés pour extraire les ressources, transporter les marchandises et garantir les besoins des grandes entreprises, les investissements destinés à protéger les communautés sont systématiquement relégués au second plan.

Les monocultures forestières, les projets miniers, hydroélectriques et portuaires transforment les écosystèmes, aggravent l'érosion, accaparent les ressources et rendent les territoires plus vulnérables aux phénomènes climatiques extrêmes. Coquimbo et Huasco ne sont donc pas seulement des territoires exposés aux pluies et aux inondations. Ce sont de véritables zones sacrifiées où l'extractivisme concentre les richesses entre les mains d'une minorité tandis que les coûts environnementaux et humains sont supportés par les familles des travailleurs.

De plus, alors qu'ils sont choyés par l'État, les patrons sont prêts à sacrifier les vies des travailleurs pour maximiser leurs profits. D'après des témoignages et des signalements diffusés sur les réseaux sociaux, de nombreuses entreprises ont exigé que leurs salariés se rendent physiquement sur leur lieu de travail malgré les pluies diluviennes, les routes coupées et les alertes émises par les autorités. Ces exigences ont exposé les travailleurs à des risques directs, alors même que les déplacements pouvaient être rendus impossibles ou extrêmement dangereux.

Pour des moyens de prévention et d'adaptation, les travailleurs, les paysans et les classes populaires doivent s'organiser

Les sinistrés sont, dans leur immense majorité des travailleurs, des paysans pauvres, des communautés mapuches et des habitants de quartiers populaires vivant dans des conditions précaires. Ce sont eux qui occupent les logements les plus fragiles, les terrains les plus exposés et les secteurs les moins bien desservis par les infrastructures publiques. Face à l'État qui réagit peu ou pas, l'auto-organisation populaire pourrait s'avérer cruciale pour sauver des vies et retrouver les disparus.

En outre, il faut exiger le rétablissement immédiat de l'eau potable et de l'électricité, l'hébergement digne de toutes les familles évacuées, la reconstruction intégrale des logements détruits, sans endettement pour les habitants, l'indemnisation totale des pertes matérielles, le dégagement rapide des routes et le rétablissement des communications en prenant sur les profits du patronat qui a bénéficié pendant des années des politiques qui ont conduit à aggraver la catastrophe. Il faut interdire aux employeurs d'obliger les salariés à se déplacer dans les zones à risque, suspendre les activités non-essentielles et exiger le maintien intégral des salaires pendant la période d'urgence.

Un vaste programme de travaux publics de prévention, la rénovation des systèmes de drainage et d'assainissement, l'entretien des cours d'eau et la construction d'ouvrages contre les inondations doit être appliqué. Enfin, la relocalisation, avec l'accord des habitants, des populations vivant dans les secteurs les plus dangereux, la construction massive de logements dignes et la création d'emplois publics pour réaliser ces travaux sont nécessaires. Ces mesures doivent être financées par un impôt sur les grandes fortunes, la fin des subventions aux grands groupes économiques et l'expropriation sous contrôle des travailleurs des entreprises forestières et extractivistes responsables de la dégradation des territoires.

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